CHAPITRE II
Le Citrate de Soude.
Propriétés physiques et chimiques.
Le citrate de soude est un sel se présentant sous la forme de cristaux orthorombiques efflorescents.
Il est déliquescent, et très soluble dans l’eau. Les solutions donnent très rapidement naissance à de l'acide oxalique. Il est donc préférable de les employer très fraiches.
Sa formule chimique est (C5 H5 O7) Na +5 1} H O. Sa propriété la plus frappante et d’où découlent un grand nombre d'applications thérapeutiques est de retarder ou d'empêcher les coagulations. |
Ses emplois en thérapeutique.
Le citrate de soude a été employé comme purgatif à la
dose élevée de 30 à 50 grammes.
Il a aussi été recommandé comme antidiabétique. Il agirait alors grâce à son alcalinité. Mais c'est surtout comme anti-dyspeptique qu'il rend des services à cause de son action anti-coagulante sur le lait, ainsi que Sir ALMOTH E. WRIGTH l’a indiqué; cet auteur a préconisé son emploi contre les accidents gastro-intestinaux des enfants élevés au biberon, dans le but d'empêcher la coagulation du Jait par la présure, cause principale des dyspepsies infantiles.
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Cette pratique fut propagée par Poynron en Angleterre, et par VaRioT en France. Plus tard, Albert MATHIEU préconisa le citrate de soude dans certains cas de dyspepsie chez les adultes.
Enfin, pendant la guerre, l'étude du citrate de soude et spécialement son action sur le sang fut reprise par HÉDoN, et ses recherches expérimentales, si intéressantes, permirent à M. JEANBRAU de créer une technique de transfusion du sang très simple et très pratique.
Cette technique consiste à prélever le sang dans une
veine du bras du donneur au moyen d’une ampoule de
500 centimètres cubes, de forme spéciale, et terminée par une effilure formant canule dans laquelle on a versé 20 centimètres cubes d’une solution de citrate de soude à 10 % pour éviter la coagulation du sang. Le sang ainsi stabilisé par le citrate est ensuite transfusé après introduction de la canule dans le veine du récepteur, à l’aide d’une soufflerie de thermocautère.
Il est intéressant de préciser le mécanisme intime des différentes actions du citrate de soude sur le sang, car c’est à elles. qu'est due l'énergie dé ce traitement si particulier et si intéressant de l'infection pneumococcique.
Action du Citrate de Soude sur le sang.
Modification de la coagulation.
La propriété la plus remarquable du citrate trisodique est de retarder, ou même d'empêcher complètement la coagulation du sang.
Voici à ce sujet le résultat des expériences de laboratoire faites par M. Grraup :
« L'adjonction de citrate de soude à l'état solide, en » cristaux, ne provoque qu'un simple retard dans la coagu-
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» lation. Avec les solutions supérieures à 4 % l’incoagula- » bilité est totale et définitive. Au dessous de ce taux et » suivant le sang examiné l'incoagulabilité peut n’être que » partielle ou temporaire : on peut voir alors la formation » de caillots dans une partie seulement du liquide, l'autre » -partie restant incoagulable, » .
Quel est le mécanisme intime de ce fait ? La réponse nous est donné par M. BLocx (thèse de Paris, 1914, n° 143). : \
« A l'encontre de l’oxalate de potasse ou de soude et du » fluorure de sodium qui agissent en précipitant les sels de » chaux indispensables à la coagulation, le citrate de soude » possède la propriété d'inactiver le calcium, de le faire » passer à « l’état dissimulé » sans le précipiter. Le sang » citraté est un sang à calcium inactivé. »
Dans le traitement des pneumonies qui nous occupe, nous ne croyons pas utile d'obtenir l’incoagulabilité complète du sang; seul un retard appréciable à la coagulation nous paraît indispensable et suffisant.
: Chez trois malades soignés à l'hôpital, nous avons cherché
à mesurer le degré d'incoagulabilité du sang et à le représenter par un graphique très simple. Ce procédé permet de suivre tous les jours et d'apprécier les variations de cette coagulabilité.
Nous avons donc, avant la première prise de citrate trisodique, mesuré la vitesse de coagulation du sang par le procédé de la lame de verre qui consiste à déposer sur une lame très propre et très sèche, une grosse goutte de sang prélevé au lobule de l'oreille du malade. On note l'heure, et toutes les minutes on regarde par inclinaison de la lame si la goutte a tendance à se déformer. Dès qu'elle ne se déforme plus, la coagulation est opérée et il ne reste plus qu’à calculer le temps qu’il a fallu pour obtenir ce résultat. Il est évident que ce procédé n'a pas toute la rigueur
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