MADAME LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE
» Il existe, sur le sein droit, une tumeur qui m’in- » spire des craintes et n’hésitez pas à faire partir, sitôt » après son arrivée, la sœur pour les eaux de Lavoulte, » près le Bourg qui ont à juste raison tant de célébrité
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
» pour ces sortes de maladies. Je n’entrerai dans » aucuns détails sur la manière de les administrer, » laissant au médecin de l’établissement le soin de » cette direction.
)> Si, comme on peut l’espérer , la tumeur du sein » disparaît par les eaux, je crois qu’il serait utile de » faire suivre ensuite à la malade un traitement avec » les préparations (ce traitement est simultané avec » celui des eaux), pour combattre et prévenir la dia- » thèse purulente à laquelle la sœur paraît être portée.
» Voilà, Madame la supérieure, etc... »
Arrivée au Bourg- Saint- Andéol , madame Saint- Louis fut confiée aux soins de mon estimable confrère le docteur Amable Cades qui, croyant à l’impossibilité de résoudre une tumeur pareille, proposa l’amputation instantanée de la mamelle , mais la malade voulut , avec raison, se soumettre d’abord au traitement de Celles.
État de la malade : (au 25 juillet). Le corps est bien nourri , le faciès présente meme les apparences de la fraîcheur, cependant on observe une certaine altération dans les traits et une légère teinte jaunâtre qui contraste avec la rougeur un peu âcre des pommettes ; les deux mamelles sont engorgées, toutes les deux sont dures, rénitentes vers le centre; des bosselures se remarquent sur le sein droit, dont la glande mammaire, engorgée dans sa totalité , présente un volume aussi gros que le poing; au-dessus du mamelon on observe une sorte de recroquevillement qui adhère au corps de la glande et forme ainsi une sorte de trajet fisluleux ;
douleurs lancinantes et formicantes dans l’un et dans l’autre organe; ces douleurs sont soulagées par des applications opiacées.
Prescriptions : Bains artésiens , frictions électriques sur les seins et aux alentours ; boisson de F eau artésienne à petites doses ; médications argentiques .
Madame Saint-Louis quitta rétablissement le 3 octobre, la santé générale était dans un état très satisfaisant; le sein gauche était complètement guéri , la mamelle droite était tombante , on n’explorait plus qu’une légère induration vers le bord interne de la glande mammaire , ce dernier noyau de l’engorgement du sein était fendillé en tous sens et ne faisait plus éprouver de douleurs.
Prescriptions : Pilules et pommades stanno ^argentiques pour frictioîiner le sein . Les mêmes préparations plombo-bis~ mutho- argentiques.
Ce traitement , continué pendant quelques mois , maintint le bien-être obtenu à Celles; toujours inquiètes sur le sort de la sœur Saint-Louis,, les dames supérieures de la Présentation, aussi prévoyantes qu’affectueuses, la nommèrent supérieure de la communauté du Pouzin, afin que durant le cours de l’hiver, elle fut sous ma surveillance. Les mamelles continuaient à être très impressionnables , à s’engorger même aux approches des évolutions mensuelles, je prescrivis à la malade les pilules n° 205 et l’huile n<> 206 pour lotionner les seins; cette médication a été constamment suffisante pour dissiper tous les orages et faire disparaître jusqu’à la plus légère trace de l’engorgement du sein droit.
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
Madame sœur Saint-Louis revint à Celles le 24 juillet 1845 , elle y séjourna jusqu’au 10 août ; elle prit quatorze bains artésiens bouillis et borna son traitement à l’usage des nos 205 et 206 ; de retour au Pouzin elle continua ces mêmes remèdes pendant cinq ou six semaines encore; elle n’a plus éprouvé depuis aucune appréhension fâcheuse , l’un et l’autre de ces seins sont aussi souples et aussi sains que l’on puisse le désirer. Elle n'a plus ressenti aucune atteinte de ses anciennes douleurs.
MADAME V***, (10 juillet 18 hh).