‹ Traitement des Entérites Chroniques: Par Les Injections Sous-Cutanées D'Eau De MerChapitre 32 sur 60 · OBSERVATION. VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION. VI

Enlérile muco-membraneuse évoluant depuis huil ans à la suile d’une grossesse, conséculive à de la constipalion el à de la nervosilé durant depuis l'enfance {constipation d'intensulé moyenne avec débâcles, muco-membranes, douleurs abdominales en régression). Dyspepsie. Neurasthénte.

Trailement : 3%'injeclions de 30 à 150 ce. — Disparilion de lous les troubles, persistant sepl mois après cessalion dix trailement.

Mme V..., 31 ans, ménagère.

HéÉRéDiTÉ. — Père bien portant; mère constipée; une sœur bien portante; un frère mort à 25 ans de fièvre typhoïde.

ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Assez bonne santé dan: l'enfance, mais déjà conslipalion el nervosité légères avec troubles gastriques intermittents. Réglée à 11 ans, réguliérement. Fièvre typhoïde à 14 ans.

Trois grossesses : la première normale à 18 ans (enfant

bien portant); la deuxième à 21 ans, fausse couche de six mois; la troisième à 23 ans (enfant bien portant).

Pendant la troisième grossesse, les troubles gastriques intestinaux et nerveux s’exagèrent brusquement, sans douleurs abdominales, et demeureront depuis lors jusqu’à ce jour à peu près stationnaires.

Les douleurs débutent seulement après la grossesse. Les muco-membranes apparaissent à une date indéterminée.

A la suite de la grossesse, salpingite, opérée il y a deux ans. L'opération détermine la disparition à peu près complète des douleurs abdominales. Les troubles nerveux sont aussi nettement améliorés pendant deux mois, puis reviennent à l’état antérieur.

Etat avant le traitement.

ÉTAT GÉNÉRAL ET NERVEUX. — Affaiblissement marqué ; peut cependant faire son ménage et soigner ses enfants sans grande fatigue. Dyspnée d'effort. Bon sommeil, mais fatigue au réveil.

Trislesse constante, idées noires; pas de crises de larmes. Emotivité très vive. Colères fréquentes à la moindre observation. Palpitations de cœur.

Céphalées frontales à peu près quotidiennes, peu violentes, mais-pourtant assez pénibles.

APPAREIL DIGESTIF. — Appétit médiocre, mange peu et sans régime.

… Troubles gastriques : Après tous les repas, matin et soir, se produit immédiatement un état de malaise général très pénible accompagné de gonflement épigastrique, d’étouffements, de somnolence, de sensation de faim. Moins régulièrement, mais encore assez fréquemment la malade éprouve en outre des brûlures d’estomac et elle a des régurgitations ‘abondantes. Ces troubles se prolongent après déjeuner

jusqu’à 5 heures du soir environ; et, après le diner, pendant une heure ou deux.

Elat intestinal : La malade prend chaque jour un laxatif léger. Elle va alors dans la journée trois ou quatre fois à la selle. Les selles sont très liquides, jaunes, accompagnées d'une petite quantité de glaires et parfois de peaux. Si elle interrompt les laxatifs (essai fréquent), elle reste trois ou quatre Jours sans selles et a ensuite une selle dure et-peu abondante; en même temps les troubles nerveux s’accentuent. De temps à autre, irrégulièrement, se produit une crise de diarrhée durant une journée, avec une dizaine de selles.

Les douleurs abdominales ont beaucoup diminué depuis l’opération de salpingite. Pourtant quelques crises de temps à autre. Mais la défécation est toujours accompagnée de coliques assez violentes.

À l’examen de l'abdomen la palpation ne révèle qu’une sensibilité exagérée à la pression du creux épigastrique.

La malade recoit, du 11 novembre au 31 mars, 39 injections de 30 à 150 cc. Aucune médication adjuvante. Pas de régime alimentaire. Suppression des laxatifs.

Disparition immédiate de la constipation, avec récidive temporaire et crises de diarrhée en cours de traitement, puis disparition définitive. Disparition des muco-membranes après la 15e injection (150 cc.), avec récidive pendant deux jours. Amélioration progressive et disparition des troubles gastriques e6 neurasthéniques.

Du 11 au 22 novembre. 3 injections de 30, 50, 75 ec. — Selles quotidiennes dès l’institution du traitement. Le ?1, douze selles diarrhéiques ; le 22 quatre selles diarrhéiques, muco-membranes abondantes. États gastrique et nerveux non modifiés.

Du 22 novembre au 6 décembre. 4 injections de 100 ce. — Récidive de la constipation. 6 selles en quinze jours dont deux obtenues seulement à l’aide de lavements, mucomembranes persistantes.

Néanmoins, pendant cette période, les symptômes gastriques ont notablement régressé et la malade se trouve moins nerveuse, plus gaie.

En raison de la réapparition de la constipation, on redescend aux doses de 50 ce.

Du 6 décembre au 13 janvier. 11 injections de 50 ce. —, Depuis le 7 décembre, les selles sont quotidiennes et n’ont pas manqué un seul jour. A trois reprises, deux selles dans la journée. Les muco-membranes ont peu à peu régressé et sont disparues complètement depuis là fin de décembre. Les douleurs abdominales ont complètement cessé. Les troubles gastriques sont très diminués. Ils ne se produisent plus qu'un jour sur deux en moyenne et sont beaucoup moins forts qu'’autrefois. Etat moral très amélioré. Pas de céphalées.

Du 13 au 17 janvier. 1 injection de 90 cc. — Pendant quatre jours, crise de diarrhée, sans cause appréciable; quatre à six selles par jour avec muco-membranes; douleurs abdominales assez vives. L'état gastrique et nerveux reste pourtant assez satisfaisant. .

Du 17 janvier au 3 février. 5 injections de 50 ce. — Selles quotidiennes sans diarrhée ni muco-membranes. L'état reste le même qu'avant la crise du 13 janvier.

Du 3 février au 31 mars. 15 injections. 5 à 100 ec. 10 à 150 ce. — Depuis l’augmentation des doses, l’état s’est rapidement amélioré. Les selles sont quotidiennes, sans aucune irrégularité. Pas de muco-membranes, pas de douleurs abdominales. Les troubles gastriques ont complètement disparu depuis quinze jours, et ne se sont pas reproduits, malgré quelques excès alimentaires. L'état général

et nerveux est très amélioré : les forces sont bonnes, toute tristesse a disparu et la malade se trouve même plus gaie qu’elle n’a jamais été dans sa vie. Les colères sont rares. Les maux de tête n’ont pas reparu depuis le milieu de décembre.

En définitive, l’apparence de la guérison est complètement obtenue.

Période postérieure au traitement.

La malade revue le 2 novembre, sept mois après l’interruption du traitement, reste dans un état excellent.

OBsERVATION VII.

Enlérile muco-membraneuse datant de sepl mois (constipalion moyenne, muco-membranes abondantes, douleurs abdominales au début de l’affeclion, disparues). Dyspepsie, asthénie, dysménorrhée.

Trailement : 31 injections de 30 à 150 cc. — Disparilion complèle de tous les troubles.

Mme G..., 29 ans, laitière.

HÉRÉDITÉ. — Père et mère morts tous deux de cancer de l’estomac (?); 8 frères et sœurs bien portants.

ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Aucune maladie.

Il y a sept mois, après un état d’affaiblissement durant depuis un mois, la malade est prise brusquement d’une diarrhée sanglante et de douleurs abdominales violentes, prédominantes dans la fosse iliaque droite. Ces accidents disparaissent en huit jours, mais sont suivis de constipation avec muco-membranes et de troubles gastriques persistants.

Régime des purées et pâtes alimentaires depuis 6 mois.

MU on

Etat avant le traitement.

ÉTAT GÉNÉRAL ET NERVEUX. — Grande faiblesse; fatigue dans la marche, fatigue au réveil. État nerveux normal.

APPAREIL DIGESTIF. — Appétit faible.

Troubles gastriques : Une à deux heures après chaque repas, brûlures vives à l’épigastre, avec exacerbation nocturne. Pas de vomissements.

Constipalion : Prend des lavements pour aller à la selle; sinon, reste trois à quatre jours sans selles. Seiles dures, en billes, de petit volume, accompagnées de glaires et de membranes abondantes. Les selles n’ont subi aucune modification depuis six mois. Jamais de diarrhée ni de mélœna depuis la première crise.

Pas de douleurs abdominales depuis cinq mois.

APPAREIL GÉNITAL. — Règles douloureuses depuis plusieurs années. Toujours en avance de cinq jours. Diminuées et décolorées depuis six mois. Pertes blanches abondantes, anciennes.

La malade reçoit, du 7 janvier au 20 mai, 31 injections de plasma de Quinton, de 30 à 150 cc.

Aucune médication adjuvante. Suppression des lavements.

Disparition progressive de la constipation et des troubles gastriques entre la seconde et la cinquième injections. Récidive temporaire de la constipation en cours de traitement. Retour des forces. Disparition de la dysménorrhée.

Du 7 janvier au 1e février. 5 injections : 1 de 30 ec., 4 de D0 cc. — La constipation a diminué progressivement à partir de la seconde injection. A la fin de la période, selles quotidiennes sans lavements. Les glaires et membranes ont, disparu. Les brûlures d'estomac sont très diminuées.

Elles n’ont pas reparu depuis trois jours. Forces très augmentées sans être pourtant complètement revenues à l’état antérieur.

Du 1®% au 25 février. 6 injections de 100 ec. — Selles quotidiennes. Troubles gastriques disparus. Très bon état général. Règles le 15 février, sans aucune douleur.

Jusqu'ici, la malade est restée au régime des pâtes; elle se remet à un régime normal, avec viande et légumes.

Du ?A février au 4 mars. ? injections de 100 cc. — Depuis la reprise de l'alimentation normale, la malade ne va que tous les deux jours à la selle, elle se remet aux pâtes.

Du 4 au 11 mars. ? injections de 150 cc. — N'a plus de selles spontanées, doit reprendre des lavements. Le 8, le lavement n’a ramené que des glaires et un peu de sang. Les douleurs d'estomac n’ont pas reparu. L'état général reste assez bon.

Du 11 au 22 mars. ? injections de 150 cc. — Depuis le 11, selles spontanées tous les deux jours. Muco-membranes très diminuées. Les digestions et les forces sont toujours satisfaisantes.

La malade cesse de nouveau tout régime.

Du 22 mars au 20 mai. 14 injections de 150 ce. — Pendant cette période, l’état est demeuré toujours satisfaisant malgré un retour progressif à une alimentation normale.

Selles quotidiennes, sans muco-membranes. Digestions très satisfaisantes. Bon état général.

Les règles, depuis le début du traitement, n’ont jamais été douloureuses,

OBsSERVATION VIII.

Entérile muco-membraneuse évoluant depuis dix ans, à la suile d’une grossesse (conslipalion forle, muco-membranes abondantes, douleurs abdominales vives). Neuraslhénie depuis deux ans.

= 8 = Trailement : 26 injections de 30 à 300 cc.— Persistance de

la constipation. Disparilion des muco-membranes, des douleurs abdominales él des troubles neurasthéniques.

Mme H..., 34 ans, ménagère.

HÉrÉDITÉ. — Père mort bacillaire à 53 ans; mère bien portante ; 4 frères, tous en bonne santé.

ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Assez bien portante dans la jeunesse. Réglée à 14 ans. Mariée à 24 ans.

De 24 à 30 ans, quatre grossesses dont deux fausses couches : un seul enfant vivant. Un mort d’entérite à deux mois. Les autres mort-nés.

Les troubles intestinaux débutent avec la première grossesse et augmentent à chacune des suivantes. Ils sont stationnaires depuis, sauf une crise de très violentes douleurs abdominales à 32 ans.

Affaiblissement progressif, surtout depuis deux ou trois ans. Neurasthénie depuis deux ans, faisant suite à une nervosité déjà vive.

Etat avant le traitement.

ETAT GÉNÉRAL ET NERVEUX. — Etat de faiblesse, fatigue constante. Sommeil coupé de cauchemars. 4

Trislesse profonde depuis deux ans. Idées de suicide, crises de larmes journalières. Emotivité vive. Pas d'irritabilité.

Céphalées autrefois fréquentes, maintenant rares.

APPAREIL DIGESTIF. — Assez bon appétit. Aucun régime. Pas de troubles gastriques habituels, mais les excès alimentaires, même légers, sont suivis de nausées, de vomissements, de céphalées.

Les troubles inieslinaux sont constitués par de la constipation, le rejet de muco-membranes et des douleurs abdominales. |

HS

Conslipalion. Pas de selles spontanées. Prend tous les * trois Jours environ un lavement de deux litres qui ramène des matières complètement délayées, jaunes, accompagnées de peaux et de glaires abondantes. Les laxatifs déterminent de violentes douleurs abdominales. Fréquemment, la malade reste cinq ou six jours, parfois huit, sans prendre de lavements, et n’a alors aucune selle.

Douleurs abdominales, presque tous les jours, généralisées -à tout l’abdomen. La défécation est accompagnée de violentes coliques.

A l’examen de l’abdomen on constate une paroi flasque. Le côlon n'est nulle part perceptible à la palpation. La palpation est légèrement douloureuse à droite, sans point appendiculaire. Néphroptose droite.

APPAREIL GÉNITAL. — Règles normales, sauf une légère douleur au début.

La malade recoit, du 14 mars au 16 juin, 28 injections de plasma de Quinton de 30 à 300 cc. Aucune médication adjuvante. Pe

Constipation persistante, disparition des muco-membranes et des douleurs abdominales vers la huitième injection (125 cc.). Amélioration progressive et disparition des troubles neurasthéniques.

Du 12 mars au 28 mars. 6 injections : 1 de 30 cc., 2 de 50 ce, 2 de 79 ce., 1 de 100 cc. —Etat stationnaire. Un lavement tous les quatre jours.

Du 28 mars au 4 mai. 10 injections : 7 de 195 cc., 3 de

150 cc. — Constipation toujours identique, mais disparition à peu près complète des muco-membranes. Pas de douleurs abdominales depuis le 5 avril. Amélioration progressive de l’état général et nerveux. Beaucoup plus de forces; toujours

ne Dee

un peu de tristesse, mais disparition des idées de suicide el des crises de larmes (pleurs le 3 et le 21 avril).

Du 4 mai au 16 juin. 12 injections : 4 de 150 ce., 2 de 200 cce., 2 de 290 ce., 4 de 300 ce. — Etat intestinal identique. Selles seulement tous les quatre à six jours avec la-

vements. Ni muco-membranes, ni douleurs abdominales. L'état général a continué à s’améliorer, et est devenu excellent depuis quinze jours environ. La malade se sent forte et gaie autant, dit-elle, qu’il y a dix ans, avant d’être malade ; un seul trouble persiste : les maux de tête qui reviennent à longs intervalles.

Interruption du traitement par suite d’un départ en voyage.

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