CONCLUSIONS
1° En tenant compte de certaines réserves, nous croyons qu’on peut distinguer, au point de vue pathogénique, deux formes de pancréatite aiguë :
a) La pancréatite droite ou ventrale présentant la symptomatologie classique du « drame pancréatique ». La cause la plus fréquente est l'infection canaliculaire ou ascendante.
b) La pancréatite dorsale, pouvant présenter la même symptomatologie que la précédente mais, le plus souvent, affectant une allure subaiguë ou évo- Juant de la gauche vers la droite, ou pouvant : se terminer par un abcès lombaire.
Sa cause est la propagation, par voie lymphati-
que, d’une infection proche, le plus souvent rénale,
ou bien d’une cellulite pelvienne de cause variée. | : 2° Au point de vue traitement, nous croyons que:
a) il faut opérer, dès qu’on le peut, tous les cas de pancréatite aiguë. Bien qu’il soit démontré par de rares exemples, que cette affection peut guérir spontanément, l’évolution la plus fréquente se fait vers la mort, si l’on n'intervient pas.
.….b) L'intervention comportera le plus souvent deux
= 7 Fr
temps, à moins que l’état général du malade ne permette de les exécuter en une seule fois :
a) Le premier temps consistera, après laparotomie sus- ombilicale, à évacuer le liquide séro-hématique et à pénétrer dans l'arrière cavité des épiploons en effondrant le ligament gastro-colique en commençant le plus à gauche possible. Puis on libérera les adhérences, on débridera les collections séro-hématiques du pancréas, et on drainera par la voie déclive avec un tube de verre (de préférence) entouré de mèches.
b) Dans le deuxième temps nous distinguerons deuxcas :
1° Dans les pancréatites droites, vider les voies biliaires de leurs calculs et les drainer en dérivant la bile par cholécystostomie. Malgré ce traitement la pancréatite peut réapparaître à plus ou moins longue échéance. Aussi proposons-nous avec Kôrte et unéo de pratiquer l’anastomose de la vésicule avec le tubedigestif,et particulièrement l'anastomose de la vésicule à l'estomac, ce qui amènerait une dérivation définitive de la bile en cas d'hypertension de celle-ci.
2° Dans les pancréatites dorsales, ne pas considérer le malade comme guéri avant d'avoir traité la cause de l'infection du pancréas, dont nous avons vu plus hant les modalités.
Toutefois dans les formes subaiguës, à allure
d'abcès lombaire, l'expérience prouve que la simple incision avec drainage suffit pour amener la guérison définitive.
Vu : Le président de la thèse, B. CUNEO
Vu et permis d'imprimer, Le Recteur de l’Académie de Paris,