Leucopathies Metastases (Thèse Paris
mitive au niveau de cet organe. En dehors des follicules péri-bronchiques étudiés par M. Bezançon il se fait tout particulièrement une infiltration péribronchique. On arrive ainsi à la conception des fibroses pulmonaires de catarrhes d'origine leucopathique sans cause pulmonaire (1). »
P En 1925, dans le Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux où il a précisé l’histo-pathologie de l’'emphysème avec ses conditions d'apparition :
« Par injections sous-cutanées de toxiques variés, il est possible de provoquer rapidement chez l’animel des lésions intenses de l’appareil broncho-pulmonaire. On constate ainsi la production de calarrhes bronchiques, la congestion intense, linfiltration lymphocytaire en nappes ou en nodules et l’emphysème atrophique définitif par fragmentation des fibres élastiques.
Parmi les bronches infiltrées de lymphocytes et présentant un catarrhe lympocyÿtaire transépithélial, certaines se sont dilatées : il s’est fait de la dilatation bronchique simple. Mais le plus souvent la paroi bronchique a cédé dans toute son épaisseur ; elle est morcellée en tronçons de longueur Yariable dont chacun forme une masse broncho-musculaire comprenant à la fois la couche musculaire et l’épithélium dont les éléments primitivement cylindriques sont ramenés à la forme cubique.
1. Société Médicale des Hôpitaux de Paris, séance du 26 octobre
Rapidement les masses les plus allongées se fragmentent à leur tour si bien que la totalité de la paroi bronchique se trouve découpée en masses presque identiques, d’une longueur égale à leur épaisseur et dont l’ensemble musculo-épithélial présente sur les coupes un contour ovalaire presque circulaire.
Les masses broncho-musculaires complètement isolées les unes des autres sont reliées par du tissu pulmonaire. La dilatation bronchique simple s’est transformée en une cavité beaucoup plus vaste d’emphysèmé broncho-pulmonaire dont le contour est formé par du tissu pulmonaire plus ou moins congestionné ou étiré, renflé de place en place par les masses et les massues broncho-musculaires qui font saillie dans la cavité.
Si l’animal a survécu, dès le cinquième ou sixième jour on voit apparaître de la sclérose surtout aux dépens des nappes et des nodules lymphocytaires qui se transforment en tissu fibro-conjonctif. Dans tous les types d'expériences, pour que les scléroses soient accentuées, il faut que l’infiltration lymphocylaire soit abondante et ce résultat ne s'obtient qu'avec des doses faibles et répétées.
J’insiste tout particulièrement sur ce que ces. manifestations anatomiques se produisent sans qu’il y ait de lésion locale comme primum movens.
J'ai constaté des lésions identiques à la suite de saignées répétées, après la thyroparathyroïdectomie et à la suite de chocs peptoniques et anaphylactiques,
Il reste à élucider de grandes inconnues dans l'anaphylaxie, mais au point de vue qui nous intéresse, nous pouvons déduire de ces constatations que les processus pathologiques ne sont pas plus mystérieux pour l’anaphylaxie que pour les autres dÿyscrasies mises en œuvre : l’antigèné peut produire les mêmes lésions que le choc anaphylactique ; les conséquences ultérieures sont les mêmes : l’aboutissant principal dans ces déux cas est l’emphysème atrophique avec sclérose leucopathique plus ou moins accentuée.
Je monirerai, d'autre part, que des influences portant uniquement sur le système nerveux peuvent provoquer non seulement la vaso-dilatation (fait bien connu),mais aussi des flux et des infiltrations leucopathiques (synergie neuro-leucopathique).
En présence d’un phénomène de choc, nous devrons donc nous demander tout d’abord s’il est, à l’origine de cause nerveuse pure ou de cause dyscrasique. Les chocs dyscrasiques peuvent être dus à l’anaphylaxie, mais leurs autres causes sont très nombreuses, Nous insistons en particulier sur le rôle du froid (1).
Le froid a des conséquences bien connues : ca tarrhe, œdème, érythème, fléchissement des défenses contre les microbes (expérience de la poule et du charbon). On sait que le froid en un point quel-
1. Feuillié, Leucopathie et sensibilisation (Congrès de Stras. bourg, juilièt 1933),
conque du corps peut produire une congestion pulmonaire qu'on explique par des phénomènes vasomoteurs. Feuillié croit de plus que dans bien des cas le froid peut produire directement ou indirectement par des troubles humoraux, dans les capillaires refroidis une leucolyse d’autant plus forte que la leucopathie préalable du sujet était plus accentuée. Les sucs de leucolyse libèrent une quantité notable d’albumoses (1) dans la circulation comme si on venait de les injecter dans la veine : le résultat est un choc peptonique (peptonique signifiant albumosique). Alors comme dans les expériences de Feuillié, on conçoit la production d’une fluxion, consistant en vaso-dilation, congestion, flux et infiltrations leucocytaires, emphysème aigu, au moindre refroidissement surtout si le sujet est un leucopathe, fluxion se produisant de préférence au niveau où il existe comme épine irritative les reliquats de fluxions antérieures d’une affection aiguë ancienne ou chronique (bacillose guérie ancienne du sommet).
Le choc (2) anaphylactique semble produire une dyscrasie temporaire dont les suites sont identiques à celles des injections de blanc d'œuf ou de cantharidine. Cette étude est un complément de la constatation de ces éclipses parfois si accentuées d’une partie des leucocytes de la grande circulation au cours des phénomènes de choc. L'anaphylaxie est
1 Achard et Feuillié, Société de biologie. séance du 18 décembre 1920.
2, Société médicale des hôpitaux, séance du 28 juillet 1922,