OBSERVATION I
Bresson Lucien, âgé de 34 ans, entre le 26 janvier dans le service de M. Reclus avec une fracture de la jambe droite. La veille, une pièce de fonte lui est tombée sur lemembre infé-
rieur droit. Il lui est absolument impossible de se servir de sa jambe.
A l'inspection du membre impotent, on rémarque peu de gonflement. En recherchant de plus près la fracture et en suivant le tibia de bas en haut, on détermine une forte douleur par la pression. Ce point douloureux siège à céentimetres environ de la pointe de la malléole interne. Du côté du péroné, la douleur exquise est provoquée à 12 centimètres environ de l'extrémité inférieure de l'os. De plus, Îles traits de fracture sont nettement établis par la pression digitale.
Point d'echymose consécutive à l'accident.
Le 27 janvier, on applique un appareil de Maisonneuve, appareil uniquement de contention ; cet appareil dépasse le genou et empiète sur la cuisse.
Le 31 janvier, le blessé se plaint et l'appareil est enlevé séance tenante. Au niveau du péroné existe une petite escharre. Un pansement antiseptique est appliqué sur l’ulcération, et un appareil ambulatoire est posé. Il se compose d'attelles de Maisonneuve et d'un étrier ambulatoire en plâtre. Cet étrier et les bandes latérales étant séparées de l'appareil de contention par une couche de ouate.
Le 4 février, comme l'appareil ne montait pas jusqu'au « chapiteau trbral », et que le point d'appui n'était pas suffisant, empêchant de ce fait le malade de marcher, cet appareilest démoli et remplacé par un autre.
Les attelles de Maisonneuve sont remplacées par une
gouttière postérieure, gouttière d'Hergott, dont le rôle est
Bali es
de maintenir les fragments en présence. Par dessus, l'appareil de marche est adapté, entièrement en plâtre.
Le 6 février, le blessé à pu commencer à inarcher, nous | ù 3:
sommes au douzième jour après son accident.
Le 24 février, tout appareil est enlevé ; mais craignant de faire déambuler le malade trop tôt, on applique la bande de caoutchouc afin de pratiquer du massage continu.
Le 17 mars, M. Reclus présente le blessé à la Société de chirurgie ; le cal n'est pas solide.
Le 31 mars, c'est-à-dire 65 jours après l'accident, le blessé est de nouveau présenté à la Société de chirurgie. La fracture est consolidée.
Le système musculaire est normal, les articulations sont en parfait état, Le malade quitte l'hôpital parfaitement guéri.
Le 13 juin nous revoyons le membre fracturé. Au niveau du tibia le cal est légèrement exubérant. L'ouvrier à repris son travail et ne souffre pas de son accident.