I. B..., 22 ans, cultivateur
Le 23 août 1929, fait une chute de bicyclette et tombe sur la face ; ne perd pas connaissance. Envoyé à Lyon, où il est soigné tout d’abord à l’infirmerie de porte de l'Hôtel-Dieu, on le dirige ensuite sur le service d’'O. R. L. -
Le 24-8-29, à l'examen :
Plaie contuse du front, encoche sur le dos du nez au niveau de la jonction des os propres avec le frontal, Nez en Lorgnetle.
Ecchymoses en lunette des deux orbites.
Fracture alvéolaire médiane et des quatre incisives du maxillaire supérieur. |
Plaie par section très nette du bord gauche de la langue.
A la rhinoscopie, obstruction complète de la narine droite.
Le 24-8-29, anesthésie au kelen (Freidel-Bouchayer).
Réduction de la fracture du nez avec les pinces, tamponnement avec des mèches d'huile goménolée. Suture de la langue.
Le 26-8-29, ablation des mèches et mise en place du casque. Les fils de suture de la langue n’ont pas tenu avec des fils de soie, On fait un capitonnage de la langue.
Le 2-9-28, ablation du casque.
Le 4-9-29, le bord gauche de la langue n’a pas encore pris. On fait un nouveau capitonnage après anesthésie du lingual.
M. B.., 22 ans. Photographie prise le 24 août 1929, le lendemain de l'accident et avant le traitement. On distingue une encoche au niveau des os propres du nez. Il y a peu d’œdème. Il s’agit d’un cas typique de fracture simple des os propres du nez, donnant des déformations immédiates relativement minimes.
À Da ee LE FIG 012;
M. B... Appareil de contention le lendemain de la mise en place. 27 août 1929.
Le 6-9-29, le malade aqu'tte le service. Excellent résultat au niveau du nez ; pas de déformation et très bonne respiration. La langue a repris dans sa presque totalité, sauf un peu sur le bord libre.
Revu le 10 février 1933 : très bon résultat éloigné. Aucune gêne respiratoire. Ni déformation, ni cicatrice nasale.
Avant de citer les observations des deux malades qui ont eu un bon résultat immédiat, non maintenu plusieurs années après l'accident, nous signalons de suite qu'il s'agit de cas non traités précocement et non immobrlisés le temps voulu. Ces malades ont quitté l'hôpital contre notre gré, et ne sont pas revenus faire vérifier les suites de la contention, comme il leur avait été indiqué.
Voici ces deux observations :
OBsERvVATION IV
Fracture du nez. Fracture du maxillaire supérieur (fr. Guérin). Fracture du maxillaire inférieur (paramédiane). Large plaie du front. (Fig. 17, 18, 19, 20).
M. B.., 18 ans, manœuvre ; à la suite d’une chute de bicyclette survenue le 15 septembre 1929, a présenté des lésions multiples de la face, la tête ayant porté la première directement sur le sol. Perte de connaissance immédiate.
Il est transporté à l'Hôtel-Dieu où on lui injecte du sérum anti-tétanique, et où on pratique la suture avec ‘drainage de la plaie du front.
Le 18 septembre, on l'envoie dans le service d’O. R. L., du Docteur Rebattu. |
xd il
4 Fic. 13. FIG. 14.
M. B... Résultat immédiat : le 6 septembre 1929.
RG 15: F1G. 16.
M. B... Résultat éloigné : le 10 février 1933.
On constate à l'examen une large plaie du front, des écorchures multiples de la face et une excavation assez marquée au niveau des os propres du nez. La palpation, très douloureuse, précise la fracture du nez. Elle permet, en outre, de mobiliser légèrement le bloc maxillaire supérieur. Il existe également une fracture paramédiane du maxillaire inférieur. A l'examen buccal, on constate une large ecchymose de la voûte et du voile du palais, et des ecchymoses vestibulaires. À la fermeture de la bouche, le malade ne présente plus un articulé normal.
Le 20 septembre, mise en place d'un: arc d’Angle, au maxillaire supérieur et au maxillaire inférieur, pour immobi-
liser la fracture.
Le 22 (Freidel-Marion), réduction de la fracture du nez sous anesthésie générale, à l’aide des pinces de Martin. On tam-
ponne avec des mèches d'huile goménolée.
Le 26, mise en place d'un casque de Darcissac échancré au niveau du front pour laisser à l'air libre la plaie située à ce niveau. On immobilise en même temps sur le tuteur métallique la fracture du maxillaire supérieur, en rejoignant ce dernier avec l'arc d’'Angle,
Quelques jours plus tard, le malade sort, et on ne le revoit plus.
Environ deux ans après, le Docteur KFreidel le rencontre par hasard dans un service de chirurgie. Le résultat esthétique semble nettement insuffisant et le malade se plaint de mal respirer.
OBSERVATION V Fracture du nez.
M. B.., 82 ans, ouvrier maçon, entre dans le service d’'O.
R. L. le 4 octobre 1929. Il a reçu un coup de bouteille en travers du nez, plusieurs jours avant.
EIGU 17. Fi. 18.
M. B... 18 ans. Photographié le 19 septembre, 4 jours après son accident.
Fi. 19. : Fi. 20,
M. B.. 18 ans. Le 2 octobre 1929, après réduction et contention. Il ne persiste au niveau des os propres que Îles plaies cutanées en voie de guérison.
"pue
Le jour même de l'accident, le Docteur Durand, son médecin, lui a fait des points de suture, car il présentait une fracture largement ouverte de 2 centimètres au niveau de la structure osseuse du nez. Perte de sang assez abondante
Le 5 octobre, à l'examen, on constate un aplatissement très marqué de toute la pyramide nasale ; l'examen rhinoscopique ne montre rien, gêné par les caillots qui obstruent les fosses nasales.
Respiration absolument nulle.
Le 7 octobre tentative de réduction aux pinces de Martin, après tamponnement de cocaïne dans les fosses nasales. Réduction très douloureuse mauvais résultat.
Le 10 octobre (Freidel-Marion) : réduction sous anesthésie “générale au Kelen, avec les deux pinces de Martin ; mise en place de mèches imbibées d'huile goménolée. Le résultat n'est
pas satis'aisant.
Le 16 octobre, on recommence la réduction sous anesthésie générale ; véritable fracture des os propres du nez, car la fracture est déjà ancienne. Mise en place immédiate du casque.
Le malade reste quelques jours dans le service avec l’appareil de contention, et sort, le résultat fonctionnel et esthétique étant satisfaisant.
Mais il ne revient pas les jours suivants faire surveiller les suites de la contention. On ne le revoit plus.
En janvier 1933, on revoit le malade, dont le nez s’est affaissé au niveau de la pyramide osseuse et dont la cloison est fortement déviée à droite. Il présente en outre du même cô-
té une gêne respiratoire très marquée.
Nous citons maintenant les cinq observalions des malades dont nous avons obtenu un bon résultat immédial, mais que nous n'avons pas pu relrouver par la
suite.