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Poe. Observ. N°9 3. — Profil avant la réduction — de profil : un écrasement cunéiforme à base posté:
! Fe vue rieure avec grosse angulation rachidienne {120° environ).
La fracture du membre inférieur droit est appareillée le lendemain ; trois jours après, on appareille le membre gauche.
La fracture du rachis est traitée le 27 novembre, soit huit Jours après l'accident. à
FiG. 9. — Observ. N° 3. — Profil après la réduction
La réduction faite comme d'habitude, sans anesthésie, occasionne une très légère et très supportable douleur.
Les radiographies de contrôle, faites le lendemain, montrent :
— de face
Une reconstitution de l’axe rachidien : et une réapparition totale du disque L, - L,, ce qu’on peut considérer comme le test d'une réduction parfaite.
Un petit fragment, en haut et à droite, reste détaché, mais le reste de la vertèbre a retrouvé une hauteur presque normale.
-— de profil :
Une disparition de l’angulation rachidienne : une reconstitution de la vertèbre, qui serait parfaite si le petit fragment supérieur n’était un peu déplacé en avant.
En résumé, réduction idéale de la fracture, et cliniquement, nous constatons une disparition progressive mais 10tale de la paraplégie, en trois semaines environ.
Le 8 janvier 1936, soit 6 semaines après la réduction, nous refaisons des clichés radiographiques qui montrent exactement le même aspect que le 28 novembre 1935.
Le plâtre est enlevé le 27 janvier 1936, donc deux mois exactement après la réduction. Le malade reste encore 15 jours à l'hôpital, sur un plan résistant (une planche glissée sous son matelas), puis sort le 9 février, guérie de sa fracture du rachis et des fractures du membre inférieur gauche. Elle a encore un Delbet de marche à droite. Elle reste 15 jours allongée chez elle, puis part à la campagne. Elle revient le ® avril se faire enlever son Delbet et ne signale rien d’anormal.
Le 10 avril, elle veut faire — et cela pour la première fois — un effort physique d’une certaine importance, et soulève un seau d’eau contenant environ 3 à 4 litres d’eau. Flle ressent brusquement une douleur modérée dans le rachis, avec sensation de craquement et vertige violent. On est obligé de l’étendre ; un médecin, appelé d'urgence, ne constate rien d’anormal extérieurement. Insistons sur le fait que cet accident est demeuré isolé. Ultérieurement, la malade reprit ses efforts et actuellement elle soulève des fardeaux très im-
portants, sans aucun trouble.
Les 00e
Le 29 octobre 1936, elle est bousculée par une auto et cle tombe sur le côté droit. Elle ne peut plus se relever, et lransportée à l'Hôtel-Dieu, on lui fait des injections de novo-
caine sans résultat. On lhospitalise pour quelques jours et on
FENO M Observ No PP of] 13 mois après la réduction
en profite pour refaire, le 30 octobre, des radios vertébrales qui, à notre grande surprise, révèlent :
-— sur le cliché de face : exactement la même lésion qu'au moment de l'accident ; même tassement, même angulation à droile, même suppression du disque L, - L,.
— sur le cliché de profil : exactement le tassement cunéiforme que l’on observait avant la réduction.
Or cliniquement, la région dorsale paraît normale et on ne sent aucune gibbosité. Nous insistons sur cette discordance paradoxale entre les signes cliniques et les signes radiographiques, parce que nous la retrouverons chez la malade de notre 5° observation, et parce que cela permet de soulever des réserves sur l'appréciation purement clinique des résultats d’un traitement quel qu'il soit, de fracture rachidienne.
Notre malade accuse actuellement de petits troubles 1rophiques dans la jambe droite en relation avec sa fracture ancienne ei son entorse récente, mais elle est très salisfaite de son rachis et n'admettrait pas l’éventualité d’une ostéo-
svnthèse de consolidation.
(Docteur HuErT)
M. X..., est blessé en septembre 1934 et l’on constate une fracture du rachis au niveau de L,, avec paraplégie complète. La réduction fut obtenue en décubitus dorsal, sur une table de bois ordinaire, en soulevant le blessé par l'appareil de Sayre auquel était accroché une bande de toile passant sous la région dorso-lombaire. La bande fut abandonnée dans le plâtre. Huer employa l’anesthésie générale à l’éther et obtint la réduction sans ressaut.
Les clichés de contrôle montrèrent une excellente réduction,
mais les troubles nerveux persistèrent, et le malade succomba
— Nf —
huit jours plus tard avec des vomissements et du ballonnement abdominal. L'autopsie ne put être faite et on ne put préciser si le blessé avait une lésion surajoutée, abdominale
ou autre.
OBSERVATION N° 5 (Docteur René BLocu) Mme P.., 42 ans, au cours d'une crise de dépression ner-
veuse d'origine éthylique, se jette par la fenêtre d'un premier étage, le 7 novembre 1935.
Elle est transportée à Sainte-Anne, et le Docteur René BLoca constate une fracture banale de Dupuytren, à gauche, qui guérira dans les délais normaux, et une fracture assez curieuse du corps de L,.
La vertèbre, sur la radiographie de face, à perdu la moitié de sa hauteur, et le rachis sous-jacent est très légèrement dévié à droite.
La radiographie de profil montre un trait de fracture fron- (al, coupant la vertèbre en deux sur presque toute sa hauteur, sauf la corticale inférieure. Le fragment antérieur. plus étroit que le postérieur, à basculé en avant et est venu se placer en avant du corps de L,. Il existe une forte angulation, de 130° environ, ouverte en avant, entre les vertèbres sus et sous-jacentes. La blessée présentait de plus une incon- {inence absolue d'urine, et une paralysie partielle du membre inférieur droit, avec abolition des réflexes tendineux.
Le Docteur René Brocx réduisit la fracture le 20 novembre 1935, soit 13 jours après l’accident, par la méthode de SÉNÈQUE et Sicarn. L'appareil plâtré fut gardé trois mois, puis enlevé en février 1936, et la malade porta ensuite jusqu’en octobre un corset orthopédique.
IT n'était pas question, devant ses troubles psychiques, de lui faire exécuter le traitement fonctionnel, mais la durée de
la contention fut suffisamment longue pour qu'on pût espérer un bon résultat.
En effet, l’incontinence d’urine cessa aussitôt après la réduction, et la radiographie révéla une réduction presque parfaite des lésions. Si la radiographie de face ne fut pas
RC" Observ. No 5. Profillavant la réduction
faite, la radiographie de profil montre que là vertèbre à retrouvé toute sa hauteur ; le fragment antérieur est revenu à sa place normale. Seule le disque L, - L, paraït effacé.
La paralysie rétrocède rapidement, mais pas complètement