HISTORIQUE
C’est à Pasteur dont les travaux sur le charbon et le choléra des poules montrèrent comment peut s’acquérir l’immunité que nous devons la première application scientifique de la vaccination.
Et c’est Roux, après que Chantemesse et Widal eurent réalisé, en 1887, la vaccination antityphoïdique préventive sur des animaux, qui conseilla la même année d'essayer le vaccin à titre curatif sur les Typhiques.
Suivi seulement par Fraenkel qui, à Hambourg, en 1893, traita 57 malades en leur injectant des cultures de bacilles typhiques chauffées à 630 avec 52 guérisons, puis par Wright, en Angleterre, en 1896, et par Pfeiffer et Koll en Allemagne, on ne retrouve que quelques rares essais de 1004 à 1007, et il faut attendre jusqu’en 1912-1013 pour que des communications sur l’emploi d’une méthode née en France vingt-cinq ans plus tôt soient faites à la Société médicale des Hôpitaux.
Puis les essais se multiplient, si bien qu’en 1914 on peut trouver 146 auteurs qui ont soigné un total de plus de 2000 typhiques par la vaccinothérapie.
‘ Enfin au cours de la guerre, et depuis, la vaccinothérapie, a pris un essor considérable et les résultats obtenus, ont fait l’objet de nombreux travaux : nous ne citerons que les noms de Von Koryani, Goldscheider et Korbsch, en Allemagne, ceux de Cuddy, en Angleterre, de Gay, de Williams, de Whittington, en Amérique, de Caronia, de Salvetti, de Bozzolo et Fanziol, en Italie, de Mery, Rathery, Vallée-Bazy, Rouslacroix, Sezary, Michel, Mauté, Ranque et Senez, et il y a quelques mois, Pilod en France. Enfin des thèses, parmi lesquelles celles de Pruvost, Gauchery, Thibault, Durand, Dubarry, Creuze, à Paris, de Reveilhe, d’Amaladassou, à Montpellier, de Chanes, de Bernard, à Lyon, de Dore à Toulouse, et de Martin à Bordeaux.
20 LES DIFFERENTS VACCINS ANTIT YPHIQUES:
Un vaccin est un antigène formé de toxines adhérentes à des corps microbiens (cultures totales de microbes — vaccin microbien, ou bacil laire) ou de toxines simples, si l’on a filtré ou dissous les corps microbiens (produits d’extraction de microbes — extraits bacillaires ou autolysats).
Donc deux grandes classes : dans l’une et l’autre, le vaccin peut avoir comme souche d’origine le microbe personnel du malade (autovaccin) ou des colonies microbiennes sélectionnées d’avance (stock vaccin). Enfin, il est monovalent ou polyvalent suivant qu’il contient une ou plusieurs races de bacilles.
Les vaccins antityphiques sont habituellement préparés avec les bacilles d’une hémoculture; signalons cependant que d'Œlnitz conseille les auto-vaccins d’origine intestinale préparés avec les espèces microbiennes des selles du malade et comprenant en proportion variable les espèces prédominantes.