SCLÊEÊME DES NOUVEAU-NÉS
vent 1. nnissance, et atteint presque «“'"f'”**"* '“ enfants qui naissent avant terme ou dans un état débilité extrême, les enfants athrepsiques, mal nourris etsurtout ceux des asiles et des hôpitaux. ^ ^
Le début peut passer inaperçu, étant lement, mais non constamment, par ^nifestat cnravesd’athrepsie; le premier symptôme qui frappe ^attention est l’induration de la peau apparaissant d’abord dans un point limité, le plus souvent ks mollets, et s’étendant au pied, à la cuisse puis au reste di corps. Parfois cependant l’affection débuté pai la face ou un autre point du corps. La peau atteinte conserve quelquefois sa coloration normale. Habituellement el^ est blanche ou jaunâtre, luisante, ou bien rouge, vio lacée livide. Sa consistance est dure et résistante; el e ,e laisse diBieilemeol plisser. Les membres leur mobilité les premiers jours, mais ^
vements des lèvres sont entraves par la raideur des té-uments, la succion devient impossible. Lorsque le edSo e t généralisé, le corps acquiert par ois une rÎdeuTtelle ^u'on peut le soulever d'une seu e piéce^ Bientôt la peau devient froide, la température du corps St quSquefois d’une façon rapide et considérable (330 30^et 220,2to,8) (Parrot), le pouls et larespiration se ralentissent en raison directe de l’abaissement de la température, surviennent dumuguet, des u cemtions, e l’enfant plongé dans un engourdissement general, n nour iLnLplus, se refroidissant toujours, s’etein au bout de quatre à six jours. Dans les cas rares où la maladie tend vers la guérison, la circulation et la respiration se raniment peu à peu, le corps se rechauffe fannétit renaît, l’induration cutanee diminue, puis dispaïït l’allaitement redevient possible et les forces
SCLÉBODEBMI]
se rétablissent; mais quelquefois cette marche favorable s’arrête au bout de peu de jours, et l’enfant succombe à l’amaigrissement, à l’athrepsie ou aux
complications pulmonaires (D’Espine et Picot).
Le traitement sera surtout dirigé contre le refroidissement du corps. Grâce à la couveuse, on possède aujourd’hui un excellent moyen pour réchauffer les enfants. Mais quand il sera impossible de s’en procurer, on aura recours aux procédés employés autrefois ; on pratiquera sur la peau des frictions excitantes, et on y appliquera des sachets de sable chaud. On plongera l’enfant une ou deux fois par jour dans un bain d’eau chaude ou dans un bain de vapeur. A l’hôpital des Enfants Trouvés de Moscou, on emploie des berceaux ^^métalliques à double paroi dont le fond est rempli d eau chaude. On prescrira en outre une alimentation aussi tonique que possible. On a conseillé d administrer à l’enfant quelques gouttes de cognac par la bouche ou enlavement; Legroùxpréconise le massage méthodique. Quelques auteurs se sont bien trouvés dans les cas de sclérème localisé des frictions à l’onguent mercuriel.
Sclérodactylie. — (Voir ci-dessous Sclérodermie.)
Sclérodermie. — Sous le terme actuellemement consacré de sclérodermie, on décrit des affections présentant une certaine analogie clinique, mais renfermant des espèces nettement distinctes, caractérisées par une induration de la peau, une sclérose dermique; elles constituent le groupe des dermato-sclëroses qui 'comprennent les espèces suivantes (E. Besnier) :
1» La sclérodermie généralisée diffuse. Sclérémie généralisée des adultes (Alibert, E. Besnier). Sclérème des adultes (Tamiku). Sclérodermie symétrique diffuse, ete.;
2° La sclérodactylie vraie, qui est une des localisa-
SCLÉRODERMIE
tions les plus intéressantes de la sclérodermie symétrique diffuse. Elle peut exister isolément, ou associée à cette dernière ;
30 Les sclérodermies localisées, partielles ou en plaques, qui comprennent : la Morphée (Erasmus Wilson), chéloïde vraie d'Addison, chéloïde blanche de Bazin, sclérémie partielle d'Alibert, sclérodermie en plaques proprement dite, et les autres dermato-scléroses en bandes, en stries, etc.
Quant aux sclérodermies dites secondaires, qui ne sont en réalité que des œdèmes durs, phlegmasiques commüns chroniques, des pachydermies secondaires, et au sclérème des nouveau-nés (voir Sclérème), leur description doit être séparée de celle de la sclérodermie des adultes.
1" Sclérodermie généralisée diffuse. — Sclérème des adultes, chorionitis. C’est une affection ' relativement assez rare, ayant le plus souvent une marche très lente, mais pouvant apparaître brusquement et évoluer rapidement. Elle est souvent, mais non constamment précédée par une série de phénomènes variés indiquant une alteration du système nerveux. Cette période prémonitoire consiste en troubles nerveux multiples, sensations de chaleur, de froid, picotements, fourmillements, prurit, élancements, crampes, hyperesthésie, douleurs périarticulaires, musculaires, névralgies, hyperidroses, érythèmes fugaces ou plus ou moins persistants, œdème, vésicules,- bulles, etc. Dans quelques cas, on a signalé un développement notable du système adipeux hypodermique, simulant un état myxœdémateux.
Tous ces troubles surviennent généralement d’une façon irrégulière et par poussées, par crises précédant la sclérodermie
SCLÉRODBRM]
Celle-ci se caractérise par une induration caractéristique de la peau, qui est lisse, tendue, rigide; on ne peut ni la pincer entre les doigts, ni la faire mouvoir sur les parties sous-jacentes ; la sclérose en effet, qui a l’apparence d’un œdème très dur, semble s’étendre jusqu’à l’hypoderme.
La sclérodermie diffuse généralisée débute en général par la moitié supérieure du tronc et par les membres supérieurs, bien moins souvent par les membres inférieurs ; tantôt elle évolue assez rapidement,, envahissant des régions entières symétriquement, puis reste un certain temps stationnaire, et enfin progresse de nouveau, gagnant tout le dos, le tronc, les membres supérieurs, le cou, la face, l’abdomen, les membres inférieurs, etc. Le malade présente alors un aspect caractéristique, une physionomie tout à fait typique; il est comme immobilisé, comme transformé en statue de marbre. Même arrivées à ce degré, les lésions peuvent s’amender. Mais le plus souvent il survient des complications à évolution très lente il est vrai, susceptibles cependant d’entraîner la mort dans un délai plus ou moins éloigné. Nous signalerons localement l’asphyxie, la gangrène, les mutilations, les troubles trophiques multiples, les atrophies, les rétractions musculaires, les lésions osseuses, etc., et les troubles multiples de l’état général (anémie, dyspepsie, cachexie, etc.), ainsi que les- lésions viscérales cardiaques (myocardite particulièrement), pulmonaires, rénales, intestinales, etc., qui semblent être le résultat de la même cause encore inconnue, peut-être infectieuse, du même processus que la sclérodermie généralisée diffuse.
Objectivement, avons-nous dit, la sclérodermie est
SCLÉEODERMIE
caractérisée par des surfaces dures, lisses, comme œdémateuses. La peau est rigide, froide, fixée, immobilisée sur les parties sous-jacentes. Ces surfaces malades cependant se modifient généralement quand l’affection existe déjà depuis un certain temps, et suivant le siège ou l’étendue de la lésion.
En effet, les plaques malades, d’abord distinctes, s’agrandissent, se réunissent pour former de larges placards disposés parfois symétriquement, et affectant souvent une distribution systématique, le long du trajet d’un nerf ou d’un plexus nerveux par exemple.
On constate en outre, dans la majorité des cas, une véritable ataxie pigmentaire ; tantôt ce sont les plaques malades qui sont pigmentées, tantôt au contraire c’est ■ la périphérie seule des plaques qui est hyperpigmentée ; tantôt enfin ce sont les intervalles sains qui sont mélanodermiques ; dans quelques cas le pigment est distribué d’une façon absolument irrégulière, et il existe au milieu des plaques brunâtres, des surfaces blanches vitiligineuses parfois très étendues, parfois au contraire petites, ponctuées, disséminées ; d’une façon générale, la peau des sclérodermiques est donc pigmentée, bronzée, surtout quand les sujets sont phtiriasiques, cachectiques.
D’autres fois les surfaces malades sont le siège de télangiectasies plus ou moins fines, plus ou moins développées. Enfin, lorsque l’affection est ancienne, la peau semble amincie, rétractée, atrophiée, trop étroite pour les tissus sous-jacents, en sorte que, quand la lésion occupe les plis articulaires, les avant-bras, les doigts par exemple, elle les fixe dans une demi-flexion des plus gênantes et souvent douloureuse (voir plus loin Sclérodactylie).
SCLÉBODBEMIE
Tels sont les principaux caractères qui peuvent varier à l’infini de la sclérodermie généralisée, affection des plus pénibles, à évolution le plus souvent très lente, et à pronostic sérieux, en raison des manifestations générales que nous avons signalées.
2 <> Sclérodactylie.— La. sclérodackjlie, ou mieux, sclérodermie des extrémités supérieures, est une des localisations les plus intéressantes de la sclérodermie : elle peut exister soit à l’état isolé, soit le plus souvent, nous serions même tenté de dire toujours, accompagnée d’autres manifestations sclérodermiques. Il convient avant tout de la distinguer des autres affections occupant le même siège et présentant des caractères objectifs assez analogues, dactylites ulcéreuses, déformantes, mutilantes, scléreuses, asphyxiques, trophiques, etc., de la lèpre, de la tuberculose, de la syphilis, de la maladie de Raynaud, du rhumatisme ostéo-fibreux des phalanges, des lésions nerveuses traumatiques, de la maladie de Morvan (panaris analgésique), du panaris nerveux hyperesthésique de Quinquaud, etc., etc.
La sclérodactylie, vraie en tant que localisation aux extrémités supérieures de la maladie sclérodermique, présente les caractères suivants : elle débute généralement par des douleurs plus ou moins vives, occupant les articulations des phalanges, puis la peau des doigts prend une teinte violacée, blafarde, et présente bientôt une dureté caractéristique; parfois des troubles trophiques apparaissent, éléments pustuleux, vésiculeux, bulleux, phlycténoïdes, ulcérations siégeant surtout au pourtour des ongles, au voisinage des articulations et laissant à leur suite une cicatrice irrégulière. Les doigts subissent des déformations quelquefois considérables ; ils s’effilent, s’amincissent et finissent par présenter une
SCLÉKODEEMIE
rigidité telle qu’il existe un véritable obstacle dans le mouvement des doigts qui ne tardent pas à affecter des formes bizarres; ils sont fléchis, crochus et atrophiés, plus ou moins froids, violacés ou blancs comme de la cire.
Les lésions qui évoluent symétriquement peuvent rester localisées très longtemps aux mains et entraîner des gangrènes et des mutilations analogues à celles produites par la lèpre dite tropho-névrotique ou bien gagner la main, le poignet, l’avant-bras, le bras et se généraliser aux autres parties de la surface tégumentaire.
30 Sclérodermies partielles ou en plaques. — Elles renferment plusieurs variétés présentant en général les mêmes caractères que ceux de la sclérodermie généralisée à laquelle elles peuvent être associées, mais existant souvent isolées. La plus fréquente, la mieux connue est la morphée (E, Wilson) (morphæa alba lardacea, plana, chéloïde blanche de Bazin, chéloïde d’Addison, sclérémie partielle d’Alibert, etc.), dont certains auteurs ont voulu à tort faire une affection distincte de la sclérodermie.
Elle est caractérisée par des portions de peau dure sclérosée présentant des caractères spéciaux, séparées des parties saines du tégument par une zone lilas (lilac ring des auteurs anglais), typique.- Elle se présente d’abord sous l’aspect d’une petite tache rosée ou rouge ou violacée qui bientôt s’étale, blanchit au centre « sur plusieurs petits points isolés qui coalesceront ensuite » (E. Besnier), devient blanc jaunâtre, irrégulière, s’épaissit, s’indure, prend la consistance du carton, tandis qu’à la périphérie la coloration devient nettement violacée. La plaque ainsi constituée est caractéristique. Arrondie ou dans la grande majorité, irrégulière.
SOLÉEODBBMIB
unique ou multiple, parfois symétrique, d’autres fois unilatérale, suivant dans quelques cas rares le trajet d’un nerf (morphée zoniforme), ayant une dimension qui varie entre celle d’une pièce de cinq francs et celle de la paume de la main, occupant de préférence le front, la face, les régions sus-claviculaires, mammaires et sous-mammaires, l’abdomen, les cuisses, les mollets, etc., la plaque de morphée confirmée est le plus souvent lisse, polie, de niveau, très rarement un peu saillante (morphée tubéreuse de E. Wilson) ; elle est blanche comme du marbre, de l’ivoire, dure comme du carton, comme du lard épais (morphée lardacée) et cette consistance permet de l’isoler des téguments voisins; quand on applique le doigt sur la plaque il semble que la peau ait été gelée à ce niveau par du chlorure d’éthyle (E. Besnier). La peau de la plaque est nettement privée de poils et des sécrétions normales de la peau, elle est légèrement anesthésique. Toutefois, quand la plaque est un peu ancienne, elle est moins blanche, est plutôt jaunâtre, vieil ivoire, recouverte de squames très fines et parfois de fines varicosités très superficielles ; il est très rare, quand il n’a pas été fait d’applicaiions irritantes, de constater des excoriations ou des érosions.
La plaque est entourée par Vanneau lilas non induré, semblable à la ligne de couleur qui sur les cartes géographiques sépare les continents des mers. Cet anneau ou plutôt cette zone a une coloration lilas mauve à la périphérie qui à l’intérieur, c’est-à-dire en s’étendant vers la plaque de morphée dure, blanche, centrale, devient plus foncée, puis brunâtre ou mieux bistre, pigmentée, jaunâtre et enfin blanchâtre se confondant avec la plaque.
SOLÉRODEKMIE
Quand la plaque de morphée tend à la régression, cet anneau lilas pâlit et disparaît. La morphée, en effet, a une tendance à évoluer spontanément d’une façon rétrograde; au bout d’un certain temps très variable, mais généralement très long, l’anneau disparaît, la plaque indurée s’assouplit, la peau redevient souple, lisse, reste légèrement pigmentée ou squameuse, parfois recouverte de fines arborisations vasculaires ; quelquefois cependant la plaque reste glabre, sèche, légèrement atrophiée et anesthésique, déprimée, cicatricielle (morphée atrophique).
En outre de la morphée, il existe d’autres formes de sclérodermies partielles : ce sont les sclérodermies en plaques disséminées, les sclérodermies en bandes disposées le long d’un territoire nerveux ou d’un membre, ou bien autour du tronc, qui tantôt restent localisées, tantôt aboutissent à la sclérodermie généralisée et présentent les mêmes caractères objectifs, la même marche, la même évolution, etc., que ceux indiqués à propos de la sclérodermie généralisée.
Les causes et la nature de la sclérodermie ne sont pas encore exactement connues. Cette affection s’observe plus souvent chez la femme; elle peut survenir à tout âge, mais surtout entre vingt et quarante ans; on a invoqué comme facteurs étiologiques l’influence du froid et particulièrement du froid humide, des refroidissements brusques et des courants d’air, les troubles menstruels, les émotions, les traumatismes, etc., survenant de préférence sur les sujets rhumatisants, arthritiques et surtout nerveux. La maladie sclérodermique, en effet, bien que n’ayant pas un facteur étiologique toujours identique est, dans la très grande majorité des cas, liée à un trouble quelconque du système nerveux.
SCLÉRODEBM]
La plupart des sujets atteints sont des nerveux, c’est-àdire présentent des troubles nerveux, précédant, accompagnant ou suivant la sclérose cutanée. Cependant, si cette sclérose semble due à une altération vasculaire d’origine nerveuse, ainsi que tendrait à le prouver la localisation de l’affection cutanée sur un territoire nerveux, il ne' s’ensuit pas fatalement que la lésion soit primitivement nerveuse et que la sclérodermie soit une trophonévrose : « car, ainsi que le faitjustement observer M. le Dr E. Besnier, le processus irritatif, endopériartériel, qui tient sous sa dépendance la sclérose cutanée, peut procéder de conditions diverses, l’excitation nerveuse (dermato-scléroses trophiques, localisées et limitées, systématisées, en plaques, morphée, etc.), le froid aigu ou lent (sclérémies), les agents microbiens, les éléments infectieux connus ou à connaître, le rhumatisme au premier rang, diverses toxémies et surtout autotoxémies (dermatoscléroses infectieuses, autotoxémiques de l’essence du rhumatisme, généralisées, diffuses, progressives, lentes ou rapides avec lésions viscérales, musculaires, etc., lésions trophiques concomitantes des extrémités, sclérodactylies) ».
Ces notions sont intéressantes à connaître pour instituer un TRAITEMENT rationnel de la sclérodermie : si elles ne sont pas suffisamment complètes pour permettre d’étahlir un traitement général pouvant s’appliquer à tous les cas, elles facilitent le choix des agents médicamenteux qu’il convient de prescrire.
Autrefois, en effet, les partisans d’une théorie pathogénique unique prescrivaient tous les médicaments susceptibles de s’attaquer à la cause invoquée, et comme la richesse de théories était considérable, innombrables ont été les médicaments conseillés. C’est
296 SCLÉBODBBMIE
ainsi que suivant les auteurs les sudorifiques, les diurétiques, les purgatifs, les sulfureux, les alcalins, l’iodure de potassium, le fer, l’arsenic, l’huile de foie de morue, les antispasmodiques (bromures, valérianates), les emménagogues, le sulfate de quinine, le salicylate de soude, les mercuriaux, la strychnine, le nitrate d’argent, les sangsues, les saignées,etc., etc., ont été tour à tour prescrits.
• Actuellement on pourra agir avec discernement et prescrire un traitement approprié à chaque cas dont il conviendra de faire une étude approfondie. Mais il n’est pas toujours facile d’apprécier l’efficacité du traitement prescrit, la sclérodermie et particulièrement la sclérodermie en plaques, la morphée, guérissant souvent spontanément.
Aux sclérodermiques nerveux, présentant des manifestations certaines de neurasthénie, d’hystérie, ou une nervosité anormale, on prescrira des bromures, des valérianates, de l’ergotine, de la belladone, des douches sulfureuses chaudes sur le rachis, des vésicatoires ou même des pointes de feu. Le même traitement s’appliquera aux sujets atteints de sclérodermies localisées, de sclérodactylies. On modifiera en outre l’état général, leplussouvent défectueux, àl’aidede toniques variés,-de fer, d’arsenic, de quinine, d’inhalations d’oxygène, etc. Aux arthritiques francs, on prescrira les alcalins, le salicylate de soude, les iodures, les cures thermales appropriées. A tous on conseillera une bonne hygiène, la vie au grand air, l’exercice, le massage général. Enfin, on devra régulariser autant que possible les fonctions en souffrance. Ainsi que le traitement général, le traitement local varie suivant les variétés de sclérodermies. Cinq ■ modes de traitement sont le plus souvent employés :
SCLÉBODEBMIE
lo Les emplâtres, les épithèmes variés, et particulièrement à la résorcine, à l’acide salicyliqiie, ou l’épithème mercuriel, formule de Vigo. Ils ne peuvent s’appliquer que sur des plaques sclérodermiques peu étendues, leur action est des plus incertaines, et généralement, quand on les prescrit, c’est pour satisfaire le malade bien plus que dans l’espoir de modifier profondément l’affection.
2“ Les scarifications linéaires ou quadrillées. Il faut se méfier de ce mode de traitement, qui n’est applicable qu’à un nombre de cas très restreint.
3» Les frictions, les douches de vapeur, les douches sulfureuses chaudes. Ces différents moyens doivent être employés en même temps que les deux suivants, qui constituent les meilleurs modes de traitement de la sclérodermie.
4“ Le massage. Il doit être fait méthodiquement, tous les jours, aussi bien sur les plaques malades que sur les régions avoisinantes, peau, muscles, articulations, 11 sera bon de le pratiquer après avoir appliqué sur la peau un corps gras quelconque.
5» L’électricité. On peut avoir recours soit aux courants continus, soit à la galvanisation du grand sympathique (Schwimmer), soit plutôt aux bains faradiques (Bhocq, Hallopeau) que l’on propose de remplacer par f électrode en ceinture sans l’intermédiaire de l’eau, pour éviter les phénomènes d’électrolyse entre la baignoire qui est métallique et l’électrode, soitl’électrisation simple des muscles menacés d’atrophie, soit. enfin l’é/cctrofÿse des plaques sclérodermiques. L. Brocq recommande de faire une séance d’électrolyse deux fois par semaine, de manière à agir sur chaque point de la plaque une fois tous les quinze ou vingt jours,
SÉBORRHÉE
d’employer des courants de huit à quinze milliampères de force passant pendant une vingtaine de secondes à chaque piqûre, d’appliquer après chaque séance sur la plaque rendue douloureuse par l’électrolyse un fragment d’emplâtre de Vigo cum mercurio, enfin de prescrire en même temps dans l’intervalle des séances quelques bains électriques. Mais il faut savoir que l’électrolyse, outre qu’elle est fort pénible, provoque parfois des phénomènes inflammatoires violents, susceptibles de laisser des cicatrices parfois vicieuses, qui ne seraient pas survenues si l’on avait su attendre la guérison spontanée de la plaque. (Voir Électricité.)
Sclérose cutanée. — (Voir ci-dessus Sclérodormie.)
Scorbut. — (Voir Traités de médecine.)
Séborrhée. — On désignait autrefois sous le nom de séborrhée ou stéatorrhée l’hyperexcrétion des glandes sébacées (acné sébacée, flux sébacé, etc.), dont le pityriasis sec capitis, affection si fréquente qui accompagne si souvent les calvities prématurées, était absolument distinct. Puis, Rayer, Hebra, Kaposi, Vidal, etc., etc., démontrèrent que le pityriasis sec du cuir chevelu et la séborrhée grasse du cuir chevelu n’étaient que des manifestations distinctes d’un même état pathologique, et pouvaient même soit coexister, soit se succéder chez un même sujet. A cet état pathologique qu’ils décrivaient sous le nom de séborrhée, se rattachaient toutes les nombreuses autres séborrhées locales de la face, du tronc, des membres, etc. (séborrhée huileuse, acné sébacée concrète, certaines variétés d’eczémas, etc.).
Mais bientôt la question s’élargit; le dépôt à la surface des téguments d’une matière grasse ne dépend pas
SÉBOBRHÉE
uniquement, en effet, de l’exagération de la fonction sébacée, mais provient également, et même beaucoup plus, d’un excès de la fonction sudoripare, ainsi que de tout le système des cellules à éléidine, c’est-à-dire destinées à élaborer le processus de kératinisation. La séborrhée comprend donc, non seulement l’hyperstéatose, mais encore l’hyperidrose grasse, huileuse; en outre, elle coïncide très fréquemment avec une irritation cutanée, laquelle, pour beaucoup d’auteurs, est secondaire à l’hyperexcrétion sébacée et sudorale, mais peut également, pour d’autres, être au contraire primitive, provenant d’un agent microphytique (Unna) ou autre ; dans ce cas, la séborrhée serait un véritable catarrhe de la peau sec ou humide, absolument comme l’eczéma, si bien, même, que l’affection devrait être dénommée uniquement eczéma séborrhéique ou séborrhoique (Unna). Dans ce cadre, Unna fait entrer des affections cutanées qui se trouvent généralement dispersées dans'les divers chapitres de la pathologie cutanée telles que : 1° le pityriasis capitis etcorporis, l’alopécie pityrode; 2“ la séborrhée du corps, l’eczéma acnéiforme du sternum ; 3“ certains eczémas chroniques squameux; l’eczéma humide non vésiculeuxdes enfants; 5" quelques psoriasis atypiques, etc.
On lé voit, la séborrhée, ou mieux, l’eczéma séborrhéique de Unna constitue un des grands chapitres de la dermatologie, dont la description et la discussion, malgré leur intérêt, ne sauraient trouver place ici.
Au point de vue purement pratique, nous adopterons la division deL. Brocqen séborrhée des régions pileuses du corps et des régions glabres qui se subdivisent ellesmêmes en quatre grandes catégories :
1“ Séborrhée sèche;
SÉBORRHÉE
2“ Séborrhée concrète ou croûtes graisseuses ;
3° Séborrhée huileuse ou hyperidrose huileuse;
4" Eczéma séborrhéique figuré ou circiné.
Nous décrirons ces quatre variétés en quelques mots, puis donnerons un aperçu de l’eczéma séborrhéique tel que le conçoit Unna.
1“ Séborrhée sèche. — A. Des régions pileuses. — Pityriasis simplex capillüii. — Alopécie pityrode de P. Pincus. — Séborrhée pityriasiforme du cuir cherelu.
Sous ces noms on décrit une affection du cuir chevelu caractérisée par la production incessante de squames fines, sèches, furfuracées (pellicules), grisâtres, plus ou moins abondantes et, dans quelques cas, très épaisses et très adhérentes formant des couches comme feuilletées, grisâtres, ressemblant à l’amiante. Le cuir chevelu semble le plus ordinairement sain; très rarement, il est légèrement rose et irrité. Cette affection, qui, non traitée, s’accompagne de démangeaisons plus ou moins vives et d’une chute cïe cheveux abondante, est une des causes les plus fréquentes de l’alopécie prématurée (Voir plus loin l’étiologie générale). La séborrhée sèche présente les mêmes caractères dans la barbe et dans les sourcils.
B. Séborrhée sèche des parties glabres. (Pityriasis simplex corporis de quelques auteurs.) — Affection relativement peu fréquente caractérisée par un état de sécheresse de la peau et une desquamation furfuracée plus ou moins abondante; elle occupe de préférence la face, la frontière du cuir chevelu, les oreilles; elle se rapproche par de nombreux points de l’eczéma sec, de la xérodermie pilaire et de certaines variétés d’ichthyose légère.
2» Séborrhée concrète ou croûtes graisseuses. — A. Des
SÉBORRHÉE
régions pileuses. — Cette variété semble être un degré plus avancé et plus intense de la précédente; elle est constituée par des amas de squames graisseuses, abondantes, grisâtres ou jaunâtres agglutinant les cheveux et les poils (cuir chevelu, barbe, sourcils, cils).
La peau au-dessous de ces croûtes est plus ou moins rouge, congestionnée; les démangeaisons sont assez vives, la chute des cheveux et des poils très abondante. Assez fréquemment, les lésions empiètent sur les parties voisines des tempes et du front, dépassent le cuir chevelu d’environ un centimètre et s’arrêtent, faisant un bord assez net (L. Brocq). Plusieurs auteurs désignent sous le nom d’acné sébacée concrète cette variété de séborrhée.
B. Des parties glabres. — La séborrhée concrète des parties glabres n’est pas très rare ; elle est tantôt généralisée ou plutôt étendue à de nombreuses surfaces du tégument, tantôt, et plus fréquemment, lôcalisée. Dans ce cas, les régions particulièrement envahies sont le visage (front, nez, tempes, menton, joues, etc.), l’omhilic, la région génitale, les plis articulaires. — Elle se caractérise par des amas croûteux, gras, jaunâtres, brunâtres, adhérents, parfois fétides, l'ésistant au traitement. La peau sur laquelle ces croûtes reposent est rouge, tuméfiée, grasse, prurigineuse; quelquefois, mais rarement, elle saigne quand on procède à une avulsion brusque des croûtes. Cette affection, fort désagréable quand elle siège sur les parties découvertes, fort tenace, coïncide presque toujours avec la séborrhée concrète du cuir chevelu ; elle existe le plus souvent chiez lès adolescents, chez les jeunes filles, ou même chez les adultes, quelquefois également chez les vieillards ; mais alors elle est localisée à la face où elle
SÉBOREHÉE
forme des petits placards épais, saignant facilement, et demande à être traitée très énergiquement, étant souvent le premier stade de l’affection cancroïdale ; les verrues plates séborrhéiques des vieillards (voir ce mot), semblent, objectivement du moins, devoir être rapprochées de cette variété de séborrhée.
La séborrhée concrète n’est pas très rare chez les nouveau-nés; elle est tantôt généralisée {vernix caseosa), tantôt localisée au cuir chevelu (croûtes laiteuses de l’enfance qui entraînent souvent d’autres manifestations d’eczéma séborrhéique du visage ou du corps).
30 Séborrhée huileuse ou hyperidrose huileuse. — A. Des régions pileuses (acné sébacée fluente de Cazenave, ou huileuse). — Toutes ces régions sont recouvertes d’une sorte de vernis gras, huileux, plus ou moins épais, généralement si abondant qu’on voit des gouttelettes sourdre des orifices glandulaires, alors qu’on a essuyé activement avec du coton hydrophile la région examinée. Cette affection est souvent très dépilante et liée à la suivante ;
B. Séborrhée ou hyperidrose huileuse des parties glabres. — Elle est très fréquente, peut-être générale, est plus souvent localisée à la face, au nez surtout, aux organes génitaux, au sternum, à l’espace interscapulaire, etc. Elle s’accompagne souvent d’une inflammation légère des téguments et des nombi’euses variétés d’acné. Elle favorise l’apparition des diverses dermatoses parasitaires.
4« Ezéma séborrhéique circiné ou figuré. — A. Des
régions pileuses. — B. Des régions glabres.
Sur le cuir chevelu, particulièrement sur le sommet de la tête quand il existe de l’alopécie, sur la région sternale, sur la région interscapulaire, parfois au niveau
SÉBORRHÉE
des grands plis articulaires, on observe assez souvent des plaques rouges circinées ou figurées recouvertes de squames jaunâtres graisseuses, parfois croûteuses, brunâtres, plus, ou moins étendues, d’abord, très petites, arrondies, puis s’étendant peu à peu, prenant des dispositions très variées, guérissant au centre qui cependant reste toujours un peu gras, ihuileux, mais progressant excentriquement et conservant toujours un bord net, tranché, saillant, croûteux ou squameux. Cette affection, qui est très prurigineuse et est parfois modifiée par le grattage, a une évolution très lente; sur les régions pilaires, elle entraîne la chute des cheveux et des poils.
Elle s’observe à tous les âges, plus souvent chez les jeunes gens et les adultes; elle semble être favorisée par le port d’.un gilet de flanelle.
L’eczéma séborrhéique, circiné ou figuré, est décrit, par les différents auteurs, sous le nom d’eczéma acnéique (Lailler), d’eczéma de flanelle, de seborrhea corporis (Dühring), de lichen annulaire serpigineux (E. Wilson), pyÇriasis ou eczéma acnéiforme du sternum (Bazin), lichen acnéique, etc., etc.
Telles sont les différentes variétés de séborrhées généralement adoptées aujourd hui cliniquement, mais dont la nature exacte est l’objet de nombreuses discussions. Leurs causes sont également assez obscures. Les séborrhées des régions pilaires entraînent souvent de l’alopécie; celles des régions glabres s’accompagnant le plus souvent d’acné, on peut dire que 1 étiologie de la séborrhée est celle de l’acné et des alopécies (voir acné et alopécies).
Nous signalerons particulièrement comme facteurs étiologiques importants : 1° les constitutions lympha-
lÊBÔREHÉE
tique et arthritique; 2» l’hérédité; 3° l’anémie, la dépression générale consécutive aux grandes pyrexies, aux émotions, aux chagrins, au surmenage, aux excès de toutes sortes; 4° les troubles digestifs, l’alimentation défectueuse, la constipation, les troubles génitaux, utérins, urinaires, etc.; 5» les agents microbiens pathogènes de l’eczéma séborrhéique d’[Jnna(?).
Eczémaséborrhéiqued’ünna. —D’aprèsUnna, l’eczéma séborrhéique est le type de l’eczéma et englobe la plupart des eczémas; il est microphytique. Son aspect, son évolution, ses caractères varient suivant ses localisations : voici en résumé sa description ‘ :
Le point de départ de presque tous les eczémas séborrhéiques anciens, à peu d’exceptions prés, est le cuir chevelu. Très rarement, l'affection commence par une maladie correspondante du bord des paupières ou de l’une des régions de la peau qui sont en contact l'une avec l’autre, riches en glandes sudoripares (creux axillaire, pli du coude, plis cruroscrotal). Sur le cuir chevelu elle débute d’une manière insensible, et ce n’est que l'aggravation subite après des mois ou des années de durée, la chute notable des cheveux, un prurit intense, une humidité circonscrite, en un mot un eczéma évident qui amènent le malade chez le médecin. L’affection commence donc comme un catarrhe latent. Les premières traces se manifestent par une consistance plus solide de la couche cornée qui desquame en lamelles cornées plus grandes, puis par une répartition défectueuse de la graisse de la peau, les cheveux devenant plus secs, tandis que Tépiderme et les squames qui s’en détachent, contiennent une proportion anormale de graisse provenant des glandes sudoripares. De là le processus progresse sur le cuir chevelu do trois façons différentes : Les squames augmentent, mais restent blanches et modérément grasses ; peu à peu elles s’accompagnent d’une chute de cheveux et Ton voit se produire ia calvitie de l’alopécie pityrode, tandis que le cuir chevelu sur les points chauves devient moins solide. La desquamation cesse de nou-
1. Voir la Table chronologique des publications de Unna sur Teczéma séborrhéique, in Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, 1893, numéro de juin. Ecséma séborrhéique, par Philippson.
ÉBORBHÊE
veau, pour finalement s’arrêter tout à fait avec une calvitie caractérisée, et faire place à une hyperidrose huileuse.
Dans une autre série de cas, la quantité de squames augmente au point de constituer le principal symptôme pendant toute la durée de la maladie. Çes squames s’accumulent entre les cheveux sous forme de croûtes grasses adhérentes à la peau, mais pouvant généralement être détachées sans écoulement de san" Ou bien, dans les cas légers, elles entourent les cheveux à leur émergence du follicule pileux, en formant une game de matière cornée : la coloration de ces croûtes grasses varie du hlanc au jaune, et au brun foncé ; elle diffère dans chaque cas et reste la même pendant toute la durée de la maladie. Cette seconde forme est en général plus caractérisée sur certains points de la tête (le sommet du vertex et la région occipitale) ; elle a en outre une grande tendance à abandonner le cuir chevelu et à s’étendre sur les régions voisines recouvertes de duvet. La première poussée a d’ordinaire lieu à la limite des cheveux du front et des tempes. ,
A ce niveau, l’affection est bien plus nettement caractérisée que sur le cuir chevelu; elle progresse avec un bord bien tranché, rouge, parfois même très rouge, recouvert de squames jaunes grasses, et qui entoure les cheveux d’une sorte de guirlande, d’à peu près un travers de doigt de largeur. Souvent la maladie s’arrête là. mais elle peut s’étendre, passer des tempes sur les oreilles, puis de là au cou, ou bien envahir le nez et les joues. Cette variété se complique fréquemment dune chute plus ou moins abondante des cheveux qui n’est pas proportionnelle à la quantité de squames, mais uniquement a la tension'avec laquelle le cuir chevelu dans cette maladie est adhérent à l’aponévrose.
La troisième variété est celle dans laquelle les symptômes sont le plus caractérisés et dans laquelle il survient de l’humidité. Habituellement c’est la partie de la région temporale la plus rapprochée de l’oreille sur laquelle se produit l'humidite qui succède à une pityriasis simple avec prurit, tension et rougeur. Si l’on détache les squames grasses on trouve au-dessous ia couche cornée basale d’un brillant humide, rouge loncé, quelquefois exulcérée en quelques points. Si la sécrétion graisseuse continue, les croûtes sont épaisses, friables, humides et grasses. Les oreilles sont presque toujours affectées; il survient de l’oedème, de la tuméfaction du conduit auditif externe et des malaises subjectifs. Chez les enfants, et particulièrement chez les nourrissons qui ont une dentition difficile, l’affection a une tendance à progresser sur les joues et le front. Cette forme humide ne gagne pas toujours le cuir chevelu tout entier ;
sébokrhé:
souvent, sur le sommet de l’occiput, il y a simplement du pityriasis ou de la séborrhée, s’étendant de là sur les parties latérales du cou.
Souvent aussi on observe une forme plus inflammatoire de l’eçzéma séborrhéique de la face dans les cas où,commedans la période climatérique, des bouffées de chaleur se portent à la face. On voit ici survenir, à la suite d’un plus violent échauffement, un grand nombre de papules rouges plus ou moins volumineuses sur le front, le nez et les joues. Ces papules sont lisses ou recouvertes de fines squames jaunâtres, selon qu’on a fait ou non des lavages. Entre les papules, la peau est rouge et le malade éprouve une sensation de brûlure. Bientôt cet état s’accentue et il se produit une 'acné rosée méthodique (acné eczémateuse)'. L’eczéma séborrhéique est chez la femme une des causes les plus fréquentes de l’acné rosée en général, et beaucoup de cas d’acné rosée s’améliorent dés qu’on a traité l’eczéma séborrhéique du cuir chfevelu qui l’a provoquée. D’ailleurs, chez les hommes, l’usage de l’alcool n’est que la cause prédisposante la plus éloignée, l’eczéma séborrhéique du cuir chevelu la cause prochaine, directe de l'acné rosée.
Chez les jeunes gens, la forme à grosses croûtes est très rare à la face Cependant on l’y observe sur des points circonscrits des joues, du nez et du front comme un dépôt gras, friable, très adhérent jaune brun et accompagné de douleurs vives dans ces régions. Elle survient plus souvent d’une manière insidieuse et sans douleurs, chez les personnes âgées, autour de la bouche et du nez, et peut être le point de départ du carcinome (carcinome séborrhagique de Volkmann).
Enfin la face peut également être affectée de la forme humide de l’eczéma séborrhéique, surtout chez les enfants, rarement chez les adultes, et, dans ce cas, elle est seulement en rapport avec un eczéma humide de toute la tête et du cou. Dans cet eczéma le prurit est insignifiant, il n’y a pas de vésicules, mais à l’enlèvement des croûtes grasses succède l’eczéma rubrum, dont la guérison s’effectue comme d’ordinaire après la période squameuse.
Cet eczéma se fixe dans les glandes de Meibonius tout comme dans les glandes sudoriparcs, et il est d’une ténacité spéciale. Cette localisation peut former le point de départ d’un eczéma séborrhéique qui s’étend davantage. Mais l’eczéma do la tête précède dans la plupart des cas. Les croûtes dans cotte forme d’eczéma des paupières sont sèches et grasses; elles n’entralnent que rarement la chute des cils qui repoussent promptement. Souvent il existe concurremment une conjonctivite palpébrale chronique entretenue par l’affection des paupières.
SÉBORBHÉE
Les ongles sont rarement atteints ; ils présentent alors une hyperkératose du lit unguéal progressant d’avant en arrière, soulevant les lamelles de l’ongle comme dans d’autres maladies parasitaires.
Le dos des mains et spécialement des doigts est un siège de prédilection de la forme humide: très rarement les bras,et les mains sont le siège d’un eczéma simplement squameux. L’affection prend au contraire de nouveau un aspect tout à fait spécial dans la paume des mains et à la plante des pieds quand elle se localise dans ces régions, ce qui est rare : elle se caractérise par de petits amas squameux analogues à du psoriasis guttata variant du volume d’un pois à celui d’une cerise, correspondant à des glandes sudoripares isolées. Lorsque la guérison, toujours très lento, se produit, la couche cornée se desquame sur une grande étendue et les surfaces palmaires et plantaires prennent l’aspect d’une carte géographique; jamais il n’y a d’humidité.
Dans la région anale, on trouve la forme plus élégante de cei'cles et d’anneaux comme au sternum. Les plis génito-cruraux et la partie adjacente de la cuisse et du scrotum sont une région de prédilection d’anneaux croûtoux devenant très souvent humides. Les cuisses et les genoux sont rarement atteints, mais les jarrets et les jambes peuvent être envahis. L’eczéma séborrhéique est alors populeux ou constitué par des plaques nummulaires squameuses et sèches. La plante des pieds n’est affectée que simultanément avec la paume des mains et d’une manière tout à fait analogue.
Alaface, l’eczéma séborrhéique présente quelques particularités typiques. La variété squameuse sur les parties velues apparaît soit comme du pityriasis diffus, soit par plaques circonscrites un peu rouges très prurigineuses et non dépilantes.
Ces trois formes ou degrés de l’eczéma séborrhéique du cuir chevelu correspondent aux affections étudiées jusqu’à ce jour séparément. La première est le pityriasis capitis ordinaire qui conduit le plus souvent peu à peu à l’alopécie pityrode; la deuxième est ce qu’on appelle la séborrhée sèche du cuir chevelu, la troisième comprend un grand nombre d’affections réunies sans distinction sous la dénomination commune d’eczéma chronique du cuir chevelu.
Après le cuir chevelu, le siège de prédilection de l’eczéma séborrhéique est la région sternale.
Ici on ne trouve presque que la forme croûteuse, bien plus rarement, quand la région est très velue, la forme squameuse et encore plus rarement la forme humide. La forme croûteuse est de beaucoup la plus caractéristique, on peut dire la plus élégante de l’eczéma séborrhéique. Elle est cons-
SÉBORRHÉE
tituée par des taches rondes ou ovales, de la dimension de l’ongle, isolées ou confluentes et formant alors une plaque ayant l’étendue d’une pièce de cinq francs, à contours polycycliques. Chaque plaque a une coloration jaunâtre et est entourée d’un petit liséré rouge, même après qu’on a enlevé les squames qui la recouvrent. Ces squames sont grasses, friables, blanc jaunâtre ou tout à fait jaunes. Ces mêmes lésions s’observent très souvent dans la région interscapulaire de la gouttière du dos. Dans le creux de l’aisselle, elles sont très prurigineuses, peu squameuses, peu croûteuses, mais caractérisées surtout par un mince liséré arciforme rouge, à marche serpigineuse progressive.
De la région scapulaire l’eczéma séborrhéique s’étend presque toujours sur les bras sous la forme croùteuse, rarement sous une forme humide; il y a une préférence marquée pour le côté de la flexion. Cette préférence pour le côté de la flexion et les surfaces de contact s’explique par le rôle que les glandes' sudoripares jouent dans l’eczéma séborrhéique.
L’eczéma séborrhéique peut encore, dans les régions velues, principalement à la tête, donner naissance à des verrues, à des condylomes acuminés (Unxa).
Traitement de la séborrhée. —Traitement général. — Ainsi que la plupart des dermatoses, la séborrhée ne doit pas seulement être traitée localement. Elle réclame un traitement général dont les indications sont subordonnées à l’état du sujet : en d’autres termes il convient, avant d’instituer le traitement de la manifestation séborrhéique, d’examiner avec le plus grand soin le malade, de rechercher quelles sont les causes prochaines ou éloignées qui ont pu favoriser l’apparition des lésions et de les combattre activement. C’est ainsi qu’on traitera l’état lymphatique, ou arthritique, ou goutteux, ou anémique du sujet, qu’on surveillera activement l’état de ses fonctions digestives, de ses organes génito-urinaires, de son système nerveux, etc. La plupart des séborrhéiques en effet présentent une tare quelconque qu’il importe de rechercher et de traiter : De la sorte on obtiendra souvent des amélio-
SÉBORBHÉE
rations notables que seul le traitement local n’aurait pu produire. (Voir traitement général de l’eczéma et de l’acné.) On a cherché s’il n’existait pas des agents médicamenteux agissant sur la fonction • sébacée et sudorale. Les tentatives ont été jusqu’ici peu fructueuses. Toutefois l’arsenic à doses tolérées, et les sulfures à petites doses continuées longtemps ont donné à certains auteurs quelques résultats. Duhring préconise le sulfure de calcium à la dose de 1 à 2 centigrammes par jour en plusieurs fois.
L. Brocq recommande l’ergotine, la belladone et Vhamamelis v4rginica, associées aux médicaments qui conviennent à la constitution du sujet, par exemple les pilules suivantes qui s’adressent surtout aux arthritiques séborrhéiques ;
Extrait de belladone de 0,001 à 0,003 milligrammes.
Benzoate de lithine.. I g ,;, centigrammes.
Ergotine..\
Excipient et glycérine q. s.
pour une pilule.
De 1 à 5 par jour.
D’autres dermatologistes conseillent une alimentation composée en grande partie de corps gras, ainsi que l’huile de foie de morue à hautes doses, ce qui semble à première vue paradoxal, mais réussit bien dans quelques cas. Nous conseillerons en outre l’hydrothérapie tiède d’ahord puis, quand les sujets seront nerveux, froide ; continuée pendant longtemps elle nous a paru modifier quelquefois très favorablement l’hyperidrose huileuse généralisée ou localisée. Quand les sujets ne peuvent supporter les douches, nous prescrivons les frictions générales sèches ou d’eau de Cologne,
;éboeehée
d’alcool camphré, d’alcoolat deFioravanti, etc., renouvelées une ou deux fois par jour.
Tbaitement local. — Le traitement local de la séborrhée varie suivant la forme de la séborrhée et suivant la localisation des lésions. Gomme l’affection est très souvent localisée au cuir chevelu et aux régions pilaires où elle est susceptible de produire une alopécie fort désagréable, nous indiquerons d’abord le traitement des séborrhées de ces régions, qui d’ailleurs a déjà été décrit à l’article Alopécie (voir ce mot), puis celui des séborrhées des parties glabres.
1^ Traitement local des séborrhées des régions
PILAIRES, ET PARTICULIÈREMENT DU CUIR CHEVELU. — (Pityriasis capillitii, croûtes graisseuses. Hyperidrose huileuse. Eczéma séborrhéique circiné, etc.)
La première indication est de bien nettoyer les régions à traiter, de les débarrasser de l’enduit squameux, gras ou croûteux qui s’oppose à l’application des médicaments actifs. Mais d’abord faut-il couper les cheveux? Oui, s’il s’agit d’hommes ou d’enfants, mais aux ciseaux et non à la tondeuse, et surtout pas au rasoir. Pour les femmes, on ne devra recourir à ce sacrifice que s’il est absolument indispensable, c’est-à-dire si les lésions sont considérables, et si la dépilation se fait avec une extrême rapidité.
Pour nettoyer le cuir chevelu, les moyens les plus simples sont les meilleurs, surtout dans les cas de séborrhée irritable et très dépilante.
On commence par faire une friction avec un jaune d’œuf étendu d’une cuillerée d’eau; puis on lave avec une éponge et de l’eau chaude simple ou savonneuse préparée d’avance (savon doux, ou savon au benjoin, au goudron, au naphtol ; savon blanc de Marseille pur)
SÉBOREHÉE
ou bien avec la décoction savonneuse d’écorce ou de poudre d’écorce de bois de Panama, ou Quillaya (laquelle a l’inconvénient d’altérer parfois la coloration des cheveux), ou avec la décoction chaude de saponaire d’Orient. Ce lavage largement fait, on rince avec de 1 eau chaude renfermant quelques gouttes d’eau de Cologne ou d’alcool, puis on essuie et on sèche avec un linge chaud.
Si les croûtes et les squames sont excessivement abondantes ou épaisses, il convient de les ramollir avec de l’huile d’olive simple, ou du heurre, ou de l’axonge, ou même des cataplasmes tièdes aseptisés. Le moyen le plus pratique est d’appliquer le soir avec un pinceau ou une éponge de l’huile d’amande douce, en frottant légèrement, de façon à favoriser la pénétration. On recouvre ensuite la tète avec un honnet, et généralement le lendemain matin les croûtes se détachent aisément, et l’on peut procéder au lavage. Chez les petits enfants affectés de croûtes laiteuses, ce procédé appliqué avec douceur et patience est en général suffisant.
Quand on lave la tête suivant les modes indiqués plus haut, et surtout quand on emploie le moyen indiqué par Kaposi, qui consiste à frotter énergiquement la tête avec une serviette éponge rude,^ sur laquelle on verse le savon liquide de Héhra ‘, jusqu’à ce qu’il se fasse de la mousse, procédé de nettoyage susceptible de produire des poussées de-dermite, il tombe généralement une grande quantité de cheveux : il faut
i. Savon liquide de Hébra, ou esprit- de savon de potasse ;
Savon vert .. grammes.
Dissolvez à. une chaleur douce dans : esprit-de-vin, 200 grammes. Filtrez et ajoutez :
lavande et huile de bergamole. ââ 3 grammes.
Mêlez. Filtrez.
Huile de
5ÉB0RBHÉK
avoir bien soin de prévenir le malade, et lui dire qu’il ne faut pas se désoler, que les cheveux qui tombent n’étaient pas adhérents, qu’ils devaient tomber fatalement, qu’il en tombera d’.autres dans les premiers temps du traitement et qu’il en repoussera un certain nombre si la maladie n’est pas trop avancée.
La peau ainsi débarrassée des squames et des croûtes, et lavée apparaît un peu rosée ou rouge, ou brillante et tendue; il en résulte parfois, quand l’affection était très développée, une sensation douloureuse et désagréable que calmera l’application des pommades ou des lotions destinées à combattre la maladie. Nous allons indiquer les plus usitées, mais il faut savoir qu’au cours du traitement croûtes, squames, matière grasse ou huileuse se reproduisent très rapidement, ce qui nécessite un nouveau lavage suivant le mode indiqué plus haut.
De très nombreux médicaments ont été signalés par les médecins comme ayant une action très efficace dans le traitement des séborrhées du cuir chevelu. Je citerai particulièrement le soufre, l’ichthyol, le naphtol, la résorcine, les mercuriaux, la pilocarpine, le goudron, l’alun, le tannin, le sulfate de fer, le borate de soude, le quinquina, les acides lactique, acétique, pbénique, la chrysarobine, le pyrogallol, le pétrole, etc., etc. Leurs indications varient suivant la nature, la forme, l’étendue, l’intensité des lésions. Tel médicament, tel mode de traitement qui agissent dans là forme sèche, pityriasique n’agissent pas en présence d’une hyperidrose dépilante intense.
D’une façon générale on peut dire que le soufre dans la pluralité des cas trouve son indication, quelle que soit la forme sous laquelle on le prescrit. C’est en réalité l’agent curatif par excellence de la séborrhée, mais il
SÉBORRHÉE
présente l’inconvénient d’être parfois mal supporté en raison de son odeur. En outre, beaucoup de sujets ne veulent pas s’astreindre à avoir la tête et les régions pileuses, remplies pendant plusieurs semaines d’une couche jaune de soufre. Les préparations soufrées, en effet (poudre, pommade ou lotion), sont excessivement adhérentes. Quand même elles ne seraient appliquées que le soir et enlevées le matin à l’aide d’un savonnage, qui, trop souvent répété, entraîne une chute très abondante, il reste toujours des parcelles jaunâtres très visibles.
Nous avons déjà indiqué aux articles Acné et Alopécie les différentes préparations soufrées les plus usitées; je rappellerai qu’il faut donner la préférence à la lotion soufrée employée dans l’acné (soufre, 50 grammes; alcool camphré, 80 grammes; glycérine neutre, 30 grammes), aux lotions sulfureuses (pour un tiers de verre d’eau chaude, ajouter 50 'a 60 gouttes de polysulfure de potassium liquide, c’est-à-dire polysulfure de potassium 100 grammes, eau 200 grammes), aux pommades soufrées diverses, enfin aux poudres soufrées.
Poudre soufrée :