‹ Traitement des Affections Pulmonaires Aigües à Pneumocoques Par Le Sérum Antipneumococcique PolyvalentChapitre 18 sur 21 · PS · texte numérisé non relu

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Il ressent actuellement, le 28 février, une douleur très vive au-dessous

du mamelon droit et dans la région thoracique latérale. Il existe une

dyspnée marquée, les quintes de toux sont. fréquentes, la température atteint 202: <

On trouve à la base droite, en avant, de la matité avec des râles souscrépitants et un souffle.

Le 1° mars, la température est à 39°6 le soir. On pratique l’injection de sérum antipneumococcique à raison de 20 c/c intramusculaires et de 20 c. c. par voie laryngée.

Le 2, température à 38° qui se maintient le 3. On continue ces deux jours les injections de sérum antipneumococcique aux mêmes doses.

Le 4, chute de la température à 37° 4 puis 37°. L'état général est très amélioré, le malade tousse encore et présente une expectoration mucCopurulente légèrement ocrée. Au poumon droit, on note, en avant, un foyer de sous-crépitants à la base; en arrière, de la matité à la base avec quelques râles sous-crépitants. La température se maintient ensuite à 37° et le malade nous quitte guéri.

Obs. XI. — M. Font..., 50 ans, entré le 4 juillet 192r.

Le malade se présente avec une dyspnée marquée, une température très élevée et de la toux. Il est au cinquième jour de sa maladie, d’après ses dires. Le 20 juin, en effet, après l'ingestion d’une boisson très froide, le malade a ressenti un malaise général assez intense avec frissons et dyspnée. Malgré cela il a continué de travailler. Depuis le 2 juillet, cependant, les phénomènes s’aggravent. 11 va consulter à Saint-Louis où on lui applique des ventouses sèches. Son état ne s’améliorant pas, il

entre alors à l’hôpital.

Le visage est vultueux, la dyspnée assez intense, Ja respiration courte et fréquente. Il expectore quelques crachats verdâtres très adhérents, la langue est suburrale; température 30°9. L'examen des poumons donne : en arrière et à gauche, matité des deux tiers inférieurs, vibrations presque abolies, au sommet expiration puérile, sifflante, râles crépitants dans les deux tiers inférieurs avec maximum au tiers moyen,

au niveau de la scissure, il y a un souffle étendu. En arrière et à droite, on remarque également des signes de congestion, mais moins accentués. En avant, la sonorité est normale et il existe des râles sous-crépitants à gauche, au tiers inférieur, avec une expiration sifflante. Le pouls rapide et bien frappé bat à 120. 4

Le 5, la température est à 40°5. On pratique une injection intramusculaire de 50 c/c de sérum antipneumococcique.

Le 6, température a 39°. Les signes physiques s’atténuent. En arrière et à gauche, on trouve des râles secs aux deux temps de la respiration, à intensité maximum à l'inspiration et qu'on retrouve dans les deux-tiers inférieurs. Il n'y a plus de souffle. À droite existent quelques râles souscrépitants. L'état général est meilleur et le malade accuse une sensation de mieux-être très sensible. On injecte de nouveau 60 c/c de sérum antipneumococcique par voie intramusculaire. |

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Le 7, température à 37°6. S Le 8, température 38°, nouvelle injection intramusculaire de 40 c/e de

sérum qu’on renouvelle le 9. Les signes physiques sont très atténués, la crise urinaire se produit et la température descend progressivement à 37° pour s’y maintenir après le 12.

Le malade est sorti guéri le 23 juillet.

Obs. XII. — Mme Ambr.., 7o ans, entrée le 31 décembre 1920.

La malade, âgée, ressentait depuis quelque temps un point de côté à droite en même temps qu’elle éprouvait une grande courbature, une anorexie complète et qu’elle toussait beaucoup.

Les signes se sont amplifiés beaucoup aujourd’hui 31 décembre et la malade est anhélante avec une température de 38°5. Par l’auscultation on lui découvre un foyer de râles assez étendu à droite. Le pouls est bon, les urines, rares, renferment des traces d’albumine.

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Le 1° janvier, la température cède : 375.

Le 2, nouvelle ascension a 38°0; on découvre un nouveau foyer gau- ‘ 0

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che avec râles disséminés prédominants à la base gauche. L’inspiration est courte, humée; le poumon semble bloqué. I1 existe un souffle évi-

dent.

Le 3, l’aspect de la malade demeure le même, on trouve un nouveau :

foyer congestif au sommet droit; la température est à 30°3.

Le 4, même ‘température. On pratique une injection intramusculaire de 20 c/c de sérum antipneumococcique. La température cède un peu.

Le 5 et le 6, les injections sont renouvelées et la température tombe à 37°3.

Le 10, il existe un foyer de gros râles sous-crépitants à la base droite avec des sibilants et un très léger souffle à la partie supérieure de la fosse sous-épineuse. À gauche, la respiration est diminuée avec l’expi-

ration prolongée, il y a quelques sibilants sans foyer. La température,

qui avait esquissé une ascension à 38° le 8 est revenue à la normale

.et s’y maintient.

La malade, qui a un gros foie, sort de l’hôpital le 29 janvier avec quelques sous-crépitants persistants, mais il n’y a pas de troubles fonctionnels et l’état général est excellent.

Obs. XIII. — M. Bod..., 56 ans, entré à l’hôpital Andral le 21 décembre 1920. |

Le malade est en traitement depuis le 21 décembre 1920. Il présentait à cette date de la toux, de la dyspnée, de la fatigue générale et de la céphalée. Syphilitique, il a contracté sa maladie à 32 ans, chancre et roséole, traité pendant quinze jours n’a pas suivi de traitement depuis lors, aucun accident consécutif. À 44 ans, arthropathie tabétique du genou droit, à 54 ans, autre arthropathie tabétique du genou gauche. Il a eu

pendant cette période des douleurs fulgurantes dans les quatres membres,

apparaissant par intermittence. Ces accidents se sont accompagnés de

fatigue, de céphalée, de fièvre, de vertiges et de points de côté douloureux situés tantôt au-dessus des mamelons tantôt plus bas. Les pupilles réa-

gissent toutes deux très faiblement à la lumière, réagissent à l’accommodation. Il se plaint de douleurs fulgurantes de siège variable qui le

réveillent la nuit. Il n’a aucun signe pulmonaire bien caractérisé, mais il tousse fréquemment et n’expectore pas. Il éprouve une sensation de constriction pénible à la gorge et de chatouillement laryngé qui occasionne des accès de toux convulsive. L’inspiration se fait alors avec peine, il v a du tirage et un peu de cornage. Consécutivement à ces crises existent existent de la dyspnée et de l'angoisse. ;

On lui fait suivre un traitement dans. le service et il est en bonne santé lorsque, brusquement, le 5 mars 1921 il ressent dans la nuit un violent frisson que suivent des sueurs profuses et la température monte à 40°. On découvre à la base droite, en arrière un foyer de congestion, de la matité et un souffle à la base. On pratique une injection intratrachéale de 10 c/c de sérum antipneumococcique.

Le 6 mars, température 40°1. Le 7, à gauche, on trouve de la matité en avant et en arrière à la base, une diminution du murmure vésiculaire, une abolition des vibrations thoraciques et de l’égophonie. A droite, il y a des râles sous-crépitants et submatité à la base. La ponction explo-" ratrice retire du liquide séro-fibrineux. ,

On pratique une nouvelle injection intratrachéale de sérum antipneumococcique le o mais le malade meurt dans la nuit. :

À l’autopsie, on note une pneumonie droite très marquée de tout le lobe inférieur. Quant au poumon gauche, il est rétracté sous l’épanchement avec une plèvre épaissie. Lorsqu'on ouvre le poumon, il en sort une très grande quantité de pus par les bronchioles et il a l’aspect d’une éponge purulente. La partie supérieure est extrêmement dense et compacte, elle va au fond de l’eau.

Le cœur est gros, volumineux, il y a de l’athérome aortique. Le foie, très gros, donne l’impression d’un foie cardiaque, sans nodosités et assez mou.

Les reins sont gros et sans caractères particuliers.

En somme, on s’est trouvé en présence d’un tabétique ayant dé la dyspnée sine materia, cachectique, possédant un gros foie et scléreux, qui a fait tine pneumonie terminale. Le sérum s’est montré inactif dans çe cas, mais, outre les tares très grandes que présentait l'individu, il

faut remarquer que le sérum a été injecté par voie intratrachéale à doses tout à fait insuffisantes et c’est peut-être une des raisons de l’échec.

Obs. XIV. — M. Montab.., 75 ans, entré le 17 décembre 1920.

Le malade, très robuste jusqu’à son âge de 70 ans a cessé de travailler depuis, se sentant oppressé et toussant, principalement l'hiver. Il y a trois mois, il a été soigné à Lariboisière pour une pleurésie. Actuellement il a des étouffements, une toux fréquente, une expectoration ocrée avec muco-pus.

L’auscultation de la base gauche décèle des râles humides à grosses bulles avec une légère submatité. Le cœur présente de la tachyarythmie intense, le pouls est petit et irrégulier.

Soigné dans le service, sans incident jusqu’au 1% mars 1921, le malade présente alors une élévation thermique brusque à 30°: ; la dyspnée est intense, l’expectoration muco-purulente. À la base gauche, en arrière et latéralement, on perçoit un souffle et des râles sous-crépitants. Le cœur présente une tachyarythmie très marquée, il y a de l’albumine dans les urines. Le 4, température à 40° le soir, délire nocturne. Le 5, le malade se plaint de douleurs abdominales, ventre légèrement balonné. On pratique une injection intratrachéale de 5 c/c de sérum antipneumococcique. Le malade est décédé le 6 mars. ‘

Il s’est agi ici d’un vieillard ayant une congestion pulmonaire ancienne, cardio-rénal, qui a fait une pneumonie terminale. Mais là encore, il faut

remarquer que le sérum”antipneumococcique a été administré à trop

faible dose par voie intratrachéale.

Obs. XV. — M. Jol.., 45 ans, entré le 13 janvier 1922.

Le malade se présente à l'hôpital dans un état de grande faiblesse, souffrant de céphalée. I1 tousse beaucoup, et depuis longtemps, avec une expectoration muco-purulente abondante. La température est à 39°7. On note à l'examen des poumons, à droite et en avant de nombreux sibilants et ronflants, en arrière de nombreux sous-crépitants. Le poumon gauche présente en avant des sibilants et des sous-crépitants en arrière. Le

cœur est normal, le pouls bat à 120. Signale avoir eu de fortes poussées bronchitiques à l’âge de 35 ans.

Le 14, température 39°5. On injecte par voie intramusculaire 60 c/c de sérum antipneumococcique. Le 15, il y a des râles de bronchite disséminés dans les deux poumons, mais surtout au sommet droit. On fait une nouvelle injection intramusculaire de sérum.

Le 16, en arrière : sibilants et ronflants disséminés ; en avant, gros sous-crépitants sous la clavicule droite; à gauche les signes sont moins marqués. En avant, à droite : submatité au sommet, souffle à timbre tubaire, pectoriloquie aphone, bronchophonie à la base, râles crépitants.

À gauche, en avant: râles ronflants et sibilants, sous-crépitants sous la clavicule droite.

Le 17, température 40°5, 80 c/c ont été injectés la veille, on réinjecte zo c/c de sérum intramusculaire plus 10 c/c intratrachéal. ;

Le 18, température 39°2. Le 10, 40° ; on donne des baïns tièdes au malade et on pratique une injection intramusculaire de 8o c/c de sérum antipneumococcique. Le 20, température 30°2; nombreux sous-crépitants, le sommet gauche reste soufflant, râles congestifs aux bases. L’examen

. des crachats décèle des pneumocoques, un amas de cocci et de chaînettes.

On continue les bains et on donne de l’oxygène. Le 21, sueurs profuses.

Le 23, aspect fatigué, cyanique, température 40°, a toussé beaucoup

pendant la nuit. Les signes pulmonaires persistent, avec souffle à timbre spelunquaire au sommet droit. Le 24, température et signes persistent, pas de bacilles de Koch dans les crachats. Le pouls, petit, est à 120. Le 25, même température, malade maigrissant rapidement, dyspnée marquée. Les signes pulmonaires se sont accentués des deux côtés ; à droite il y a un souffle caverneux avec retentissement de la toux. Expectoration verdâtre abondante, pouls à 138. Le 26, une injection intraveineuse de sérum est pratiquée sans amener de choc. Le 27, température à 37°, les phénomènes pulmonaires rétrocèdent à droite maïs restent les mêmes à gauche. La cyanose et la dyspnée restent marquées. Le 28, nouvelle injection intraveineuse de 20 c/c de sérum antipneumococcique. La température après être descendue en quelques heures à

aie

ë ar 5 remonte à 30° 4 et. malade meurt le 29 au matin. ; re compte rendu d’autopsie porte : se : NE Poumon droif: gros, turgescent, ne s these pas à la coupe. À Ja partie supérieure il y a une symphyse pleurale formant dôme. La coque

pleurale enlevée, on découvre une caverne, de la grosseur d’une manda-

‘rine située sur le côté externe, à 5 em. du sommet. Là, l’aspect du poumon est noirâtre avec des brides cicatricielles profondes. Quand on coupe | cette caverne, on entre dans une anfractuosité, remplie d’un pus épais de parois eris-noirâtres. Tout autour, le poumon est creusé de cavités . grosses comme des billes, en nid d’abeilles, avec des tractus blanchâtres. Les bronches sont épaissies et distendues, il y a des cavités et un semis de petites granulations blanchâtres. La base est congestionnée avec des noyaux bronchopneumoniques. &

Poumon gauche : Même aspect avec, au sommet, aspect carnifié et, | à la coupe, aspect de broncho-pneumonie caséeuse déjà vu sur le côté droit. Le reste du poumon est très congestionné avec quelques noyaux. IH n’y a pas de ganglions hilaires… A E

. En somme, il s'est agi “d’un homme ayant fait une sclérose tuberculeuse ancienne sur laquelle est venue se greffer une bronchopRenmone grippale contre laquelle le sérum antipneumococcique ne ue que

demeurer impuissant. À

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