‹ Traitement du Ptosis par la Blépharopéxie Frontale à Ciel OuvertChapitre 6 sur 15 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le Ptosis. Anatomie et physiologie de la région palpébrale.

Le ptosis est une difformité, caractérisée par la chute permanente de la paupière supérieure, chute . plus ou moins complète et qui dépend d’un nombre de causes fort variées, telles qu’un excès de longueur des téguments, une lésion traumatique, un affaiblissement ou une paralysie de l’élévateur de la paupière.

Simple ou double, congénital ou acquis, sa cause la plus fréquente est la paralysie de la troisième paire, ou nerf moteur oculaire commun, qui supprime l’action du releveur de la paupière et laisse toute liberté d'action à son antagoniste : l’orbiculaire des paupières.

De forme elliptique, avec grand axe à peu près horizontal, la région palpébrale est essentiellement constituée par les paupières, c’est-à-dire par les téguments qui recouvrent la base de l'orbite et le contenu

Aion

orbitaire, et qui, grâce à la disposition d’un double appareil musculaire, jouissent de mouvements d’ouverture et de fermeture de la fente palpébrale qui les sépare.

La paupière supérieure, limitée en haut par le sourcil et le bord supérieur de l’orbite, en dedans, par un sillon qui le sépare de la face latérale de la base du nez ; en dehors, par la saillie orbitaire externe, présente un sillon oculo-palpébral semi-elliptique plus ou moins écarté du bord libre de la paupière avec lequel il conserve un parallélisme assez étroit. L’effacement de ce sillon se rencontre dans le ptosis congénital ou acquis et traduit la paralysie du releveur de la paupière.

Certaines affections des paupières (tarsite syphilitique, conjonctivite granuleuse, etc) donnent un épaississement de la paupière qui redescend et réduit la fente palpébrale. Mais il n’y a pas de paralysie; les mouvements palpébraux se font bien.

Dans le blépharo-chalazis, affection d’ailleurs rare, la peau de la paupière perd son élasticité, devient flasque, s’allonge et retombe sur le bord ciliaire.

On peut en dire autant de l’adipose palpébrale (ptosis adipeux).

À l'inverse de son excitation, la paralysie du sympathique donne un léger potsis et rétrécit un peu la fente palpébrale.

Le ptosis congénitale existe quelquefois chez plusieurs membres d’une même famille (ptosis congénital héréditaire). Il n’est pas rare de constater en

PRET | Pers

même temps d’autres troubles nerveux congénitaux (insuffisance de l'élévation des globes, nystagmus, troubles de l'intelligence, etc.).

Le ptosis congénital constitue la forme la plus commune des anomalies de la paupière. Il tient au manque de développement du releveur ou à sa paralysie.

La paralysie du muscle releveur de la paupière supérieure entraîne une chute de la paupière qu’on appelle ptosis paralytique. Il peut être isolé ou accompagné d’autres paralysies de l’œil.

Le ptosis devenu permanent, il en résulte une gêne continuelle, surtout si la paralysie est bilatérale et complète.

Dans les plaies pénétrantes de la paupière supérieure (ptosis traumatique), le muscle élévateur peut être coupé ou déchiré en travers, ou bien c’est le rameau nerveux qu’il recoit de la troisième paire qui se trouve divisé. La conséquence de cet accident est l'impossibilité de découvrir l’œil. Il n’y a, dans ce cas, aucun avantage à tirer de l’ablation d’un pli fait à la peau de la paupière.

Dans les cas d’inflammation de la paupière (ptosis par hypertrophie), accompagnés d’œdème considérable ou d’un épanchement sanguin abondant, la paupière est quelquefois si épaissie et ses téguments si relâchés, qu’ils forment un pli pendant au devant de Vouverture palpébrale ; d’un autre côté, l’élévateur de la paupière ne suffit plus pour la soulever, à cause de son poids et de ses dimensions. Dès que le malade

ns pe cherche à ouvrir l’œil, les contractions du muscle se montrent distinctement, mais la paupière ne se soulève que très peu ou pas du tout.

Dans l’encéphalite épidémique, on observe souvent une chute accentuée des paupières. Le malade ouvre difficilement les yeux, non seulement parce qu’il est souvent somnolent, mais parce que ses paupières sont parésiées. Ce ptosis, incomplet, peut exister, sans qu’il y ait somnolence.

On signale encore l’existence du ptosis dans certaines intoxications alimentaires (bolulisme), dans l’intoxication diphtérique, dans l’intoxication saturnine, de même que dans différentes maladies. infectieuses (scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde).

On peut observer du ptosis dans l’hystérie ; l’affection serait habituellement bilatérale.

Ainsi, toute cause qui diminuera ou supprimera l’action du releveur ou celle de son nerf moteur : plaies, infiltration de graisse ou de liquide, tout ce qui augmentera le poids de la paupière, tout cela pourra être cause de ptosis.

A ce moment, le sujet est incapable de soulever sa paupière ; celle-ci tombe comme un voile au devant de la cornée et la vision normale est fort compromise. Il doit, en effet, pour « voir », renverser fortement la tête, de façon que Je globe de l’œil s’abaissant, la pupille se trouve dans la fente palpébrale ; ou bien, recourant à des artifices, il soulève lui-même la paupière, ou la peau du front avec ses doigts ou certains instruments.

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Les paupières tombantes, les plis frontaux, l’élévation du sourcil, l’attitude de la tête donnent au malade un caractère très spécial (facies d’Hutchinson).

C’est donc une véritable infirmité et une infirmité apparente. De là vient que de tout temps on s’est efforcé d'y remédier.

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