EAU DE MER EN BOISSON
Prise à l’intérieur, l’eau de mer agit de deux manières, selon la dose.
A la dose de trois verres, elle a un effet purgatif et agit comme le ferait une bouteille d’eau de Sedlitz à 32 grammes. Cette action est produite par le chlorure de sodium à haute dose, par le chlorure de magnésium et le sulfate de magnésie.
.A petite dose, c’est-à-dire à celle d’un demi-verre ou bien d’une ou deux cuillerées à soupe, selon les âges, l’eau de mer augmente l’acidité du suc gastrique, excite l’appétit, régularise les fonctions digestives. Une fois absorbée, elle active la circulation et accroît l’élimination de l’urée. On peut donc dire qu’elle est un stimulant de la nutrition.
1. Dor. — De Vemploi de la vase dans les bains de merde la Suède, in-8°, Strasbourg^ 1865.
Elle sera particulièrement indiquée chez les sujets lymphatiques gras, d’une nature mollasse, à circulation languissante, affectés d’adénite. On peut en fractionner les doses, et la prendre le matin, l’aprèsmidi et le soir.
L’eau employée pour cet usage devra être puisée au large, car si on prenait celle qui baigne les côtes, on serait exposé à boire de l’eau souillée d’impuretés de toute nature.
Bien que l’ingestion de l’eau de mer présente des avantages sérieux dans les cas que nous avons indiqués, elle est en réalité fort peu employée à l’intérieur. Gela tient peut-être à ce qu’elle existe en trop grande abondance et à ce qu’il est si facile de s’en procurer, que cela semble un remède banal. Fonssagrives a bien raison de dire que « si le lit de l’Océan venait à se tarir et si l’eau de mer se réduisait à trois ou quatre griffons, les malades viendraient de tous les coins du monde y appliquer leurs lèvres ».
Eau de mer gazeuse. — La saveur de l’eau de mer est peu agréable, mais on s’y habitue très vite. Cette eau ne peut se transporter par suite de la présence des matières organiques dites mucosités de la mer , qui se putréfient très vite et réduisent les sulfates en sulfures, ce qui lui donne une odeur d’eau sulfureuse. Pour remédier à cela, Pasquier, de Fécamp, avait proposé de la gazéifier avec de l’acide carbonique. De prime abord celte idée avait paru très séduisante, cependant l’usage de cette eau gazeuse ne s’est pas répandu.
Pain a l’eau de mer. — On a proposé de rem-
CONTRE-INDICATIONS AU TRAITEMENT MARIN. 143 placer l’eau douce par l’eau de mer dans la fabrication du pain. Celui-ci a le degré de salure voulue et est très agréable; il présente les avantages de l’eau de mer à petites doses. C’est plus qu’un aliment, c’est un médicament (Rabuteau). On a donc tout avantage à prescrire ce pain aux malades.
Alimentation a l’eau de mer. — On peut obtenir les mêmes résultats que par l’ingestion de l’eau de mer en se servant de celle-ci pour faire cuire les poissons, les crevettes, homards, etc., et en prenant comme base de l’alimentation la chair des animaux qui proviennent de la mer : poissons, crustacés, etc. On doit alors suivre la devise de Russell « tout pour la mer et de la mer ».
Dans certains pays, on fait des salades avec les herbes marines. Reauclair a même proposé d’ajouter de l’iode à l’eau de mer. Ces pratiques sont loin d’avoir la même importance que celles que nous venons d’énumérer.