PRÉLIMINAIRES
Nécessité d’une bonne dentition.
La nécessité d’une bonne dentition est bien reconnue : la nutrition générale en dépend ainsi que la parole et l'esthétique du visage.
L’insuffisance de la mastication, premier temps de la ‘digestion, est une cause de troubles digestifs. Il est un « coefficient dentaire » au-dessous duquel un individu ne saurait descendre sans compromettre sa mastication. Ce coefficient est élabli par l’ensemble des dents qui rencontrent leurs antagonistes. Avant cette guerre, les édentés étaient justiciables de la réforme militaire ; puis on s’avisa qu'il suffisait de leur donner les soins nécessaires et de les munir d'appareils masticateurs pour les rendre « aptes » ! De là, naquirent les centres dentaires attachés
à l’armée : tout homme qui ne présentait pas un coeffi-
cient suffisant était muni d'appareils de prothèse après -une préparation de la bouche. Mais, dans ces services, on avait le davier un peu trop facile et nombre de dents ont été extraites qui auraient pu être conservées : il n’était pas indifférent que le soldat mastiquât avec ses propres dents ou avec un dentier dont l'entretien était presque impossible en tranchées, et qui, par suite, devenait la cause de caries dentaires et d’affections muqueuses.
Les chanteurs, les orateurs, apportent l'attention qu'elle mérite au bon état de leur denture. Les sifflements dans la prononciation proviennent des vides produits par l’absence de dents ou par un diastème naturel trop accentué. La caisse de résonnance qu'est la cavité buccale se trouve modifiée par la moindre transformation : affaissement alvéolaire à la suite d’extractions ; changements de forme et de dimensions dus à des appareils de prothèse. Lorsque les joues, les lèvres ne sont plus soutenues par une mâchoire intacte, le visage se creuse et les rides s’ensuivent : c'est avec raison qu'une belle denture doit être
regardée comme une précieuse parure.
[4 - 4 LI Ircorvénierts des extractiors.
Or, une bonne denture résulte de l’état de chaque dent en particulier. il ne faut donc pas pratiquer l'extraction sans discernement ; nous dirons un mot des conséquences qui peuvent en résulter, soit chez les jeunes sujets, soit
chez les adultes.
Chez les premiers, les extractions hâtives sont funestes
pour le développement normal des maxillaires, l'emplacement des dents permanentes et, par suite, pour l’articulation définitive, point capital, puisque d'une bonne aticulation dépendent la mastication et l'esthétique faciale, sans parler de la prédisposition à la carie que présentent spécialement les dents en malposition.
Chez les adultes, les dents isolées subissent à la longue un déplacemert plus ou moins marqué : il est courant de voir des molaires déviées et déchaussées, parfois même complètement couchées par suite de l’absence de leurs voisines ; des incisives disjointes et laissant entre elles des espaces disgracieux. C’est une erreur de croire que le vide produit par l’ablation d’une dent sera comblé naturellement par sa voisine ou d'enlever une dent pour
faire place à une autre. Le D' M. Roy signale comme
cause d'altération pulpaire sans carie le traumatisme ,
‘chronique résultant de l'engrènement anormal] des dents ainsi déplacées, fait que nous vérifions quelquefois dans e
la pratique journalière.
Quelle est la cause ordinaire des extractions ?
C'est la dent infectée et ses complications : le malade vient nous trouver parce qu-il souffre ; il à observé qu'une de ses dents est particulièrement cause de cette douleur et présente des phénomènes tels qu'un changement de coloration et de la suppuration. On ne calme pas cette douleur comme on calme celle qui
accompagne la dénudation d’une pulpe vivante : il est
souvent difficile de se rendre maître de la suppuration. Aussi la possibilité de conserver une dent infectée a-t-
elle été mise en question.
Peut-or et doit-oôr conserver une dert irfectée ?
Cetie question soulève actuellement des polémiques assez curieuses aux Etats-Unis, où, par crainte de complications infectieuses possibles, locales et générales, on extrait systématiquement non seulement les dents atteintes d'infection mais aussi les dents dévitalisées à la suite d’une simple pulpite |
En France, ces idées outrancières n’ont pas eu jusqu'ici de succès ; en Amérique même, on tend à revenir làdessus, car elles avaient été poussées à un tel degré qu'elles avaient fourni matière à des chansons comiques, comme nous l’a rapporté M. G. Vizaix. M. le D’ Roy
. signale toute l’exagération de ces idées dans son travail sur le Traitement des dents infectées, au récent Congrès de Strasbourg.
Cette opinion comporte une part de vérité : 1° pour ce qui est des complications infectieuses déjà étendües d’ordre local telles que la sinusite maxillaire ou le phlegmon diffus : on ne saurait conserver la dent infectée causalé dont l'extraction s'impose comme l’amputation d’urgence d'un membre que des soins trop tardifs ne per: mettent plus de préserver d’une gangrène gazeuse ; 2° il
est fort possibie également que le microbe, issu d'un