‹ Traitement des AnévrismesChapitre 48 sur 58 · RARES · texte numérisé non relu

RARES

S’ajouta une four quinteuse, pénible. En mêmetemps survinrent des accès d’oppression et peu à peu la dyspnée devint continuelle, mais avec des paroxysmes intenses et violents.

Depuis environ six mois, il ya,en outre, des troubles de la déglutifion; la dysrhagie existe, même pour les liquides ; les aliments solides déterminent, par leur passage, des douleurs internes et de l’etouffement.

C'est un homme bien constitué et bien musclé.

Ce qui attire de suite l’attention, lorsqu'on l’examine, c’est le caractère manifestement bitonal de sa voix. De temps à autre, le malade à, en outre des quintes de toux coqueluchoïde.

La respiration est pénible; les lèvres et les extrémités sont cyanosées.

Le cœur est augmenté de volume; sa pointe bat dans le sixième espace intercostal en dehors du mamelon, la matité de l’aorte dépasse de plusieurs centimètres le bord droit du sternum. Les pulsations de laorte sont perçues au niveau de la fourchette du sternum : les artères du cou sont animées de battements visibles. A l'auscultation du cœur, on perçoit à la pointe des battements normaux mais intenses, ce qui dénote l’hypertrophie du myocarde ; à la base, on entend un souffle systolique, légèrement rugueux, se prolongeant vers la clavicule.

Le pouls est régulier, mais plus faible à gauche qu’à droite.

Il y a uncertain degré d’emphysème pulmonaire.

A l'examen laryngoscopique, on constate la paralysie de la corde vocale qauche.

Le foie est volumineux; la rate, énorme, déborde en avant les fausses côtes et fait saillie vers l’épigastre.

Il y a de la constipation ; les urines sont normales.

On diagnostique un anéorysme de la crosse de l'aorte avec compression du nerf récurrent gauche.

L'examen radioscopique confirme ce diagnostic en permettant de constater la présence d’une énorme tumeur arrondie,

située au-dessus du cœur et animée de battements rythmiques qui suivent de près la systole cardiaque.

Pendant un mois et demi (depuis le 29 janvier au 11 mars),le malade fut soumis à un traitement antisyplulitique intense. I] a reçu cinq injections de calomel (0.10 centigr.) et a pris de l'iodure de potassium, à dose progressivement croissante jusqu’à 10 grammes par jour; mais les phénomènes morbides, au lieu de s’amender. progressent au contraire rapidement et leur intensité augmente de plus en plus.

Le 11 mars, on fait au malade — avec toutes les précautions d'antisepsie nécessaires — une injection sous-Cutanée de 100 eme. de sérum gélatineux, stérilisé, contenant 1 gramme de gélatine pour 100 cmc. d’une solution de Nacl à 7 p. 100.

La région où l’on pratique l'injection devient douloureuse ; le malade a un léger frisson, et la température monte à 3805. Le lendemain, la température était redescendue à la normale et la réaction locale complètement éteinte.

Comme par enchantement, quelques jours après cette injection, la dyspnée — auparavant si pénible et si intense — disparut tout à coup, tandis que les accès de suffocation et les quintes de toux s’atténuèrent et devinrent de plus en plus rares.

Le 18 mars, on injecte de nouveau au malade 200 centimètres cubes de sérum gélatineux à 10/0; cette injection fut, comme la précédente, suivie d'une réaction locale, rapidement dissipée et d’un léger mouvement fébrile passager.

Tous les huit jours on renouvelle l'injection de gélatine.

Apres la cinquième injection, on constate que les phénomènes morbides ont complètement disparu.

La voix n’a plus le caractère bitonal ; la toux n’est plus coqueluchoïde ; la dyspnée et les accès paroxystiques de suffocation n'existent plus ; la dysphagie s’est, elle aussi, dissipée et le malade mange des aliments solides sans éprouver la moindre gêne.

« Le souffle systolique de la base du cœur à disparu; le pouls est redevenu égal aux deux radiales.

L'examen laryngoscopiqué permet de constater la disparition de la paralysie de la corde vocale gauche; enfin l’examen radioscopique montre que la tumeur anévrysmale a diminué de volume et ses battements sont presque imperceptibles.

Le malade, qui avait perdu tout espoir de guérison, se sent tellement bien qu’il demande avec insistance à retourner chez lui ; il se croit guéri et, en effet. il n’éprouve plus aucun trou- : ble morbide subjectif.

€ Voici donc un homme à la fois syphilitique et palu-

-dique, présentant des signes indubitables d’anévrysme 2 y

de l'aorte.

«Sans grand espoir, et plutôt par acquit de conscience, nous avons commencé par instituer le traitement antisyphilitique intense. Le résultat a été nul comme du reste on pouvait le penser à priori.

« Mais cinq injections de gélatine ont suffi pour oblitérer la poche, pour déterminer sa rétraction et la disparition de tous les troubles fonctionnels très graves, dont

se plaignait le malade. » Aïnsi conclut le P' Kalindero.

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