PL. XI
Si enfin la faradisation a échoué on peut avoir recours, soit à l'isolement pendant un ou deux jours, soit comme nous le faisions à Doullens ou à Scey-sur-Saône, à la douche froide en jet. En employant ces différents moyens nous n'avons jamais eu d'échecs dans les différentes formations sanitaires, où nous les avons employés (Ambulance divisionnaire, Centre Neurologique d'armée ou de l'intérieur).
De la même façon pourront être traités les différents troubles de l'ouïe ou de la parole, consécutifs aux éclatements d'obus à proximité (surdité, mutité, bégaiement, aphonie, etc.).
C'est là le mode de guérison habituel de la surdi-mutité hystérique. Parfois cependant, au lieu d'être immédiate, elle peut ne se produire que dans la journée, chez des malades dont on n'a pu obtenir complètement du premier coup la confiance absolue et que l'on aura du, après une séance prolongée, placer à l'isolement en les priant de s'exercer eux-mêmes. Très exceptionnellement on est contraint de prolonger cet isolement pendant 24 ou 48 heures pour obtenir le retour complet à la normale.
Nous croyons la façon de procéder que nous venons de décrire, qui nous a toujours donné des résultats parfaits, très supérieure aux méthodes longues et compliquées de rééducation auditive ou à la lecture sur les lèvres trop souvent, encore employée par • certains spécialistes. Ces méthodes sont non seulement inutiles, mais nuisibles ; elles ont pour effet de fixer l'attention du sujet sur les troubles dont il se croit atteint et de compromettre ou de retarder la guérison.
Quand nous avions affaire a des. malades récents, pour éviter toute suggestion, nous ne faisions pratiquer l'examen par un auriste qu'après avoir traité nos patients, qu'après retour à la normale de la voix et de l'ouïe. Cet examen n'a plus alors d'inconvénient et il est indispensable de le faire. Il existe très souvent, au début, de petites lésions du tympan (perforation, etc.) qu'il est nécessaire de traiter. Mais il faudra prendre soin encore dans ce traitement local d'éviter tout ce qui pourrait être le point de départ d'une nouvelle suggestion.
Les sourds muets, les muets, ou les sourds n'ont pas besoin d'être longtemps surveillés. Les malades sentent bien qu'une récidive, à l'hôpital ou au dépôt, après un retour complet à la normale, les ferait prendre pour des simulateurs. Il n'en est peut-être pas de même des bègues. Traités d'une façon analogue, ils guériront tout aussi facilement, mais les tendances aux récidives pendant les pre-
miers temps qui suivent la guérison sont plus fréquentes et nécessitent une surveillance plus prolongée du médecin.
Si à l'hôpital ou au dépôt les récidives sont rares pour les sourdsmuets, un peu moins pour les bègues, elles peuvent s'observer dans la suite, comme pour les autres psychonévroses. Elles sont plus fréquentes dans les formes graves (troubles sensoriels avec état confusionnel) et surviennent lorsque les malades sont renvoyés trop hâtivement sur la ligne de feu et soumis, de nouveau, à un violent bombardement.