‹ Traitement des tumeurs malignesChapitre 9 sur 10 · LEMOINE · texte numérisé non relu

LEMOINE

Le 14 novembre 1900. Opération par M. le docteur Sargnon après anesthésie faite par des tamponnements cocaïniques successifs : solution faible à 1/50 et solution de Schleich^ malade dans le décubitus dorsal. Ablation à Tanse chaude puis à la curette sous le contrôle de la lampe électrique de Clark. Tamponnement hémostatique entre chaque curettage. La narine paraît complètement débarrassée. Durée de l'opération : une demi-heure, pas de douleurs, suites opératoires bonnes, sauf un peu de fièvre due au maintien du tampon pendant 3 jours. T. : 38,8 un soir. Ultérieurement tamponnement tous les deux jours avec de la gaze imbibée d'une solution de bromhydrate de quinine à 1/10.

Le 20 novembre 1900, nouvel examen. On constate encore en arrière au niveau de la choane gauche des masses volumineuses grisâtres, gênant la respiration. On achève le curettage avec l'éclairage électrique ; la narine est complètement débouchée. On renvoie le malade et le traitement suivant est rigoureusement appliqué : tous les jours ou tous les deux jours, tamponnement nasal imbibé de solution quinique. Une injection de quinine tous les jours, suivant la formule de Jaboulay.

Chlorhydrate neutre de quinine. . .20 grammes Eau distillée, Q.S. pour 40 cent, cubes.

Le 21 décembre 1900. Traitement assez régulièrement suivi. Les piqûres souvent faites par le malade ont donné deux fois de petites plaques de sphacèle sans suppuration et sans gravité d'ailleurs (piqûres faites trop superficiellement).

Les piqûres faites par le médecin n'ont jamais amené d'accidents. En plus le malade prend un cachet de quinine tous les jours.

Le malade a engraissé, pas d'hémorrhagie nasale, pas d'écoulement de liquides sanieux. Tous les matins en se mouchant, expulsion de croûtes non fétides. Pas de généralisations nasales. Pas d'épiphora, pas de troubles auditifs. Pas d'adénopathie.

Localement on constate quelques croûtes sur la paroi supé-

rieure. Ablation à la pince et à la curette de Grundwald. Les cornets inférieurs et moyens sont recouverts d'un tissu paraissant sain. A la jonction de la cloison et de la paroi supérieure, en avant, il existe un foyer néoplasique. Curettage de ce point, hémorrhagie légère arrêtée par tamponnement oxygéné laissé 24 heures.

L examen des croûtes enlevées montre qu'elles se composen de tissus néoplasiques en décomposition avec du sang et du mucus.

A la fin de janvier 1901, le malade allait bien, avait beaucoup engraissé. A ce moment violents maux de tête vers la bosse frontale gauche, non soulagés par les analgésiques habituels. Exophtalmie à gauche. Epiphora-Acuité visuelle, intacte.

Le 15 février 1901, vomissements, phénomènes convulsifs, rigidité passagère des membres. Mort dans cet état 10 jours après. La veille de sa mort, il eut d'après les renseignements fournis par son médecin, de la paralysie faciale du côté droit, côté opposé à la lésion, de Taphasie incomplète. Mort dans le coma.

Observation XIV (Inédite) Tumeur maligne du larynx

M. P..., 60 ans.

Antécédents héréditaires : nuls.

Antécédents personnels : alcoolisme.

Malade vule 31 octobre 1000. Voix rauque persistante depuis 2 mois, avec dysphagie.

Suffocation grave, il y a quinze jours. Nouvelle suffocation il y a 4 jours. Depuis lors il a des accès de suffocation toutes les nuits. Depuis 8 jours, oppression à l'état de veille. Amaigrissement considérable : 16 kilog. en deux mois, pas d'hémoptysie.

Depuis 8 jours, M. le docteur Dumaine a constaté de l'adénopathie carotidienne gau'^he.

Au larynx on trouve à la partie postérieure de rorifice supérieur une masse volumineuse rougeâtre, bourgeonnante, rétrécissant cet orifice. On pense à un cancer, mais comme il persiste un doute, on fait, pendant dix jours, sans résultat d'ailleurs, des injections quotidiennes de biiodure de mercure (formule de Panas).

Des injections de quinine ont été faites régulièrement après le raitement par le biiodure.

La suffocation augmentant, la trachéotomie est proposée, mais refusée et le malade meurt le 19 janvier 1901 .

Observation XV (Inédite).

Cancer de la langue.

M. B. . ., cultivateur, 65 ans.

Antécédents héréditaires : Nuls.

Antécédents personnels : Tabagisme. Léger alcoolisme.

Malade examiné le 23 octobre 1900. Tumeur de la langue du côté droit ayant débuté depuis 6 mois, comprenant la partie antérieure et moyenne de la langue avec envahissement de son attache buccale.

Maxillaire indemne : Pas d'adénopathie de voisinage nette. Opération refusée parle malade.

On ordonne, entre autres choses, 3 cachets de sulfate de quinine par jour.

15 novembre. Le malade n'a pas suivi régulièrement son traitement à cause d'un léger bourdonnement d'oreille dû à un bouchon de cérumen bilatéral. Ablation du bouchon et le malade promet de suivra régulièrement le traitement de la quinine.

18 décembre 1900. Traitement régulièrement suivi ; accès de suffocation dans la nuit dernière.

23 décembre. Dyspnée légère continuelle due à un gros gan-

glion carotidien dégénéré du côté droit, comprimant la trachée.

La tumeur de la langue n*a pas augmenté.

Pas d'ulcération, pas de salive fétide.

Il se cachectise néanmoins et perd ses forces.

La quinine au début lui donna des troubles auditifs, il la continue néanmoins.

Un mois après, mort de cachexie et de suffocation lente.

Observation XVI

(Communiquée par M. Launois à la Société de chirurgie

20 février 1901.)

Femme de 50 ans.

19 novembre 1900, à l'examen on constate que la mamelle gauche ulcérée et déformée est immobilisée par ses parties profondes contre la paroi thoracique.

Au niveau de la portion la plus saillante du sein existe une ulcération allongée dont le centre atteint les dimensions d'une pièce de 5 francs. Ses bords irréguliers et déchiquetés se continuent, en s'amincissant, avec le fond qui est bourgeonnant, grisâtre et recouvert par un liquide sanieux, ayant une odeur désagréable. Au centre, on aperçoit une saillie polylobée, formée par les débris du mamelon.

Du pourtour de l'ulcération partent une série de sillons disposés radiairement et s'étendant jusqu'à la circonférence de la mamella.

En explorant le revêtement cutané de la glande, on trouve en haut eten dedans, à un travers de doigt du bord]de l'ulcération, un épaississement nodulaire de la peau, atteignant le volume d'un haricot. Il en existe un second situé plus en dedans à 3 centimètres au-dessus du précédent, mesurant les mêmes dimensions que lui, et enfin un troisième moins volumineux

enfoui dans les plis cutanés qui avoisinent la perte de substance. Ces nodules très durs siègent dans Tépaisseur même du derme ; on peut en effet les déplacer facilement en les pinçant entre les doigts. Les deux premiers font une saillie assez marquée et présentent une coloration rose jaunâtre. La peau, au niveau de la mamelle, a en grande partie perdu sa mobilité.

La glande forme une masse dure, bosselée, dans laquelle on ne peut différencier les unes des autres les parties constituantes.

L'exploration de Taisselle permet de constater la présence de trois ganglions, du volume d'une noisette, remarquables par leur dureté ; ils glissent sous le doigt et font partie du groupe rétro-pectoral profond. De petits ganglions, également consistants et durs, mais beaucoup moins volumineux, existent dans les creux axillaire et sus-claviculaire.

L'affection a débuté trois ans auparavant sous forme d'une petite bille située en haut et en dedans du mamelon ; Tulcération remonte au mois de juillet 1900. Le sein malade a été le

siège de nombreuses infections ; le malade a eu 6 enfants, dont

l'un est mort quelques jours après sa naissance : bonne mère, elle a nourri les cinq autres. Chaque allaitement a été prolongé pendant 16 à 18 mois et s'est accompagné de crevasses et d'abcès dont on retrouve les cicatrices.

Au mois d'avril dernier, apparaissent des douleurs dans la région dorso-lombaire ; elles persistent depuis, revenant par accès, sous forme de crises fulgurantes, et s'étendent dans l'abdomen et les membres inférieurs. L'endolorissement se généralise et devient tel que la malade n'a pu quitter son lit depuis le mois de septembre.

La cachexie est assez marquée ; le faciès a une coloration jaunâtre ; Tappétit et le sommeil ont complètement disparu ; il existe cependant encore un certain embonpoint. La constipation est opiniâtre ; on n'observe pas de troubles vésicaux et l'urine estnormale. L'impotence musculaire est absolue, le talon ne peut

être détaché du plan du lit; les moindres mouvements déterminent des douleurs intolérables. Les réflexes du genou sont abolis ; la sensibilité est intacte. Malgré Tabsence de douleur provoquée par la percussion le long des apophyses épineuses, malgré l'absence de manifestations viscérales, on admet la possibilité d'une généralisation de la tumeur aux corps vertébraux et, sinon la compression de la moelle, tout au moins un certain degré d'irritation des racines spinales.

En raison même des caractères que présentait la tumeur, de l'existence des nodules cutanés et d'une polyadénite de voisinage, en raison aussi du mauvais état général de la malade, toute intervention curative nous paraissait impossible, et, cette fois encore notre médication devait être purement palliative et avoir pour but de calmer les douleurs. On eut recours à l'usage de la morphine.

On décida de soumettre la malade aux injections sous-

cutanees d'un sel soluble de quinine. Les injections furent commencées dès le 20 novembre : elles furent faites soit à la fesse, soit à la face externe de la cuisse. Elles furent d'abord quotidiennes et composées de 50 puis 25 centigrammes de chlorhydro-sulfate de quinine en solution.

Au bout de cinq jours survinrent quelques phénomènes d'intolérance (étourdissements, bourdonnements d'oreille, palpitations), qui nous déterminèrant à n'avoir recours à la médication que tous les deux jours.

Au bout d'un mois, c'est à-dire, vers le 15 décembre, l'accoutumance à la quinine s'est faite ; les crises douloureuses sont moins intenses et moins fréquentes. La malade a depuis quelque temps déjà, retrouvé le sommeil et un peu d'appétit ; elle nous fait remarquer que son ulcération est moins suintante et qu'elle a cessé de s'agrandir et de se creuser.

Les forces reviennent progressivement. A la fin de décembre les nodules de carcinose cutanée ont pâli et sont en voie de régression ; les ganglions axillaires et sus-claviculaires ont

diminué de volume dans des proportions telles qu'ils atteignent à peine le volume d'un pois.

A partir du 12 janvier, les injections sont pratiquées tous les jours, on injecte 1 centim. cube de la solution suivante :

Chlorhydrate neutre de quinine. . 1 gramme.

Eau distillée 4 —

Chaque centimètre cube représente gr. 25 de sel de quinine, on peut se servir de bibromhydrate, de bichlorhydrale, de chlorhydro-sulfate dans les mêmes proportions,

L'ulcération, qui nettoyée de temps en temps avec de l'eau bouillie, n'a été recouverte que d'un morceau de coton hydrophile sec, s'est rétrécie des trois quarts ; elle s'est recouverte d'une croûte épidermique au centre de laquelle on aperçoit quelques débris du mamelon. La sécrétion s'est tarie depuis assez longtemps déjà.

Ces modifications locales se sont accompagnées d'un changement radical dans l'état général. La malade mange avec appétit, ses fonctions se sont régularisées, elle a retrouvé la gaieté et le sommeil. Ses forces sont en grande partie revenues et elle peut rester levée pendant plusieurs heures. L'examen du sang pratiqué par mon interne, M. Paris, le l^'' février, montre que le taux des globules rouges est normal et qu'il y a une très légère hyperleucocytose.

On a pratiqué cinquante quatre injections depuis le commencement du traitement ; leur usage a été suspendu depuis le 10 février, époque à laquelle la malade a reçu, par voie hypodermique, 16 grammes de sel soluble de quinine. Depuis la cessation du traitement encore récente, l'amélioration se continue.

Observation XVII (Thèse Ravet, Lyon).

Tumeur maligne du col utérin (forme cavitaire).

Femme, 39 ans. Au mois de janvier 1900, douleurs lombaires avec irradiation aux cuisses et gêne de la marche.

Mictions fréquentes et douloureuses. Pertes blanches, sanguinolentes et fétides d'emblée.

Métrorrhagies intermittentes, parfois assez abondantes. Affaiblissement progressif, amaigrissement, etc.

A Texamen de la malade : au toucher on constate que le col est occupé par une masse bourgeonnante envahissant la cavité, la lèvre postérieure et la commissure droite.

Utérus mobile. Ligaments larges intacts.

En somme, forme cavitaire du cancer du col. Pas de ganglions, pas de signes de généralisation.

Traitement : chaque jour injection sous-cutanée de 1 gramme de chlorhydrate de ouinine et pansements locaux avec un tampon imbibé de la même solution. Jusqu'au 4 juillet, la malade prend 1 gramme par jour de chlorhydrate de quinine.

Dès le 18 juin, disparition des douleurs lombaires, diminution de la fétidité des écoulements et surtout de la métrorrhagie.

Localement la surface bourgeonnante se recouvre d'une fausse-membrane blanchâtre.

Disparition d'une partie des bourgeons.

Autour de la plaie, liseré semblable à une épidermisation en marche.

Appétit revenu. Augmentation des forces, la malade engraisse.

Observation XVIII (Thèse, Kavet, Lyon)

Tumeur maligne du col utérin (forme papiilaire)

Femme, 50 ans. Depuis deux ans, les règles persistent, deviennent abondantes, accompagnées de douleurs lombaires^ dans l'intervalle pertes blanches un peu fétides.

Il y a 10 mois, la malade perd du sang pendant 22 jours. Douleurs térébrantes dans le petit bassin. Métrorrhagies constantes, fétides.

A Texamen : la lèvre postérieure du col est hypertrophiée par des bourgeons charnus friables. Ecoulement sanieux, roussâtre.

En somme ; forme papiilaire classique de Tépithélioma du col.

Pas de signes de généralisation.

Traitement : du 15 au 26 juin, injection intra-utérine de 15 centim. cubes de la solution de bichlorhydrate de quinine à 1/10 à la suite de laquelle on ferme le col à Taide d'un tampon.

Les pertes rouges ont cessé, l'écoulement devient inodore, les douleurs cessent.

Localement, la surface bourgeonnante se recouvre d'une pellicule blanchâtre.

Du 26 juin au 4 juillet, on supprime les injections intrautérines et l'on fuit prendre à la malade deux cachets de 0,50 centig. de chlorhydrate de quinine.

Etat local : col lisse, les bourgeons donnent au doigt une sensation de dureté; plus de douleur, plus de pertes. rouges.

Etat général bon. La malade est plus forte. L'appétit est bon L'amaigrissement a cessé.

Observation XIX (Thèse, Ravet, 1900. Lyon)

Tumeur maligne du col utérin (forme scléreuse)

Femme, 50 ans. Aucun antécédent.

Au mois de juin dernier : violentes douleurs lombaires et véritable hémorrhagie utérine qui dura deux jours et deux nuits au dire de la malade.

Depuis, pertes sanguinolentes fétides, peu abondantes mais continuelles. Douleurs vagues. Constipation.

Le toucher vaginal permet de constater que le col est complètement transformé par les tissus néoplasiques. Ses bords très épais et très durs sont déchirés, présentent des ulcérations larges et saignantes. Les bourgeons sont relativement peu nombreux et le néoplasme a plutôt la forme scléreuse.

Le corps de l'utérus, très peu augmenté de volume, est immobilisé et les ligaments larges, surtout du côté gauche, sont infiltrés.

Les culs-de-sac et les parois vaginales présentent cette dureté particulière indiquant le début de l'infiltration.

Pas de ganglions. Pas de signes de généralisation.

Le traitement commencé le 25 octobre comprend les piqûres et les cachets alternés.

Peu à peu localement il se fit une* légère poussée de bourgeons dont la fragilité occasionna quelques pertes sanguines ; mais examinés le 12 novembre, ces bourgeons ont déjà considérablement rétrocédé ; ils sont beaucoup plus durs et ne saignent plus.

Le 28 novembre le col a repris son aspect du début, plus de végétations, pas de bourgeons friables.

Le col a diminué un peu de longueur et s'est élargi en s'évasant ; au centre sont des tissus rouges qui ne saignent pas et ne paraissent pas de mauvaise nature.

L'examen au spéculum est facile et ne provoque pas d'hémorragie ; sur les bords très hypertrophiés du col on voit de petites ulcérations disséminées mais qui ne saignent pas.

Depuis trois semaines il se produit une exacerbation des douleurs contre lesquelles la quinine n'a pas paru avoir la même action que chez les autres malades; ces douleurs sont continues, irradiées dans Tabdomen, ne sont pas modifiées par les positions du corps, les mêmes le jour et la nuit et ne sont même presque pas calmées par la morphine ; peut-être sont-elles en rapport avec une modalité cancéreuse particulière, Tallure de la tumeur de cette malade ayant été irrégulière et bizarre.

L'état général est meilleur qu'au début du traitement malheureusement ces douleurs empêchant la malade de dormir, l'affaiblissent et entravent les bons effets du traitement qui se poursuit. Toutefois la malade ne perd absolument pas.

Observation XX

(Thèse> Ravet, Lyon).

Femme 32 ans.

Rien de notable dans les antécédents.

Le début de l'affection remonte aux premiers jours de janvier ; il s'annonça par des pertes blanches dans l'intervalle des règles qui restent normales. Puis survinrent une constipation opiniâtre et enfin des pertSshémorrhagiques précédées de douleurs violentes abdominales, irradiées aux cuisses et se reproduisant depuis fréquemment sous forme de crises. Son état est allé sans cesse en empirant.

A son entrée elle est profondément cachectique ; ses pertes sont horriblement fétides. Au toucher on constate un col entièrement transformé par un néoplasme exubérant et un utérus hypertrophié, fixé et immobile. Le toucher rectal révèle une propagation au rectum dont la paroi antérieure refoulée en arrière est indurée et adhérente. Adénopathie inguinale double.

Douleurs atroces s 'étendant le long du crural et du sciatique. La malade geint sans cesse, ne peut avoir une minute de sommeil, ne prend aucune nourriture. Maigreur extrême, abattement profond, marasme.

Chaque jour on lui fait une injection vaginale de -20 cent, cubes de la solution de bichlorhydrate de quinine au 1/10 (soit 2 grammes de sel), maintenue par des tampons à demeure ; on lui fait prendre en outre deux cachets de chlorhydrate de quinine de gr. 50.

Le 15 juillet, on constate une grande diminution des douleurs et le sommeil est possible. Les sécrétions moins abondantes sont moins fétides. La malade se nourrit un peu.

Cet état dure deux mois, stationnaire. Le 15 septembre, phlegmatia alba dolens du membre inférieur gauche et recrudescence des douleurs. La morphine est nécessaire. Afin de ne pas secouer la malade, on suspend le traitement local.

Le 30 septembre, l'œdème du membre inférieur gauche a diminué, les douleurs sont moins fortes, mais révolution de la tumeur marche à grands pas. 11 se forme une fistule vésicovaginale, puis recto-vaginale, d'où cloaque infect.

La cachexie progresse rapidement et emporte la malade qui meurt le 20 octobre.

Autopsie. — Cancer du corps et du col.

Envahissement néoplasique des ligaments larges. Tout cet ensemble remplit entièrement la cavité pelvienne de masses dégénérées et ramollies.

Carcinose péritonéale.

En somme le traitement paraît avoir produit un temps d arrêt passager pendant lequel la malade a moins souffert, a pu se nourrir, dormir et recouvrer un peu de forces.

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