FAUT-IL INJECTER
Au début de nos essais thérapeutiques à l’hôpital Andra: nous n'injections, sur la foi de certains auteurs, que des doses assez faibles, mais l’expérience clinique nous a montré qu’elles étaient souvent insuffisantes. Pour avoir une action durable et continue, il importe, en effet, que la sérothérapie soit précoce et, en quelque sorte, massive.
La voie d'injection intratrachéale ne permet pas l'emploi des fortes doses et c’est le plus grand reproche que l’on puisse lui adresser. Il est difficile, en effet, d'introduire par cette voie plus de 10 à 15 centimètres cubes de sérum et ces doses sont manifestement insuffisantes (voir graphique et observation n° 14). La voie intratrachéale ne peut donc suffire à elle seule. Cependant, elle rend de grands servi-
ces et on ne peut l'utiliser concurremment à une autre. Nous l'employons, chaque fois qu'il est possible de le faire, en même temps que la voie d’injection intramusculaire.
La voie intraveineuse est utilisée par nous dans les conditions que nous avons précédemment mentionnées. Toutes réserves faites au sujet des accidents ou incidents possibles avec ce mode d'injection, voici quelle est la manière de procéder :
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Le malade prend, quelques minutes avant l'injection, XXX gouttes de solution d’adrénaline à 10/0, ou bien on lui in- -jecte dans la veine, suivant le conseil de SICARD, 2 à 3 gram-
mes de carbonate de soude dissous dans 50 centimètres cubes d’eau. (1) | :
La dose de sérum antipneumococcique employée est de 20 centimètres cubes, que l’on dilue dans 100 centimètres cubes de sérum physiologique. On pousse l'injection lentement, en dix minutes au minimum. S'il survient le moindre incident, il faut s’interrompre et redonner de l’adrénaline au malade, au besoin en injection sous-cutanée. Quand des phénomènes de choc favorable se produisent, la température descend habituellement en deux à quatre heures (voir observation n° VIII et graphique ci-contre) ; on refait le jour même une injection intramusculaire de 60 centimètres cubes de sérum si le thermomètre marque une nouvelle ascension six ou sept heures après l'injection intraveineuse. (2) à
(1) L’emploi du carbonate de soude nécessite certaines précautions. Le sel doit être chimiquement pur. Sa solution doit être préparée en ampoules de verre dur dit « Sérax » et stérilisée par tyndallisation ; en outre, pour éviter l'attaque du verre de la seringue par la solution et la mise en liberté de silice, il importe de ne l’y laisser séjourner que quelques secondes. D'autre part c’est un caustique et l'introduction de la moindre goutte, dans les tissus sous-cutanés ou péri-veineux risquerait de produire une escarre.
(2) Courcoux. — La Clinique, avril 1922.
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Diagnostic -
Observations
Quant à la voie intramusculaire, qui a notre préférence, nous avons dit pourquoi, elle permet l'injection de fortes doses, seules vraiment actives. Au début, nous n’utilisions que 60 centimètres cubes de sérum et il nous a semblé que certains insuccès étaient dus à ces doses insuffisantes. Le plus vite possible, sitôt que l’on a soupconné la pneumonie, il faut injecter de fortes doses : 80 à 100 centimètres cubes de sérum, doses que l’on renouvellera les deux ou trois jours suivants. On’ pratiquera concurremment,
ainsi que
l’avons déjà dit, une injection intratrachéale de 10-15 cen-
nous
timètres cubes de sérum, toutes les fois qu’on le pourra.