‹ Traitement des Pneumonies et Broncho-Pneumonies par le Citrate de SoudeChapitre 5 sur 24 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Résumé des divers traitements de la Pneumonie

Nous ne possédons pas encore actuellement de traitement spécifique de la pneumonie. Il existe bien des sérums antipneumococciques, mais leur application n’a pas donné les résultats que la théorie permettait d’en attendre, sans doute pour des raisons identiques à celles qui ont rendu presque sans effet le traitement des streptococcies par les sérums anti-streptococciques.

Il n'existe pas probablement en effet de race unique de pneumocoques, pas plus qu'il n'existe de race unique de streptocoques.

: De plus, sans parler des pneumonies et broncho-pneumonies tuberculeuses, la pneumonie affecte des formes extrêmement variables. Elle diffère d’abord suivent le terrain sur lequel elle évolue. C'est ainsi qu’elle ne sera pas Ja même chez un diabétique ou un alcoolique, chez un adulte, un vieillard'ou bien un enfant.

Il existe des formes gastriques avec état saburrhal très prononcé, douleur épigastrique, vomissements, constipation, des formes adynamiques avec prostration, stupeur, ou au contraire ataxiques accompagnées d’agitation excessive et d’une température très élevée.

Il existe des formes très graves, presque PA A lorsque les deux poumons sont envahis, et parfois des formes bénignes abortives lorsque les phénomènes peu

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accentués, à peine ébauchés, rétrocèdent lapins en trois ou quatre jours. ee Enfin, la pneumonie peut affecter une forme trainante et prolongée, pouvant durer. plusieurs semaines et passer. même à la chronicité.

On peut encore observer dans au de ces formes la

prédominance de tel ou tel symptôme. Chez certains

malades, l'infection domine la scène; on voit alors une

température très élevée et l’auscultation ne peut souvent

décéler que des signes sthétoscopiques peu accentués. Chez d’autres, le point de côté, la dyspnée avec une langue sèche et rôtie sont au début les seuls signes révélateurs, lorsque le foyer d’hépatisation est central. Enfin, la faiblesse et la dépression, l'agitation et le délire peuvent ê être extrèmement variables. 3

Une fois le diagnostic de forme et de siège établi, des complications variées et nombreuses pourront survenir. qui demanderont une surveillance dé tous les HnStants et de tous les organes :

Complications pleuro- pulmonaires, telles que la congestion pulmonaire généralisée, la bronchite capillaire, la pleurésie para ou méta-pneumonique !

Complications cardiaques très fréquentes, telles que l'endo-

cardite infectieuse, la péricardite purulente et surtout la

myocardite aiguë qui se traduisent par l’affaiblissement progressif du cœur, la petitesse et l'inégalité du pouls;

Enfin, complications cérébrales ou méningées, néphrites, ictères, arthrites purulentes, etc.

On comprend sans peine, que, devant une telle variété de formes, de symptômes et de complications, il soit difficile d'établir un traitement uniforme, embrassant tous les cas. On est donc obligé de recourir à la médication symptomatique, et le rôle du médecin se bornera à combattre séparément chacune de,ces manifestations morbides, puisqu'il ne peut agir sur leur cause générale.

C'est ainsi que, contre la dyspnée si pénible, si angois-

de à ou

sante, contre le point de côté si douloureux puisqu'il immo-

bilise le malade au point de lui interdire tout effort de toux, la morphine, les révulsifs énergiques sous la forme de ventouses sèches ou scarifiées, d’enveloppement humides sina-

pisés, devront être appliqués.

Contre l'encombrement bronchique qui augmente encore la dyspnée et peut produire de grâves accès de suffocation, toute la gamme des expectorants peut être utilisée.

Si le malade présente une forte hypertension, une congestion intense de la face, des suffocations fréquentes, on aura utilement recours à la saignée générale qui pourra atteindre 300 à 500 grammes suivant les cas, ou à la saignée locale par ventouses scarifiées ou par les sangsues. La médication contro-stimulante pourra aussi être employée.

Le cœur devra toujours être l’objet d'une surveillance

attentive, et au moindre signe de défaillance la caféine, la spartéine, l'huile camphrée, la digitale, devront aider isolément ou mieux simultanément la fonction cardiaque. Il ne faudra pas négliger la médication tonique, surtout dans les cas d’'adynamie, On.ne craindra pas de donner de l'alcool sous toutes ses formes : potion de Todd, café ou thé au rhum, quinquina, champagne. On augmentera aïnsi la résistance de l'organisme, on soutiendra les forces du malade, on évitera da stupeur, laccablément, la prostration. À plus forte raison, aura-t-on recours à ce traitement si le malade est alcoolique. De la sorte, on évitera des phénomènes nerveux graves, et même le delirium tremens.

Enfin et surtout, il faudra combattre l'infection générale; par là, en effet, les complications ultérieures ou en cours de maladie pourront être évitées. On insistera particulièrement sur cette partie du traitement dans ees formes graves où les lésions locales sont peu de chose, alors que l’intoxication et l'infection générale de l'organisme dominent de très haut la scène. On emploiera.dans ces cas, avec avantage, les injections massives d'huile camphrée, la dose journalière pouvant atteindre 80 à 90 centimètres cubes.

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On désinfecte ainsi, et on tonifie en même e temps l organisme |

en augmentant ses réactions de défense. Il en est de même des injections intra-veineuses de métaux colloïdaux ou de sérum péptoné, dont les effets sont souvent

excellents dans les septicémies. La médication iodée est

parfois aussi indiquée. De même les injections de sérum physiologique ou de sérum de cheval produiront souvent de bons effets. Il est habituel de voir une chûte considérable de la es après ces différentes médications. ;

La thérapeutique a encore à sa disposition deux moyens énergiques de combattre. l'infection générale : je veux parler de la balnéation froide et de l’abcès de fixation (méthode de FociEr). Ces deux modes de traitement, bien que relativement récents, ont fait leurs preuves dans

la plupart des maladies infectieuses et sont particulièrement indiqués dans les cas de pneumonies et de broncho-pneu-

monies graves avec hyperthermie et délire.

Sans entrer dans le détail de leurs indications et contréindications, on peut dire qu'ils sont aptes à rendre à la maladie une évolution normale, et surtout à éviter certaines complications septiques fort redoutables.

Telles sont, en résumé, nos principales ressources thérapeutiques contre la maladie qui nous occupe. Toutes ont leur utilité et leurs indications, mais aucune ne s'adresse à cet élément pourtant si important de la maladie : la gène de la circulation cardio-pulmonaire.

Le sang « épaissi » des pneumoniques traverse diffcilement la région du poumon en voie d'hépatisation ou déjà hépatisé, occasionnant sans cesse un effort considérable du cœur, et donnant ainsi naissance à de la dyspnée et à de la tachycardie. Les tissus atteints mal irrigués se défendent insuffisamment contre l'infection qui peut alors grandir, se propager, et même infecter l'organisme tout entier.

Il semble donc. qu'il soit logique de chercher à rétablir

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