INTRODUCTION
Choix du sujet.
Nous avons voulu faire choix d'un sujet de thèse simple et pratique tout à la fois, surtout à la portée du médecin de campagne, qui souvent et même presque toujours manque des éléments nécessaires pour les soins immédiats à donner aux brûlures de différents degrés. C'est donc en faveur de ces qualités que nous croyons avoir trouvées, que nous demandons la bienveillance dont aura besoin cette publiçation.
Nous avons depuis longtemps été frappé de la multiplicité des mémoires qui ont pour objet les grandes
TGS opérations de chirurgie, dont l'antisepsie a rendu la pratique si commune et si audacieuse, mais parfois aux dépens de la petite chirurgie simple, courante, moins attrayante pour le praticien épris de son art.
Nous avons pensé qu'il ne nous appartenait pas d'écrire un chapitre de cette grande chirurgie, réservée aux centres hospitaliers ou aux spécialistes les plus exercés, et plus modestement, nous avons recherché dans les multiples accidents vulgaires auxquels nous désirons à chaque instant remédier dans notre pratique courante, un point-plus particulier qui répondit à notre désir de faire œuvre simple et utile.
Les brûlures devaient à ce titre arrêter notre choix : est-il accident plus commun, plus vulgaire, et parfois plus embarrassant, non pas que les méthodes de traitement fassent défaut: elles sont au contraire multiples et variées, mais parce que beaucoup d’entre elles, et particulièrement les plus récentes, comme nous nous proposons de le démontrer plus loin, sont d’une application délicate ou compliquée, parce qu'elles n'ont pas, en un mot, les caractères de simplicité et d'efficacité auxquels ont droit actuellement le médecin de petite ville ou le malade peu fortuné.
Trouver un traitement facile à appliquer, peu coùteux, efficace, ‘le vulgariser s'il existe déjà; tel est le but que nous nous sommes proposé.
La fréquence des brûlures, surtout des brûlures superficielles et étendues, qu'accroit tous les jours extension de nos centres industriels et miniers, le plus souvent situés loin de grandes villes et réduits
re aux propres ressources de leur médecin attitré, justifie encore notre préférence pour ce sujet.
C'est encore une des raisons qui nous ont fait limiter notre choix au traitement des brûlures superticielles, les seules que mentionne le titre que nous avons choisi; ce sont les plus fréquentes, les plus graves et celles dont la thérapeutique paraisse surtout susceptible d'une application nouvelle ou peu connue tout au moins. Quant aux brûlures plus profondes, celles qui ne guérissent qu'après l'élimination d'eschares, il n’y a guère lieu de modifier leur traitement qui rentre dans celui des plaies bourgeonnantes, septiques ou non, et doivent être traitées par une bonne antisepsie aujourd'hui répandue et heureusement pratiquée. Er
Au cours de nos visites à l'hopital de la Pitié et dela Charité où nous fréquentions les leçons si suivies du professeur Tillaux, nous avons vu traiter uniformément par son chef de clinique (tant dans le service qu’à la consultation externe) les brûlures qui nous occupent par les solutions saturées d'acide picrique, et les résultats en ont été si. remarquables, M. le professeur Tillaux lui-même les à accueillies avec un tel intérêt que nous avons entrepris de formuler un traitement des brûlures superficielles ea nous basant sur ces recherches auxquelles M. Thiéry a bien voulu nous associer en nous communiquant les résultats qu'il avait obtenus dès 1886. Nous limiterons donc après ce court exposé notre étude au traitement des brûlures superficielles par l'acide picrique, mais chemin faisant nous
nous permettrons quelques remarques sur la valeur probable de cet {agent thérapeutique,
Avant de commencer cette étude que nous chercherons à rendre complète en y joignant quelques considérations d'ordre chimique et pharmaceutique, nous désirons acquitter la dette de reconnaissance, que nous avons largement contractée au cours ée notre séjour à la Faculté de Paris. Nous remercions ici tous nos maîtres dans les hôpitaux, tant ceux qui nous ont guidé au début de nos études que ceux qui nous ont encore récemment si bienveillamment admis dans leur service et aidé de leurs conseils. M. le professeur Tillaux nous a fait le grand honneur de vouloir bien présider notre thèse, qu'il daigne recevoir toute l'expression de notre vive reconnaissance.
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