‹ Traitement Électrique de la Névralgie SciatiqueChapitre 29 sur 49 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Névralgie sciatique guérie par les courants continus descendants. (ONIMUS, Gaz. des hôp. 1867).

M.T .… souffre depuis trois jours d’une douleur très violente de la jambe droite. Cette douleur suit le trajet du nerf sciatique, elle est plus vive à la pression, elle augmente pendant la nuit, ne disparaît jamais complètement pendant le jour, et rend la marche très difficile et très douloureuse. Après une première séance où le pôle positif est appliqué sur la moëlle, à l'émergence du sciatique et le pôle négatif dans le creux poplité, la douleur fut enlevée au bout d'un instant, mais reparut quelques heures après, quoique moins vive. Le surlendemain, j'appliquai le pôle négatif sur le moëlle et le pôle positif sur la jambe. La douleur fut peu amoindrie et fut même très violente vers la nuit.

À partir de ce moment, je dirigeai toujours dans la jambe un courant centrifuge, et au bout de six séances, le malade fut guéri de ses douleurs névralgiques.

OBSERVATION XIHI

(Personnelle)

Me ** souffrant d’une sciatique intense, ne pouvant plus marcher, avait été guérie par une saison à Aix-les-Bains en 1860.

En 1879, et pendant six années consécutives, elle fit une saison de vingt-cinq jours à Luchon, pour des douleurs rhumatismales assez bénignes et herpétisme.

En 1883, la névralgie avait fait sa triste réapparition. À son arrivée à

Luchon, Me ** souffrait de la sciatique depuis trois mois. Elle fut soumise

Lune

par le médecin traitant aux douches les plus faibles, à des pilules de valérianate de quinine, et à des frictions d’huile morphinée sur les points douloureux.

De retour de Luchon, la malade fut soumise, à Arcachon, à des applications répétées de vésicatoires pendant trois mois.

Ici se place une période de calme, de bien-être, et ce n'est qu'en 1887 qu'un chirurgien des hôpitaux, s'occupe de cette sciatique invétérée, et administre deux fois par semaine des pointes de feu sur le membre malade. La névralgie n’est pas aussi aigüe qu’en 1879 et qu'en 1883. Mr ‘* peut aller en villégiature, et peut très bien supporter le voyage.

En 1887, nouvelle saison à Aix-les-Bains. Bains, douches, massage. La jambe devint si douloureuse qu'il fallut suspendre les douches et le massage.

On prescrivit 2 ou 3 grammes par Jour d'antipyrine, en cachets, pendant qu'on commença un traitement nouveau, les piqûres d'antipyrine. Les cachets alternaient avec les piqûres pendant six jours. Un mois après, on administra du salicylate de soude.

Le 30 décembre 1887, les choses se compliquèrent des manifestations de l'âge critique. Une violente hémorrhagie vint forcer M ** : s’aliter, et de grandes précautions furent nécessaires jusqu’au 11 janvier 1888. C'est dans ces conditions que le médecin de la famille remit la malade entre les mains. du docteur Bergonié.

A partir du 6 février 1888, électrisation 3 fois par semaine. Aucun progrès sensible pendant le premier mois. Les crises de névralgie devinrent même très fortes au moment de la période mensuelle.

Une accalmie relative se produisit, quand un fort éternuement vint réveiller tout le mal. La sciatique fit rage de nouveau avec accroissement de douleurs dans les lombes, comme uu coup de fouet. C'est dans cet état que les séances d’électrisation, un moment suspendues, furent reprises le 9 avril 1888.

Jusqu'au 14, la maladie passe par de fréquents et longs répits. La tenue à table est meilleure, les nuits assez bonnes ; seules, les crises du lever persistent. Tous les jours, la promenade; un mieux incontestable. Mais bientôt, sous l'empire du moment redouté de la période mensuelle, le système neveux est surexcité, et on fait des piqûres d'antipyrine, et on administre du valérianate de quinine. Après trois jours de crises les plus

violentes, la jambe est si douloureuse, que, pour obtenir le calme et le

sommeil, tout est employé : bromure de potassium, quininé, piqûres. Les crises les plus douloureuses avaient coïncidé avec les pertes de sang les plus fortes.

Le 20, retour à l’état ordinaire et à l'électricité, forcément interrompue pendant une semaine. A partir de ce moment, tout marche à souhait, La tenue assise est parfaite, les nuits bonnes, les levers sans crises. si bien que M°°** peut aller au concert, au théâtre, à l’église, au carrousel, sans ressentir de souffrances; qu'on supprime l'antipyrine, la quinine, le bromure ; que la marche devient aisée, que les douleurs ne sont plus ressenties nulle part; le mieux ne se dément pas une minute. A la période mensuelle, malgré des pertes abondantes, il suffit d'un peu de repos; les douleurs ne se sont par réveillées.

Le 14 mai 1888, M°°*** retournait chez le docteur Bergonié, n'ayant pas souffert de la sciatique, ayant un peu de sensibilité seulement à la jambe. M. Bergonié a cru pouvoir affirmer qu'elle était guérie.

Cette malade a èté revue depuis. La névralgie sciatique n’a pas fait sa réapparition.

Page 1