ALIMENTATION DE L'ENFANT
Sans être aussi exclusif que J. L. Petit qui voyait dans la privation du sein maternel l'unique cause du rachitisme, il n'en est pas moins vrai que cette maladie est beaucoup plus fréquente chez les enfants élevés au biberon que chez ceux nourris au sein.
Aussi lors de la naissance d’un enfant, le praticien devra-t-il s'attacher à ce que celui-là bénéficie de l’alimentation à laquelle il a droit : le sein maternel. Parfois.le médecin aura à lutter contre certaines « agalacties volontaires > qui ne reconnaissent d'autres causes qu’une coquetterie mal placée, ou la gêne que peut amener dans la vie d'une maman le fait de nourirr son enfant au sein.
Avec un peu de doigté, grâce à quelques exemples bien choisis, montrant tous les risques que court un nourrisson
élevé au biberon, l’accoucheur aura vite fait de stimuler l'instinct maternel, et ses efforts seront très souvent couronnés de succès.
L'enfant élevé au sein, il faut combattre l'ignorance de la mère, lutter contre les préjugés qui bien souvent sont à l’origine des erreurs de régime. Dans cette tâche le médecin est aidé largement par les infirmières visiteuses. Celles-ci, en effet, ne s'occupent pas uniquement de la clientèle des consultations, dispensaires et hôpitaux ; averties des naissances survenues dans la zone qui leur est affectée, elles vont dans les familles mêmes porter aux jeunes mamans des conseils éclairés. Leur’‘influence morale est considérable, elles deviennent rapidement, selon le mot de Ribadeau Dumas : « l’amie la plus sûre du foyer » ; elles établissent la liaison entre les mères et les très nombreuses œuvres qui se sont créées pour les secourir et leur prêter assistance.
Il est cependant des cas où les enfants, quoi qu'on fasse, seront séparés de leur mère : soit que la maladie impose cette séparation : mère tuberculeuse par exemple ; ‘soit parce qu'il y a agalactie vraie ; soit enfin par nécessité sociale.
Lorsque les conditions de fortune le permettent, la meilleure solution est l'allaitement mercenaire surveillé ; dans les autres cas, on aura recours aux pouponnières ou « au placement individuel familial ».
Dans les pouponnières l'enfant est élevé soit au sein, par une mère allatant à la fois son nourrisson et un autre qui lui est confié, soit au biberon.
Quant « au placement individuel familial », 1l est de
LE Bus
beaucoup supérieur au placement nourricier ordinaire. Les enfants sont confiés à des nourrices habitant des localités voisines. Une infirmière visiteuse sous le contrôle d'un médecin, veille à la bonne hygiène alimentaire des nourrissons.
En surveillant ainsi l’alimentation des jeunes enfants, en recherchant le plus possible l'allaitement maternel non seulement on diminuera le nombre des rachitiques mais aussi on influera considérablement sur la mortalité infantile.