‹ Traitement des Dents Infectées et de Leurs Complications Infectieuses Péri-ApicalesChapitre 22 sur 24 · F CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

F CONCLUSIONS

I. — En aucun cas on ne doit conserver dans la bouche une dent ou une racine infectée que l’on ne voudra pas traiter et, à plus forte raison, les laisser sous un appareil de prothèse. Toute dent infectée, utile pour la mastication, l'esthétique faciale et la phonation et matériellement utilisable mérite d'être conservée et peut l’être dans la majorité des cas si l’on procède méthodiquement.

Procéder méthodiquement, c'est connaître les lésions que l'on doit soigner et leur appliquer le traitement dont

elles sont justiciables.

IT. — La connaissance des désordres anatomo-pathologiques sera établie par un diagnostic précis.

Le diagnostic sera fait par :

a) L'examen clinique. Mais en dehors de quelques cas où l’on trouvera tous les symptômes susceptibles de déterminer le diagnostic : tumeur et crépitation parcheminée d’un kyste, écoulement du liquide kystique, par exemple, l'examen clinique nous laisse dans l'ignorance des désordres anatomo-pathologiques péri-apicaux. On

peut remédier à cette insuffisance de la clinique par :

b) L'eramen radiographique qui permet de diviser les

« quatrièmes degrés » en :

1° « Quatrièmes degrés » simples sans complication

aucune ;

2° « Quatrièmes degrés » compliqués :

A) Par un abcès simple avec poche abcédée péri-apicale. B) Par une nécrose radiculaire et osseuse.

c) Par un kyste radiculaire.

La fluxion et la fistule ne doivent pas être considérées comme des complications autonomes, mais comme une manifestation des complications et peuvent accompagner tous les « quatrièmes degrés » compliqués.

HT. — J1 est ainsi possible de déterminer dans une certaine mesure le mode de traitement convenant au cas envisagé. c

Nous avons deux moyens de combattre l'infection den-

taire :

a) Le traitement ordinaire de nettoyage et de désinfection per le canal. Les cas qui en sont justiciables sont : 1° Les « quatrièmes degrés » sans complication.

»° Les « quatrièmes degrés » compliqués d’une poche abcédée sans nécrose radiculaire ; encore faut-il que

cette poche n'ait pas creusé l'os d’une trop vaste cavité.

b) La cure radicale et nous donnons la préférence à la

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cure radicale par cureltage alvéolo-radiculaire selon Ja méthode du D' M. Roxy. Les cas qui en sont justiciables sont :

1° Les « quatrièmes degrés » non guéris par le traitement ordinaire.

2° Les « quatrièmes degrés » compliqués de nécrose radiculaire.

3° Les cas compliqués d’un kyste radiculaire.

3° Les faux canaux provoqués par une manœævre opératoire, non guéris par le traitement habituel des canaux infectés.

Le curettage alvéolo-radiculaire doit être pratiqué d'emblée, ce qui facilite beaucoup Flanesthésie dans les

cas de nécrose radiculaire et de kyste radiculaire.

IV. —- Le traitement ordinaire, par le canal, quelle que soit la technique employée, doit comprendre, pour être complet, deux opérations : le nettoyage mécanique et la désinfection.

On peut se heurter à des difficultés telles que : une coudure, l’étroitesse, la division ou la ramification des canaux à traiter. Il faut tâcher de les vaincre par les moyens que nous avons à notre disposition ; en cas d'impossibilité la conservation de la dent peut être obtenue tout de même par sa stérilisation à l’aide de puissants désinfectants. Nous n'avons pas l'expérience du procédé de traitement par la méthode argentique, mais si l’on en croit son auteur, elle doit pouvoir rendre service particuliè-

rement dans les cas de canaux divisés ou ramifiés,

V. -— Après une mise en observation sous pansement hermétiquement clos, l’'obturation des canaux sera l'opé: ration finale. On ne devra la pratiquer qu'après la constatation de la persistance des signes de guérison qui est réelle si la dent « n'a provoqué aucune douleur depuis le . « pansement hermétiquement clos : si elle n'offre au- « cune douleur à la percussion, laquelle donne un son « clair: si elle n’est pas mobile ; si le pansement ultime « ne présente aucune odeur pathologique ; si les canaux « ne contiennent aucune sécrétion pathologique » (D' M. Rox).

L'obturation des canaux doit être complète et obtenue par une substance antiseptique et jouissant de la pro-

priélé de devenir solide.

VI. — Le curettage alvéolo-radiculaire est une méthode dont nous avons pu apprécier l'excellence et que nous appliquons d'emblée dans les cas qui en sont justiciables, sous couvert d’une rigoureuse propreté chirurgicale. Elle permet la guérison absolue du foyer infectieux péri-apical et la conservation certaine de la dent, résultats incertains dans les cures radicales par la résection apicale ou par l'extraction suivie de la réimplanta-

tion.

VIT. — Les contre-indications au traitement des « quatrièmes degrés » sont les états de moindre résistance causés par une affection d'ordre général qui rend l'individu

plus où moins impuissant à lutter contre l'infection.

VIIT .— En préconisant la méthode conservatrice lors. qu'elle n'est pas contre-indiquée, nous ne faisons qu'appliquer un principe actuellement en honneur en chirurgie générale. Et nous ne croyons pas qu'il soit plus dangereux de conserver une dent ayant été précédemment infectée, que de conserver un membre qui aurait

été atteint d'un phlegmon, par exemple,

Vu : Le Président de la Thèse :

SEBILEAU.

Vu : Le Doyen :

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