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puisse avoir dans sa trousse quelques scarificateurs, modèle Vidal. Le lupique peut donc se faire soigner au besoin par son médecin habituel : celui-ci n'aura sans doute pas l'habileté et le doigté que seule l'habitude peut donner, mais du moins il pourra s'opposer efficacement à la marche d'un mal qui sans lui ferait de rapides progrès.

En résumé l'ignipuncture combinée avec la scarification, qui donne entre les mains d'un spécialiste des gœuérisons excellentes, pourra, maniée par une main moins habile, produire des résultats généralement suffisants. Le prix modique des appareils qu'elle nécessite, la facilité avec laquelle on peut s'en servir en font le procédé le plus pratique pour le médecin de campagne, et le seul applicable au paysan qui tient à se faire soigner dans son pays.

3° Traitement d’après la condition et la richesse du malade.

La fortune du malade, la position qu'il a dans le monde, le métier qu'il exerce ont aussi leur influence sur le traitement qu'on lui ordonnera.

Nous venons de voir que le traitement Finsen ne pouvait être suivi dans certaines villes; le prix élevé qu'il coûte, environ 500 francs (1) pour les cinq mois que

(1) Cette somme de 500 francs, représente la moyenne des frais déboursés par le médecin pour le traitement d’un malade soigné d’après la méthode Finsen, à Paris,

dure la cure dans la moyenne des cas, le met à la portée de certaines bourses seulement. Il est vrai que tous les hôpitaux des grandes villes pourraient avoir un appareil Finsen mis gratuitement à la disposition des lupiques indigents. Mais nous n'en sommes pas encore là, et, en attendant, il convient de s'arrêter aux solutions actuellement pratiques. Seul, à l'heure actuelle, l'hôpital Saint-Louis possède une installation où on soigne les malades parisiens gratuitement comme dans toutes les dépendances de l'assistance publique : les médecins spécialistes, qui en ont fait construire d’autres chez eux, les réservent pour leur clientèle payante.

On peut donc affimer que cette méthode, excellente sous tous les rapports, reste aujourd'ui l'apanage exclusif d'une classe de malades privilégiés, citadins dans l'aisance, et, nous devons ajouter, ayant des loisirs.

Il faut en effet beaucoup de temps libre pour suivre régulièrement ce traitement.

Il comprend une séance par jour pendant cinq mois consécutifs, durée moyenne de la cure. C'est une dépense de temps d'environ trois heures, si l’on tient compte du temps perdu pour se rendre auprès du médecin. Il est beaucoup de gens, même dans les classes aisées, auxquels leurs occupations ne laissent point une pareille liberté : la méthode Finsen cesse de leur être applicable. À plus forte raison, ne peut-on guère songer à l'appliquer à l'ouvrier qui n'a d'autre ressource que son travail quotidien.

En résumé, pour la clientèle fortunée et peu occupée,

le traitement par les rayons lumineux reste excellent et pratique.

Si le malade, même riche, est absolument empêché par ses occupations journalières, de se prêter aux exigences du traitement, il sera traité par l'ignipuncture et la scarification, ou far les méthodes chirurgicales.

Un jour viendra peut-être, où toute grande ville aura dans ses environs un sanatorium affecté spécialement au traitement de ses tuberculeux. Le péril tuberculeux va en effet sans cesse croissant. On commence à s'en émouvoir. Mais les précautions prises sont encore bien insuffisantes pour enrayer la dissémination rapide de ce fléau. Au Moyen Age, on fut obligé pour empêcher les ravages de la lèpre, de recourir aux mesures les plus sévères. Devant les progrès envahissants de la tuberculose, on finira par comprendre la nécessité d'agir vigoureusement : les tuberculeux seront sans doute obligés de se soigner hors de la ville dans un sanatorium où on les hospitalisera, et où tous les genres de médication pourront leur être appliqués.

Dans cette situation idéale, la méthode de Finsen sera certainement préférée à toutes les autres, pour le traitement du lupus.

Les idées que nous venons de développer peuvent être résumées dans le tableau suivant :

Traitements locaux du Lupus.

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