‹ Traitement du choléra à la période prodromiqueChapitre 2 sur 2 · EXPOSITION · texte numérisé non relu

EXPOSITION

Des moyens les plus propres à préserver du choléra les localités et les individus.

Le choléra n’est pas contagieux ( dans l’acception ordinaire de ce mot); c’est-à-dire qu’il n’en est pas de cette maladie, comme de la variole, de la rougeole et du typhus, qu’on prend en touchant les malades ou en respirant le même air qu’eux.

On peut (moyennant certaines précautions que nous indiquerons plus bas), donner impunément des soins aux cholériques , rester près d' eux , respirer l'air qui sort de leur poitrine, Sans risquer de prendre la maladie.

L’élément de propagation ( contagieux) du choléra réside dans les matières rendues par le malade, ou plutôt il s’y crée et s’y développe, au fur et à mesure que ces matières subissent la décomposition, (c’est-à-dire de 20 à dO heures après l’émission). Quand alors elles viennent à se mêler aux produits contenus dans les fosses d’aisance , elles leur communiquent la puissance infectieuse; elles peuvent au moyen des eaux croupissantes et des infiltrations du sol, aarvenir jusqu’aux sources et aux réservoirs, et empoisonner des volumes considérables de l’eau qui sert à la boisson.

En s’attachant aux objets de literie, aux tapis d’appartement, au linge qui a servi aux malades, elles sont susceptibles de porter la contagion à de très-grandes distances.

11 est essentiel, de ne pas perdre de vue que le contagium se développe, non seulement dans les déjections des cholériques, mais aussi dans les produits de la simple cholérine.

La première et la plus importante des précautions, consiste donc à désorganiser les matières rendues par les malades, au moyen d’une solution de sulfate de fer ( 1 partie de sel pour 8 d’eau ) avant de les jetter dans les fosses ; on doit plonger et laisser dans l’eau bouillante, le linge et les tissus contaminés, en attendant l’envoi à la lessive ou au nettoyage.

Comme le poison (à la manière de tous les contagieux), tend à se multiplier et à prendre de l’intensité au contact des matières qui sont elles-mêmes en voie de décomposition , il est indispensable de désinfecter journellement les lieux d’aisance, de remédier aux fuites des canaux éducteurs et d’éloigner de l’intérieur et du voisinage des habitations toute accumulation d’immondices.

11 faut blanchir à la chaux les escaliers et les passages, et ne laisser au voisinage des sources et 'des réservoirs d’eaux, ni fumier, ni détritus d’aucune sorte.

Par ces moyens , on aura assuré la pureté de l’air et de l’eau et en conséquence la sécurité générale.

Dans toute localité menacée ou envahie par le choléra , les dérangements intestinaux doivent devenir l’objet d’une attention spéciale, surtout en ce qui concerne les prisons , les écoles, c’est-à-dire les agglomérations humaines; outre que ces diarrhées sont ordinairement l’expression de l’influence épidémique, et qu’elles peuvent contribuer par leur produit à l’extension du fléau, elles constituent toujours une prédisposition au choléra.

Il est bon que les populations sachent que dans ce cas un peu de sobriété et un ou deux verres de limonade minérale légère (2 à 3 grammes d’acide, par kilogr. d’eau sucrée), arrêtent cette indisposition avec une promptitude merveilleuse ; les bureaux de bienfaisance pourraient, à très peu de frais, donner à tous venant, cette boisson médicamenteuse.

Au fort des chaleurs de l’été et de l’invasion cholérique,

en ajoutant quelques gouttes d’acide sulfurique à de l'eau vineuse, on aurait une boisson à la fois rafraîchissante et préservative.

Quant aux personnes, le meilleur conseil à leur donner, est de ne rien changer à leur régime habituel, de ne négliger ni l’exercice, ni l’usage des bains froids ou chauds. Elles devront éviter toute fatigue et toute vicissitude de température excessive, et par-dessus tout ne commettre aucun acte d’intempérance ; ne prendre ni purgation ni vomitif, sans que la nécessité en ait été indiquée par le médecin.

Mais elles n’auront besoin de s’abstenir ni de fruits, ni de légumes, ni d’aucun aliment qui ne les incommode point en temps ordinaire.

Avignon. — lmp. Aübanel frères, Pince Saint Pierre, 9.

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