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vicieux, car cette immobilité volontaire entraîne l'ankylose progressive «le l'articulation et l'atrophie des muscles qui la meuvent.
Pour sortir de cet état, il faut provoquer les mouvements et rétablir ainsi la fonction compromise (la fonction entretient et perfectionne l'organe).
On y arrive en calmant d’abord la douleur et par suite l’appréhension du malade. Nous avons déjà montsé qu'il est souvent possible de faire exécuter ou de provoquer des mouvements légers actifs ou passifs, dans un bain de mer chaud, sous une douche de vapeur cu d'air chaud, sous une affusion chaude, etc.
De même, si le médecin, en faisant mouvoir une articulation a provoqué des douleurs, il les calmera ensuite par des applications chaudes ou un effleurage léger, et ne recommencera que lorsque la douleur aura presque disparu. Cette méthode donne confiance au malade &t permet d’obtenir des résultats rapides.
En effet, la crainte de la douleur arrête souvent toute tentative du patient; d’autre part, les muscles, quoique atrophiés, sont plutôt inhibés que paralysés; il y a une torpeur musculaire qui cesse dès les premiers mouvements, et on est étonné parfois de voir avec quelle rapidité les muscles qui paraissaient incapables de toute contraction reprennent leur fonctionnement,
Quand, au bout de quelques jours, on s’aperçoit que ies mouvements ainsi obtenus sont insignifiants et que des adhérences empêchent la motilité de l’articulation, il y a avantage, dès le début de la cure, à recourir aux mouvements forcés. On tient compte du jeu normal de
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A l'articulation, du sens dans lequel la fonction est limitée, et on force un peu, sans Violeuce mais délibérément, de façon à augmenter l'amplitude du mouvement. On perçoit souvent alors des craquements articulaires entendus à distance indiquant la rupture : d'adhérences fibreuses.
Le malade ressent une douleur très vive, mais généralement Courte, que l’on calme immédiatement par les moyens sus-indiqués (massage doux et chaleur). Il ‘a souvent une crise douloureuse la nuit suivante; mais, au bout de 24 à 36 heures, tout à disparu, et on conserve l’étendue du mouvement obtenu.
On recommence quelques jours après si c'est nécessaire, et la gymnastique articulaire méthodique fait le reste.
Un fait remarquable, c’est que les sujets dont le jeu articulaire était très limité (presque nul) et qui’souffraient toutes les nuits de leur articulation, voient, peu après les mouvements forcés, disparaître les douleurs nocturnes. Il semble qu’en donnant plus de jeu à l’articulation on ait supprimé les contractures réflexes musculaires qui provoquaient les douleurs. Quelle que soit l’explication du phénomène, le résultat est constant.
Tous les mouvements passifs simples ou forcés, devront toujours être exécutés correctement, dans le sens du jeu articulaire, sans à-coups, et en ayant soin de bien soutenir le membre jusqu’à ce qu’on lait ramené à la position du repos, sous peine de provoquer des douleurs violentes et inutiles.
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La douleur ne doit exister qu'un instant très court, au moment où on force le mouvement et où on brise des adhérences. Entre deux séances de mouvements forcés, on se contente le mouvements «Joux et lents pour ne pas perdre le bénéfice obtenu.
La combinaison de ces procélés, massage el Mouvements passifs ordinaires ou forcés, nous permet d'arriver à une nouvelle étape du traitement, 3
Le patient commence à avoir des mouvements plus étendus ; la douleur est moindre; les museles ont repris un peu de force : on pourra décider le malade à faire quelques mouvements actifs. Au début, on placera le membre dans une position qui supprimera ou diminuera l'influence de la pesanteur; au besoin, on le sontiendra afin de donner au sujet courage et confiance, On se rappellera toujours que les muscles affaiblis ne peuvent fournir qu'un effort modéré et on ne demandera que des mouvements simples, faciles, des contractions musculaires très courtes avec repos suffisant entre chacune. | |
On exerce ainsi tous les muscles méthadiquement, Nuivant les cas, on peut faciliter le mouvement en aidant à la contraction musculaire par des cordonnets de caoutchouc (sandows).
Pour prendre un exemple, Supposons un rhumatisant de lépaule chez leqnel nous pouvons placer le bras horigontalement, mais qui ne peut l'amener seul à cette position : le jeu articulaire est assez étendu, mais le musele deltoïde affaibli est incapable de :soulever le poids du bras, En fixant en haut d'une porte
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un cordonnet de cavutchouc terminé par une poignée, , on pourra faire exécuter des mouvements alternatifs d'abaissement et de relèvement du bras qui assoupliront l'articulation et ne demanderont au deltoide qu'un effort insignifiant où nul, Avec un peu d'ingé: niosité, il sera facile, en plaçant le sujet dans diverses positions (debout, assis, couché, etc.) d'appliquer ce procédé à toutes les articulations. En tout cas, un aide peut toujours y suppléer.
Dès que le malade arrive à exécuter des mouvements actifs dans un bain où au dehors, dans des positions qui suppriment l'effort, on passera aux exercices à résistance,
Au début, on se contentera du poids du membre : pour l'épaule, élévation jusqu'à l'horizontale du bras étendu; pour le genou, extension de la jambe sur la cuisse, le Sujet étant assis, ete. puis, dès que Facte s'exécute facilement, on fait soulever des poids de plus en plus lourds; où mieux, on fait exécuter par un aide exercé une résistance de plus en plus forte au mouvement du sujet.
Pour éviter les efforts involontaires et localiser le
mouvement autant que possible aux muscles à réélu:
quer, on placera le sujet dans une position commode (couché ou assis), de façon à ce que les autres masses musculaires soient à peu près en résolution.
On voit done qu'on à passé par nuances insensibles du mouvement passif au mouvement actif exécuté dans un bain où avec le soutien d'un aide, puis aux mou-
vements actifs avec résistance graduée, permettant
Rte.
ainsi d’angmenter progressivement la force de contraction des muscles, tout en exerçant l'articulation.
Règles d'application. — Pour éviter tout retard dans cette progression régulière, il faut se rappeler:
1° Qu'un muscle affaibli se surmène vite; donc, au début, séances courtes, avec résistance faible; on ne doit pas se. laisser influencer par le malade qui, croyant guérir plus vite veut exagérer l'exercice. Le surmenage musculaire ramène les douleurs, les Contractures et s'oppose à la nutrition normale du
muscle.
2° Il faut se rapprocher autant que possible des conditions physiologiques de la contraction musculaire; toute contraction pour être utile au développement et à la nutrition du muscle, doit être courte, avec repos fréquent et nécessiter des efforts modérés, Il vaut mieux soulever de terre dix fois un kKkilogr. en une minute que de tenir à bout de bras dix kilos pendant le même temps. Il ne faut pas d'efforts violents qui épuiseraieut le muscle, mais un grand nombre de
petits efforts suffisamment espacés.
3° il ne faut pas fatiguer le malade par des massages ou tes mouvements trop fréquents.
Une séance de kinésithérapie complète, quand le sujet est avancé dans le traitement comprend le mas- Sage, des mouvements passifs, des mouvements actifs avec ou Sans résistance.
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S'il y à un grand nombre d’articulations atteintes la séance serait longue et pénible.
Pour faciliter les choses, on peut répartir la besogne sur deux jours; un jour, on traite a là partie inférieure (au-dessous de la ceinture); le lendemain, la partie supérieure du corps (au-dessus {de Ta ceinture) ; la prescription portera : Jlassage et mouvements inférieurs où Massage et mouvements supérieurs, Suivant le cas, et comprendra la série de manœuvres sus-indiquées pour chaque moitié du corps.
4° Même lorsqu'il n'y a qu'un groupe limité d'articulations atteintes, le massage et les mouvements doivent porter isur toutes les grandes articulations; car. le plus souvent toutes sont plus où moins raides, même à l'insu du sujet, et ce traitement a, d'autre part, une heureuse influence sur l’état général du malade dont il favorise la circulation et relève les forces musculaires | et Ja vitalité.
5° Il faut éviter toute fatigue exagérée pendant la durée du traitement physique. Le médecin doit savoir mettre en jeu tous les agents thérapeutiques, et il est bien certain que, quand cela est possible, l'exercice est très utile au malade et doit lui être recommandé, L'air ie la mer, par exemple, stimule la nutrition; les poumons se dilatent largement devant ces grands espaces et l'état général ne peut qu'en bénéficier.
Mais les pronienades trop longues, les excursions iointaines doivent être interdites, le malade devant se réserver ses forces pour faire face au traitement qui détermine toujours une certaine fatigue.
à L) Exercice musculaire et réeducation
Rééducation des mouvements. — Notre rhumatisant par l'emploi simultané ou successif de tous ces procédés a retrouvé une partie de ses mouvements -et de sa force musculaire, Il reste à réaliser la dernière partie, la -rééducation des mouvements compleres : marche, préhension «les objets, action de se coiffer, etc.
Il est remarquable, en effet, que les “ujets qui, pendant longtemps, ont immobilisé un membre ne savent plus s'en servir correctement même lorsqu'ils ont rétupéré la fonction articulaire et musculaire. Ils ont pris de mauvaises habitudes et trichent inconsciemment.
Les uns marcheront en fauchant, tenant leur genou raide comme une jambe de bois, alors qu'ils peuvent le plier facilement jusqu'à l’angle droit. D’autres, pour “porter un verre à leurs lèvres avanceront la tête à la rencontre de la main; pour élever le bras jusqu'à l'horizontale, ils pencheront le corps du côté opposé de façon à diminuer l'effort musculaire.
I1 y a là toute une éducation à refaire. On y arrive facilement en attirant l'attention du malade sur Fexécution correcte du mouvement, jusqu'à ce que l'acte soit devenu automatique comme autrefois.
Un bon moyen de contrôle est de faire exécuter les mouvements devant une grande glace, Le malade peut ainsi s'apercevoir de ses fautes et arrive rapidement à se corriger seul, la vue venant au secours du sens musculaire en partie perdu.
A ce moment, on fait exécuter au sujet et on lui
apprend une série de mouvements de gymnastique simple (au plancher, ou avec des haltères légères, des extenseurs de caoutchouc) ayant pour but d'exercer spécialement les muscles affaiblis et les articulations raidies ; le malade devra continuer longtemps ces exer-cices eymnastiques après son retour chez lui.
Gymnastique de suppléance. — Dans le cas où il a été impossible de rétablir le jeu articulaire et musculaire complet, soit qu'il y ait ankylose irréductible ou affaiblissement musculaire trop prononcé, on s’incéniera à obtenir la production de suppléances dans les articulations voisines (par exemple la mobilité de lomoplate suppléant en partie à celle de l'épaule, et
on conseillera les exercgces de gymnastique appropriés
à ce nouveau but.
Nous savons, en effet, que, pour un grand nombre d'articulations, il y «x des mouvements nécessaires que seu] l'article envisagé peut effectuer, et des mouvements de lure, auxquels une articulation voisiné peut suppléer plus ou moins parfaitement, On doit done faire tout son possible pour ramener les mouvements
nécessaires.