IV. — CAUTÉRISATION PAR LES CAUSTIQUES
« Ce qui caractérise très nettement les tendances actuelles dans le traitement du lupus, disait 1l y a près de vingt ans Aubert de Lyon, c'est l'abandon des anciennes méthodes et plus spécialement des cautérisations potentielles avec le chlorure d’or, le nitrate d’argent, la potasse, le chlorure de zinc, etc. Ces méthodes ont sans doute à leur actif de bonnes et solides guérisOns ; mais leur passif peut compter une forte part d'insuccès, une douleur notable, une lenteur désespérante et une proportion sensible de cicatrices violettes et de brides saillantes (1). »
Tout le procès de l’ancienne thérapeutique du lupus par les caustiques est fait là en quelques mots. Ce genre de médication étant de nos jours peu employé, nous ne parlerons que pour mémoire des méthodes anciennes et nous insisterons seulement sur les procédés analogues employés encore par quelques dermatologistes qui les ont perfectionnés (2). De ce nombre est Unna.
(1) Aubert. Trait. du lupus à l'antiquaille. Ann. Dermat. Mars 1883.
(2) Nous ne pouvons parler ici de ous les caustiques essayés dans la thérapeutique du lupus: crysarobine, résorcine, sublime, iode, pâte de Vienne, etc., etc. Leur étude demanderait une place incompatible avec le cadre de ce travail.
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Procédé de Unna. — Pour lui, un caustique n'est bon qu'à la condition d'agir exclusivement sur les parties malades. L'acide salicylique posséderait seul ce pouvoir ; mais c'est un médicament malheureusement difficile à supporter si on ne lui associe la créosote de hêtre. De plus, l'acide salicylique ne détruit pas à distance le bacille de Koch; seuls les bacilles enfouis dans le tissu cautérisé par l'acide sont atteints, et on n'a de guérisons que si par un heureux hasard aucun bacille n'a échappé au caustique. Il ne faudrait donc pas trop compter sur la fréquence de pareils résultats. Aussi faut-il adjoindre à l'acide salicylique une substance capable d'attaquer le bacille dans la profondeur ; c'est au chlorure d’antimoine liquide qu'Unna réserve ce rôle, et voici la formule de la pâte qu'il emploie :
Acide salicylique 6
Chlorure d'antimoine liquide ( ** ?81ammes:
Créosote PT
Extrait de chanvre indien âà 4grammes.
AGEDS Jane AS OS TND
Cette pâte est déposée sur la surface malade avec une spatule : il faut avoir Soin de cocaïniser préalablement, afin d'éviter la douleur très vive sans cette précaution. La pâte est recouverte d'emplâtre à l'oxyde de zinc ; et on renouvelle la cautérisation au bout de quarante-huit heures.
Lorsque le lupus est scléreux et résiste énergiquement, on ramollit le tissu conjonctif qui entoure les
Cu
lupomes au moyen de caustiques alcalins dont voici la formule :
Potasse caustique Chaux éteinte Savon noir
Eau distillée
parties égales.
Par ces deux procédés, on attaque le lupus en surface. Voici comme on procède pour traiter les foyers profonds isolés au milieu des tissus sains.
Au moyen de petites tiges de bois terminées en pointes et trempées dans une solution caustique, on transperce les lupômes; le bois est assez düûr pour percer le tissu lupique, mais pas assez pour dilacérer les parties saines. Les bâtonnets ont 5 centimètres de long sur 2 millimètres d'épaisseur; on plonge leur pointe dans le chlorure d’antimoine liquide un quart d'heure avant de s’en servir, ou pendant plus longtemps si on veut augmenter l'action caustique. On les enfonce, en les faisant tourner comme une vrille, jusqu'à 2 ou 3 millimètres de profondeur, puis on les coupe au ras de la peau avec des ciseaux, et on les laisse en place en les recouvrant d'emplâtre mercuriel. Le nombre des pointes enfoncées varie de deux à douze ; elle tombent spontanément au bout de deux Jours. |
En résumé, le traitement consiste à cautériser Îla surface lupique pendant huit à quinze jours avec la première pâte, puis pendant un mois, on la traite par la potasse ; on emploie les bâtonnets pendant une hui-