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Chapitre IV

Choix du Procédé électrique à employer, avec sa techniqueinstrumentale et les

constantes du courant.

Nous avons fait une description, au Chapitre II, de toutes les méthodes électriques employées dans le traitement de la névralsie sciatique. Nous avons rangé, pour la clarté de l'exposition, ces procédés sous deux grandes classes, procédés qui emploient la faradisation, et procédés qui utilisent les courants galvaniques.

Quelle est la méthode qu'il convient d’appliquer dans le traitement de la sciatique? Quelle est la forme du courant qu'il est préférable d'employer ?

Nous nous hâtons de dire que nous rejetons absolument tous

les procédés de faradisation.

Et d'abord, que se propose la méthode de Duchenne, si cen’est

SYGORES

de modifier certaines névralgies sciatiques en développant, suivant les expressions du créateur de la méthode, une douleur vive et subite sur la peau, en un mot de ne produire qu’un simple effet révulsif.

Si la faradisation n’est qu'un moyen de révulsion dans le traitement de la sciatique, il est vraiment inutile d’avoir recours à l'électricité pour obtenir un révulsif. Si nous admettions, à ce seul titre, l'électricité dans le traitement de l'affection qui nous occupe, l'électrothérapie ne serait plus qu’un des moyens vulgaires du traitement révulsif. Et, dans ce cas, il serait préférable, et souvent mieux à la portée de la plupart des médecins et des malades d'employer les vésicatoires, les pointes de feu, le collodion cantharidé, les badizeonneazes à l'acide sulfurique ou les pulvérisations de chlorure de méthyle, etc..., etc.

L’arsenal ‘hirapeutique est des plus riches. Mais nous pensons que l'électricité a une action plus efficace que celle des révulsifs employés.

Que dirions-nous s’il s'agissait de la méthode de Magendie ? Nous avons fait Justice de ce procédé qui doit être entièrement abandonné aujourd’hui. Certainement, nous sommes dans des conditions plus favorables que l'inventeur de l’électropuncture.

Nous pourrions à la rigueur, en nous entourant de précautions antiseptiques, enfoncer des aiguilles dans les membres sans craindre de porter d°s germes infectieux; maïs n’y a-t-il pas toujours une douleur assez vive au moment de l'introduction de ces aiguilles ? L'auteur affirme bien qu'il n'est pas besoin de piquer le nerf, que le simple contact sufit; mais est-on bien sûr de ne pas l'atteindre ? Cette piqûre du nerf n’est pas une chose négligeable, et de plus les contractions musculaires qui l’accompa-

gnent sont des plus douloureuses.

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Enfin, nous pourrions méme dire, tout en respectant le mérite et la valeur de Duchenne, de Boulogne et de Magendie, que les effets obtenus par la faradisation sont problèmatiques. Les observations de guérison de sciatiques n’abondent pas. Et Becquerel n'avoue-t-il pas n'avoir obtenu qu'un seul succès sur dix malades traités par le procédé de Duchenne? Dans un cas, la névralgie, loin de se calmer, s'était exaspérée.

Nous doutons que l’on puisse faire un semblable reproche à la galvanisation. Oui, il y a des sciatiques invétorées et rebelles à l’action du courant continu; c’est là un caractère commun à tous les meilleurs procédés ou aux plus recommandables médications.

Aucune n’est infaillible. Mais a-t-on enter.du dire que, dans le traitement de la névralzie sciatique, les courants galvaniques aient pour effet d'augmenter les douleurs au lieu de les apaiser ?

C'est pour toutes ces raisons que nous décidons en faveur des courants continus.

Parmi les méthodes employées, il faut citer celles d'Onimus, de Remak. Ces méthodes reposent sur une sélection des courants ascendants et des courants descendants. Les procédés sont aujourd’'hui un peu laissés de côté, car il n’est pas démontré que le sens du courant, qui est variable d’ailleurs pour une même position des électrodes suivant les parties que l’on considère, fasse changer les résultats obtenus.

L'action différente des pôles est, au contraire, très nettement établie, surtout lorsqu'on rend l’un des pôles prépondérant en diminuant sa surface, c’est-à-dire en augmentant la densité (1)

du courant à son niveau.

(1) On sait qu'on entend par densité d'un courant, dans un conducteur, le quotient de l'intensité exprimée en milliampères par la section du conducteur exprimée

TEE

C'est donc cette méthode qu’il faut adopter.

Il nous reste maintenant à indiquer les intensités du courant à employer.

Les intensités que nous préconisons sont aussi élevées que le malade peut les supporter. Il n’est pas rare de faire passer 30

milliampères sur un tampon de 5 centimétres de diamètre.

Manuel opératoire suivi dans la Clinique Electrothérapique de M. le professeur Bergonié. — Le patient, après avoir mis le membre atteint de névralgie sciatique a nu, se tient debout près de l'opérateur. La peau est préalablement humectée avec de l’eau tiède pour être meilleure conductrice. Une plaque de 300 centimètres carrés de surface, ou électrode indifférente, est appliquée sur la région lombaire du côté du membre atteint. Cette plaque est mise en relation avec le pôle négatif. L’electrode différente ou active constituée parun tampon de 5 centimètres de diamètre est appliquée successivement sur chaque point douloureux, où elle est maintenue pendant 5 minutes.

L’intensité moyenne du courant que nous avons vu employer, et que nous avons employé nous-même dans le traitement de la sciatique est de 30 milliampères.

Pour trouver la densité du courant employé, nous n'avons, par conséquent, qu’à chercher la surface du tampon, et à diviser l’intensité du courant par cette section. ;

La surface d'un tampon de 5 centimètres de diamètre est

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en centimètres carrés. Ex : La densité du courant au niveau de la peau sur laquelle est appliqué un tampon rel'é lui-même à un appareil électrique, est égale à l'intensité 1 du courant qui traverse le circuit, divisée par la surface du

tampon.

Technique instrumentale utilisée dans le service. — Le courant utilisé pour le traitement électrothérapique en général et des névralgies sciatiques en particulier est fourni par une batterie de 100 éléments accouplés en tension et placés sur des supports parfaitement isolés. L'élément qui constitue cette batterie a été construit, sur les indications de M. Bergonié, et la figure cijointe, qui le représente entièrement monté et démonté en ses diverses parties, fera mieux comprendre sa constitution qu’une

longue description.

Elément de pile de M. BERGONIÉ, utilisé dans le service électrothérapique de l'Hôpital Saint-André

A. Elément complet et monté. -- B. Couvercle en ébonite, — V. Vase extérieur. — Zn. Zinc. — D. Petite augette contenant du mercure. — C. Cylindre de charbon.

Les constantes de l'élément sont les suivantes : Force électro-motrice = 1 volt 38.

Résistance intérieure = 1 ohm 6.

Galvanomètre et Rhéostat. — Les deux extrémités de la batterie, après avoir traversé divers appareils qui ne sont pas utilisés pour

le traitement qui nous intéresse, passent à travers un galvano-

al VO DT pbs À FE

DE De.

Rd. re Li ci a

Lai ETS . D

faire varier insensiblement la force électro-motrice aux deux

peut faire varier l'intensité du courant appliqué et d’une mamière

mètre Shunté pouvant donner à volonté, soit des centiampères, soit des milliampères, soit des dixièmes de milli. Le circuit traverse encore un rhéostat spécial qui permet de

électrodes appliquées sur le malade. Par cette méthode, lon

continue de quelques dixièmes de milli à 5 milli et davantage.

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