‹ Traitement des psychonévroses de guerreChapitre 38 sur 55 · PL. X · texte numérisé non relu

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désiré. Dès que le malade a pu émettre un son, la joie se peint sur son visage ; on lui fait prononcer un mot, puis une petite phrase ; on lui fait remarquer qu'il s'entend parler, qu'il n'est plus sourd et tout de suite on lui fait raconter son histoire. Souvent quand il commencera à parler, il le fera en langage « petit nègre » ou en bégayant, ce que l'on pourra corriger d'ailleurs facilement.

Tout rentre habituellement dans l'ordre assez rapidement et après deux ou trois jours de repos ce soldat peut reprendre sa place au régiment. Si après ces deux ou trois jours le malade parait encore avoir besoin de repos, si le shock nerveux semble avoir été intense, on pourra l'évacuer sur un Centre Neurologique d'armée avec une fiche détaillée. Ainsi les accidents qu'il a présentés ne risqueront pas de récidiver et de s'installer de façon durable.

Au lieu de faire de la psychothérapie « par écrit », on peut très avantageusement se faire aider par un autre médecin auquel on dira tout ce que l'on désire que le malade entende. Nous avons plusieurs fois employé ce moyen qui nous a toujours réussi.

Si, au contraire de ce qui se passe dans la règle, ces traitements psychothérapiques de fortune ont échoué, on évacuera le malade sur un Centre Neurologique d'armée où la persuasion pourra être aidée de la faradisalion ou de tout autre moyen. On fera tout d'abord comprendre au malade (soit par écrit, soit par l'intermédiaire d'un aide auquel on dira ce que doit entendre le sujet) que sa mutité est due à une contraction anormale des muscles du cou produite par l'émotion à laquelle il a été soumis, qu'il lui sera très facile de parler quand, avec l'aide de l'électricité, on aura « décontracté ces muscles » et qu'il éprouvera lui-même cette sensation de décontraction.

Nous le faisons asseoir en face de nous et nous commençons une faradisation faible en plaçant les tampons de chaque côté du larynx. Après deux à trois minutes, nous disons, comme si le malade devait nous entendre, que nous voyons ses muscles s'assouplir et qu'il va bientôt parler. Puis nous lui ordonnons de prononcer un son. Si, ce qui est rare, le malade paraît ne pas avoir entendu notre ordre, nous lui faisons comprendre par gestes. Il essaie souvent sans résultat pendant les premiers efforts. Nous l'encourageons alors, lui affirmant qu'après quelques essais analogues il arrivera au résultat désiré. Nous promenons au besoin les tampons sur les muscles du cou, sur les muscles péribuccaux, et dans le voisinage de ses oreilles. Il parvient à émettre un son rauque. Nous continuons alors plus intensivement la persuasion, l'incitant à faire tous ses efforts, qui vont être maintenant couron-

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nés de succès. Bientôt en effet, le son, de rauque qu'il était, devient tout à (ail clair. Nous le poussons à ce moment à manifester sa joie. Nous lui faisons remarquer qu'il a entendu le son qu'il vient d'émettre, que son audition est redevcnue normale elle aussi, qu'il va être dans un instant tout à fait guéri. Et nous nous gardons bien d'interrompre son accès de joie sincère. Tout de suite nous lui ordonnons de dire un mot, qu'il prononce mal tout d'abord. Nous lui faisons avec insistance, répéter plusieurs fois jusqu'à ce qu'il le dise d'une façon tout à fait correcte. Puis nous lui faisons dire une petite phrase qu'il prononce parfois au début en hésitant, en anonant, mais qu'il dit bientôt normalement. Nous abandonnons dès lors les tampons 'et lui déclarons qu'il est guéri, qu'il peut parler comme tout le monde et nous lui posons tout de suite des questions auxquelles il répond généralement sans difficulté (•).

(1) A l'intérieur nous avons obtenu presqu'aussi facilement la guérison des sourds-muets anciens (10, 15, 24 mois et [dus) traités, il est vrai, dans une atmosphère particulièrement favorable et après une période de préparation pendant laquelle ils avaient appris par des camarades, que d'autres avaient déjà été guéris avant eux. Nous devons ajouter qu'autant la bonne foi des sourds-muets de la zone des armées nous a paru entière, autant il nous a semblé que celle des sourds-muets d'ancienne date à l'intérieur, était souvent suspecte.

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