ACTIVITÉ (IN VIVO » CHEZ L'ANIMAL
1. — Sur les germes Gram négatif. — La streptomycine se révèle un agent thérapeutique remarquable dans un grand nombre d'infections expérimentales, chez la souris, en particulier sur les germes des infections intestinales et urinaires, sur les infections à bacille de Friedlænder, de Bordet-Gingou, de Pfeiffer, sur la tularémie et la peste. Elle est moins active dans les infections à spirochètes.
2. — Sur le bacille de Koch. — À la suite d’une série de travaux, FELDMAN et HiNsHaw ont constaté que les cobayes traités par la streptomycine résistaient à l'inoculation tuberculeuse; les uns ne présentaient aucune lésion macroscopique ou microscopique; les autres contenaient dans leurs organes des lésions fibreuses ou calcifiées. De plus, à la suite du traitement la cuti-réaction était devenue négative.
3. — Les conclusions de ces recherches in vivo confirment les données obtenues in vitro. Elles démonrent que la streptomycine est la première substance capable d'exercer sur le bacille de Koch un effet inhibi-teur intense pouvant aboutir à l’éradication de l'infection.
RÉSISTANCE A LA STREPTOMYCINE.
1. — Nous avons déjà vu la résistance naturelle de certaines espèces ou de certaines souches au sein d’une espèce réputée sensible.
2. — Plus importante est la résistance acquise à la streptomycine. Alors que la sulfamido ou la pénicillorésistance acquise est un phénomène rare, transitoire et compensé par une diminution du pouvoir pathogène du germe devenu résistant, la streptomycino-
pe
résistance acquise est fréquente, précoce, permanente et s'accompagne de la persistance où même de lexaltation de la virulence microbienne.
Cette résistance constatée in vitro par repiquages peut apparaître aussi in vivo au cours d'un traitement à doses insuffisantes ou insuffisamment prolongées.
Sa permanence coïncidant avec l'absence d’atténuation de la virulence microbienne représente une modification biologique de caractère inquiétant, étant donné ses conséquences pratiques.
Youmans et FELDMAN ont isolé des souches de bacille de Koch à partir de malades traités depuis longtemps par la streptomycine; ces souches primitivement inhibées in vitro par 1 microgramme de streptomycine étaient devenues résistantes à plus de 1.000 microgrammes.
Pénicillo et to om -résistance ne sont pas des phénomènes obligatoirement reliés; certaines souches devenues résistantes à la pénicilline ne le sont pas à la streptomycine.et inversement.
3. — Deux théories tentent d'expliquer le mécanisme de la streptomycino-résistance acquise.
D’après la première, il s'agirait d'une véritable mutation du germe soumis à des conditions métaboliques spéciales. Pour KLeix et la plupart des auteurs, il s'agit d’un phénomène de sélection : disparition des germes sensibles et multiplication ultérieure des germes plus résistants.