PO
Pour protéger les parties saines contre l'action des rayons, on se sert d'écrans métalliques en étain ou en fer blanc. Les os, ne laissant pas passer les rayons, agissent comme un écran pour les téguments situés derrière eux ; en soumettant, par exemple, la face palmaire du bras à l'action directe des rayons, la face dorsale est protégée contre leur action directe par le radius et le cubitus. D'où la nécessité d'agir sur les deux faces successivement, au cas où le bras serait malade sur toute sa circonférence.
La distance de laquelle le tube doit être distant de la partie à traiter est, d'après Alberts Schônberg(t), de 25 centimètres environ. Le même auteur conseille de faire durer la séance une petite demi-heure. Dans ces conditions il aurait obtenu des résultats encourageants (1).
Résultats. — Voici d'après Schiff (2) les résultats que l'on constate :
Tout d'abord il se produit une réaction inflammatoire généralisée, accompagnée d'une réaction spécifique du tissu lupique ; des nodosités lupiques invisisibles à l'œil nu deviennent apparentes par l'éclairage des rayons Rœntgen. Puisles Iupômes se ramollissent ets'éliminent.
Pendant quelques jours, la plaie a un mauvais aspect : elle est couverte de sanie et de croutelles purulentes; mais bientôt elle se déterge, se couvre de
(1) Arch. d'électr. méd., 15 janvier 1808.
(2) Soc. viennoise de Dermatol . 2 juin 1897.
Ne
bourgeons vivaces, organisés, et, dès lors, tend à se cicatriser, le processus épidermique se faisant des bords de la plaie vers le centre comme pour un ulcère vulgaire.
Le professeur Lang de Vienne a, lui aussi, constaté cette action favorable que Kaposi compare à celle de la lymphe de Koch; maisil ne l’a jamais vue persister. Il n'a jamais été témoin d’une seule guérison qui soit attribuable à ce mode de traitement; enfin il l'a vu totalement inactif dans plusieurs cas.
En résumé, en parcourant les observations où des résultats favorables ont été obtenus, nous ne trouvons que très peu de guérisons ; encore ne sait-on pas si ces gucrisons ont été durables, les observations ayant été publiées peu de temps après qu'elles étaient constatées. Par contre, on a noté très souvent une amélioration notable ; lies surfaces ulcérées prennent un aspect satisfaisant ei se couvrent de granulations de bonne nature. Aussi Unna conseille-t-1l d'avoir recours à ce procédé pour améliorer des lupus très étendus qu'on continuera ensuite à traiter par les procédés habituels.
VII — PHOTOTHÉRAPIE. MÉTHODE DE FINSEN
Historique. — M. Niels R. Finsen, de Copenhagüe, a appliqué fort ingénieusement au traitement du lupus les propriétés bactéricides de la lumière.
D’autres avant luiavaient déjà eu cette idée. Mais les tentatives isolées de Thayer, de Maximilien Mehl, de Lahmann, n'avaient pas eu d’heureux résultats. Leur iisuccès provient sans doute de cette double
TE
cause: l'usage d'instruments concentrant insuffisamment les rayons lumineux, et par suite d’une puissance thérapeutique trop limitée; l'emploi simultané de tous les rayons lumineux indistinctement, sans exclusion des rayons calorifiques dont l'action nocive est au- Jourd'hui bien constatée.
Au cours d'intéressantes recherches qui remontent a plus de dix ans, Finsen constata et expérimenta les trois propriétés suivantes que possèdent les rayons lumineux :
Leur action bactéricide, leur pénétration à travers la peau, la réaction spéciale spécifique qu'ils provoquent.
C'est sur ces trois effets qu'est basée sa méthode de traitement qu'il n’a cessé de pratiquer avec succès depuis 1896, à l'Institut de photothérapie de Copenhague.
La méthode de Finsen a été appliquée dans d'autres pays. Des appareils copiés sur les siens ont été construits, et des Instituts de photothérapie ont été fondés.
À Saint-Pétersbourg, Pétersen a une installation semblable ; 1l se sert de la lumière électrique, et a obtenu des guérisons.
En Allemagne, plusieurs médecins ont commencé à soigner le lupus par cette méthode.
En France,quelques hôpitaux l'ont adoptée. À Saint- Louis, dans le service de M. Saboureau fonctionnent des appareils fabriqués sur le ‘modèle de ceux de Copenhague. La lampe à arc est de 60 ampères et
Le qO Ve
fournit des rayons lumineux à quatre tubes concentrateurs. Bien que l'installation soit achevée depuis quelques mois seulement, on a déjà enregistré quelques gucrisons et denombreuses améliorations.
Tout récemment aussi, une installation du même genre a été créée à Paris, par le docteur Leredde dans l'établissement dermatologique qu'il dirige : et lui aussi n'a qu'à se louer des résultats obtenus.
Enfin, quelques villes, Lyon entre autres, possèdent des appareils Finsen.
Appareils. — On sait que la lumière solaire contient : ;
Des rayons calorifiques (jaunes, orangés, rouges, ultra-rouges) ;
Des rayons chimiques (bleus, violets, ultra-violets).
Ce sont ces derniers seuls que l'on emploie; les rayons calorifiques concentrés produisent en effet une combustion des tissus, et, de plus, n'ont qu'une puissance bactéricide limitée. Aussi les élimine-t-on.
La source lumineuse la plus riche en rayons chimiques est la lumière solaire ; malheureusement on ne l'a pas toujours à sa disposition. À son défaut on emploiera la lumière électrique de l'arc voltaïque; les lampes à incandescence donnent trop peu de rayons chimiques.
Le dispositif n'est pas le même suivant qu'on emploie l'une ou l'autre de ces lumières. Les rayons s0laires sont en effet parallèles; les rayons issus de l'arc voltaique sont au contraire divergents.
L'appareil employé pour concentrer la lumière solaire consiste en une lentille plan convexecreuse, de 20 à 40 centimètres de diamètre, remplie d'une solution ammoniacale de sulfate de cuivre, et montée sur un support métallique en forme de fourche permettant d'imprimer au verre des mouvements autour d'un axe vertical et d’un axe horizontal, et de l'élever ou de l'abaisser à volonté.
Tout autre est le dispositif employé pour concentrer la lumière de l'arc voltaïque dont l'intensité doit être de 60 à 80 ampères. L'appareil a la forme d'un télescope ; un premier système de deux lentilles rend parallèles les rayons divergents .de l’arc voltaïque; un deuxième système fait converger ces rayons. Entreles lentilles se trouve de l’eau distillée maintenue constamment fraiche : les rayons lumineux la traversent et s'y refroidissent. Les lentilles sont en cristal de roche, substance qui laisse passer les rayons ultra-violets, absorbés en grande partie par le verre ordinaire.
À leur sortie de l'appareil, les rayons viennent tomber sur le malade, mais non pas directement. Il leur faut encore traverser une sorte de petit cylindre aplati formé de deux rondelles de verre séparées par une couche d’eau fraiche qui se renouvelle sans cesse. Ce cylindre est appliqué exactement sur la peau du malade, à l'endroit que l'on veut traiter ; il a pour but de la rafraichir et de rendre sûpportable l'action des rayons qui sortent encore brülants de l'appareil. De plus, en comprimant les tissus, il produit une anémie passagère de la région et augmente ainsi l'action
Méthode Finsen pris à l'hôpital Saint-Louis dans Île
Croquis demi-schématique service de M. Saboureau. — L d'eau froide qui circule dans l'appareil.
es flèches indiquent le sens du courant
Le “4
"LR = =
à 1 | FORTE Ve PR l le
7 Le
ous f fi + U Us.