‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 37 sur 91 · SCROFULES. — GUÉRISON · texte numérisé non relu

SCROFULES. — GUÉRISON

Casimir Perlet , de Livron fDrôme), âgé de onze ans lors de son arrivée à Celles, issu d’un pf*re rhumatisant, valétudinaire dès sa plus tendre enfance, eut les glandes jugulaires et sous-mentales engorgées depuis l’époque de la première dentition, et dans les suites de nombreux accidents strumeux qui ont déterminé çà et là plusieurs ankiloses. Ayant conservé une constitution cacochyme et de graves affections scrofuleuses, fut conduit à Celles d’après les conseils de mon estimable confrère le docteur Du pré -Latour, de

Valence, pour y être soumis à l’influence de nos eaux et de mes médications diverses.

État du malade : Le corps assez bien nourri , ankylosés et cicatrices nombreuses, qui dénotent les anciens ravages de l’affection scrofuleuse. Il existe encore présentement de graves lésions qui donnent la plus vive inquiétude aux parents. Engorgement scrofuleux de l’articulation cubito-humérale droite , ulcération de même nature sur la main droite, principalement sur le médius , le pouce de cette main est fortement engorgé et profondément ulcéré vers sa base tout près de l’avant-bras ; au-dessous de l’apophyse du cubitus, ulcérations et tuméfactions strumeuses qui vont se joindre à celles du pouce ; le pouce de la main gauche est aussi malade que celui de la main droite ; enfin l’orteil du pied droit présente des lésions identiques et très fortes.

Prescriptions : Bains artésiens , boisson de Veau artésienne , frictions sous la plante des pieds avec la préparation cuivrique , pansement des tumeurs et des plaies , avec une préparation plombo-cuivrique associée aux eaux factices .

Un mois de traitement fut suffisant pour donner à l’enfant une santé parfaite et guérir presque tous ses maux. J’eusse voulu le gaçder quelque temps encore, mais la nécessité obligea les parents de le retirer. Au départ de l’enfant je remis à sa mère des médicaments appropriés à son état.

Un mois plus tard on conduisit chez moi le jeune Perlet; il était parfaitement guéri de tous ses maux, et sa santé ne laissait rien à désirer sous aucun rapport. Je remis à la mère quelques pilules seulement afin de

maintenir cette guérison, qui s’est consolidée à un tel point, que ce jeune homme est aujourd’hui un vigoureux laboureur.

MARIA TOURNY ( 15 avril 1850. )

SCROFULES

Maria Tourny, de Saint-Bonnet de Joux, près Charelies, département de Saône-et-Loire, âgée de trentesix ans, d’un tempérament lymphatique, d’une constitution en apparence assez bien, issue de parents qu’elle a perdus en bas âge, eut de nombreuses maladies antérieures , entre autres de violentes irritations dans les organes abdominaux et pulmonaires , ainsi que la gale qui lui dura bien longtemps. Maria vit paraître , vers la fin de l’année 1840 , une petite tumeur indolente vers le milieu du médius; cette tumeur s’accrut peu à peu , et prit tous les caractères d’une tumeur blanche qui nécessita l’amputation de ce doigt. Cette amputation fut pratiquée à IHotel-Dieu de Lyon , par M. le docteur Pêtrequin,et malgré l’habileté de ce célèbre praticien, une sorte de cicatrisation n’eut lieu que depuis l’an dernier seulement après la sortie d’un os du métacarpe. Trois ou quatre ans après cette opération, et avant la sortie de l’os nécrosé, des glandes s’engorgèrent dans le creux de l’aisselle ; la main affectée , toujours engorgée, ne permettait aucun travail manuel. Cette pauvre fille ne pouvant subvenir aux besoins de son existence, entra au Calvaire de Lyon en 1845. Malgré tous les soins hygiéniques dont Maria

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

était entourée dans rétablissement de Saint-Just, elle y contracta, l’an dernier, des douleurs de sciatique, de nouvelles glandes s’engorgèrent dans le pli de l’aine, et devinrent , quelques-unes , aussi grosses que des œufs de poule; enfin le genou droit se tuméfia, et Maria fut atteinte d’une autre tumeur blanche, non encore ulcérée, mais bien caractérisée.

État de la malade : Lors de son arrivée à Celles , en avril 1850, le corps est bien nourri, mais les chairs présentent cette espèce de mollesse , cette sorte de bouffissure , qui est propre aux tempéraments lymphatiques; le faciès et toutes les fonctions sont d’ailleurs en bon état. La main droite présente deux tuméfactions lymphatiques situées vers les bases de l’annularius et de l’index, de telle sorte qu’elles forment comme une espèce de godet, au fond duquel on voit la cicatrice du médius ; cette main a très peu de force, et la malade ne peut manier qu’avec beaucoup de peine une aiguille durant quelques instants. Le genou droit est beaucoup plus gros que le gauche, des empâtements mollasses , formés par des accumulations de synovie, existent au-dessous et aux alentours de la rotule; la marche est lente et pénible. Respiration courte, petite toux habituelle avec exacerbations fréquentes, poitrine peu sonore sur tous les points, mate au-dessous et sur le bord interne de l’omoplate droite. Il existe encore des empâtements et des paquets de glandes engorgées dans le creux de l’aisselle droite , tout le long et sur la corde antérieure de ce bras. Les extrémités pelviennes sont engorgées aux alentours des malléoles, et autour du bas de la jambe

droite , l’engorgement est dur et s’étend jusqu’au mollet.

Prescriptions : Bains artésiens et boissori de l'eau artésienne , traitement cuivrique.

Maria quitta l’établissement, le 26 septembre, cinq mois après son entrée en traitement; elle eût été très bien si elle n’eût fait une chute qui lui avait ployé le genou peu de jours avant son départ; cet accident fit tuméfier le genou et paraissait devoir nous donner des inquiétudes sérieuses; du reste, toutes les glandes avaient disparu , la main était bien , la santé parfaite. L’accident survenu vers la fin du traitement n’eut pas de suite, ainsi que nous l’apprit une lettre de Maria.

Cette jeune fille revint l’année suivante passer encore deux mois à Celles, elle va très bien. Je l’ai revue il y a peu de temps à Lyon, elle se porte à merveille.

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