‹ Traitement rationnel du mal de Pott à l'usage des praticiensChapitre 12 sur 58 · PAR PRESSION PLUTÔT QUE PAR EXTENSION · texte numérisé non relu

PAR PRESSION PLUTÔT QUE PAR EXTENSION

Ce redressement par étapes est plus sûrement bénin que le redressement en un temps, car il se fait sans à-coups, sans traumatisme, sans risque d'inoculation ou de généralisation tuberculeuse, sans nécessité de chloroforme.

Vous avez vu qu'on peut faire une séance de redressement tous les mois ou tous les deux mois, sans être aucunement obligé de . renouveler l'appareil ;

2<» La correction doit se faire presque exclusivement par pression et non par extension, c'est-à-dire par la pression directe et précise sur les vertèbres malades et non par une tmclion .«ur les . deux extrémités du rachfs.

J'ai employé les deux, elles ont une valeur très inégale.

L'extension est plus indirecte, demande beaucoup plus de force, est beaucoup plus pénible, et plus traumatisante; elle est plus difQcile à faire. Elle est très mal tolérée lorsqu on la fait au degré voulu pour être eflQcace; elle est impossiole à conserver intégralement avec nos appareils qui, en plus, blessent en ce cas au niveau du menton et de la gibbosité. Elle est beaucoup plus incertaine, car il est facile de comprendre qu'une extension très forte peut s'exercer aux deux extrémités du rachis et distendre ces deux extrémités sans que pour cela elle agisse, tout au moins d'une manière suffisante, sur une gibbosité de la jwirtie moyenne du dos, de la dixième vertèbre dorsale, par exemple.

La pression directe, au contraire, a une action précise, réclame beaucoup moins de force, n'est pas traumatisante, est plus facile à faire, peut être conservée intégralement avec nos appareils, même dans la position debout, et est beaucoup plus efficace.

Vous retiendrez donc : 1^ qu'il faut demander presque tout à la pression directe des vertèbres et presque rien à l'extension des 2 extrémités du rachis, ne demandant à celle-ci que d'améliorer un peu l'attitude générale du tronc, ce qui s'obtient avec la tension qu'on peut faire sans que les talons abandonnent le sol pendant la construction de l'appareil (voir fig, 7 et 8) ;

2° Qu'il faut faire la correction en 10 à 13 séances et non pas en une ; vous n'avez rien à gagner à vouloir la faire plus vite puisque vous êtes quand même obligés de la continuer, jusqu'à ce que soient acquises la guérison de la tuberculose et l'ankylose des vertèbres malades, ce qui demande généralement trois à quatre ans.

EXEMPLES DE 6IBB0SITÉS REDRESSÉES 31

Exemples de oorreotions obtenues par le traitement que nons venons d'indiquer:

i® Deux gibbosités (fig. 18, 20) du type de celles que vous aurez à traiter (gibbosités datant de dix mois et de deux ans). Marthe G. — La correction a demandé deux ans (fig. 19}* David Ter. M. — La correction a demandé deux ans et demi (fig. il).

2^ Deux gibbosités volumineuses, vieilles de huit ans et de quatre ans et demi.

M. May O.-G. M., Lucien B. (fig. 22, 25, 24 et 25). — La correction a demandé cinq ans et six ans.

En ces derniers cas, Ton est logiquement entraîné à continuer la pression correctrice jusqu'à la fin de la croissance du sujet — parce que jusqu'alors il y a quelque chose à penlre comme dans une scoliose non corrigée — et aussi quelque chose à gagner si Ton veut s'en occuper.

Mais, laissez donc aux spécialistes la responsabilité et le souci du traitement de ces vieilles gibbosités parce que c'est trop long, trop ingrat et que malgré tout l'on n'arrive pas à un résultat absolument parfait et ne soignez vous-mêmes que les gibbosités petites ou moyennes du type des figures 18 et 20, vous n'aurez que de celles-ci à soigner dans votre clientèle ordinaire.

32 TECHNIQUE DU CORSET PLATRE

Comment faire un bon plâtre de mal de Pott

< Un plâtre de mal de Pott n'est pas plus difficile à faire qu'un plâtre de jambe. »

En dehors du traitement des abcès, indiqué ailleurs (1), toute la technique du traitement du mal de Pott se réduit à savoir faire un bon appareil plâtré.

Comment faire, lorsqu'on nest pas spécialiste, un bon corset plâtré qui réalise toutes les conditions voulues, c'est-à-dire maintienne bien, permette une compression directe des vertèbres saillantes et cependant ne gêne pas?

A plusieurs d'entre vous, cela ne va-t-il pas paraître impossible ou tout au moins bien difficile à faire ?

Détrompez-vous : le corset plâtré n'est pas en réalité plus difficile à construire que le plâtre de jambe que vous faites tous couramment.

La seule différence entre les deux, c'est qu'on vous a appris à faire ce dernier et non pas l'autre.

Eh bien! j'ai entrepris de vous l'apprendre, et je vous promets que vous y arriverez tous, si vous voulez suivre fidèlement les indications techniques ci-jointes.

Faire une ou deux répétitions générales.

Tout ce que je vous demande, en présence du premier mal de Pott que vous aurez à soigner, c'est, avant de lui appliquer un corset plâtré, de faire chez vous, la veille ou l'avant-veille, une ou deux répétitions générales sur un mannequin, ou sur un sujet sain quelconque, du même âge approximativement que votre malade.

(1) Voir plus loin, page 75. Voir aussi notre livre sur la Coxalgie, p. ItO (Masson, éditeur), ou notre livre sur les Tumeurs blanches, p. 47, Traitement des abcès (Masson, éditeur).

TECHNIQUE DU CORSET PLÂTRÉ

Cela vous aura permis d'éprouver la valeur de votre plâtre et surtout de vous éprouver vous-même, ainsi que d*éduquer un aide qui sera, à défaut d'une infirmière exercée, votre domestique, par qui vous vous ferez aider ensuite auprès du malade.

FiG. i7.

PiG. 26. — Pied support composé d'une seUe de bicyclette sur laquelle s'asseoit le malade paralysé pour la confection de Tappareil.

FiG. 27. — Le malade paralysé assis — avec les cuisses un peu fléchies pour dégager Tischion et rendre Tappui plus stable, mais pas trop flédiies pour ne pas empocher Tapplication exacte du pIAtre en avant et en bas. — Un aide cale le sujet en appuyant sur les genoux.

TECHNIQUE OU CORSET PLÂTRÉ

Cette répétition préalable est possible dans la pratique. Car, si en présence d'une fracture vous êtes obligé de faire un plâtre immédiat, vous pouvez très bien, lorsqu'il s'agit d'un mal de Pott, remettre au surlendemain l'application de l'appareil. En attendant, pendant ces deux jours, le malade sera tenu au repos dans la position couchée.

Choix du modèle de corset.

J'ai dit, dans mon article précédent (1), le type d'appareil à construire suivant le siège du mal de Pott, et la position dans

FiG. 28. — Appareil de soutien improvisé. Il est facile de régler Textension en rapprochant ou en éloignant les pieds de Téchelle.

laquelle vous devez le faire, qui est la position debout; si vous vous en tenez à la formule « tendre et non suspendre », vous avez tout à gagner et rien à perdre à faire l'appareil dans la position debout plutôt que dans la position horizontale (2). Le suje

(1) Voir page 14.

(2) Pour les sujets paralysés, vous ferez le grand plâtre à entonnoir, vous le ferez dans la position assise, comme le conseille notre assistant, le D' Privât, (voir fig, À et f 7), ce qui vous donnera assez de traction pour dégager la moelle ei pas trop pour ne pas causer de traumatisme immédiat, ni plus tard d'eschare au menton.

l'appareil de soutien 35

sera ainsi plus droit sans être plus fatigué, et vous aurez infiniment plus de facilité pour construire un appareil régulier et précis.

a). — l'appareil de soutien.

L'appareil de soutien peut être, à défaut de moufle, une simple corde fixée à un crochet de suspension ou à une échelle double (fig. 28).

Il est facile avec ou sans moufle de régler la hauteur de la tringle transversale, en fer ou en bois, en allongeant ou raccourcissant la corde verticale, en rapprochant ou éloignant les pieds de l'échelle double.

b). — LA SANGLE OCCIPITO-HENTONNIÈRE.

Le malade est soutenu sous le menton et sous l'occiput par les deux chefs antérieur et postérieur d'une sangle ou d'un collier

FiG. 29. — La bande de l'^,50 est repliée en deux et les deux extrémités sont nouées ensemble.

qui, par ses deux extrémités relevées, se raccorde à la tige transversale de l'appareil de maintien.

Avec deux bandes de toile, l'une de i",50, l'autre de 1 mètre de long, et trois épingles de nourrice, vous ferez une sangle qui remplacera avantageusement tous les colliers de Sayre ou des crthopédistes.

Fi6. 30. — Le pli B est rabattu ensuite sur le nœud A. Du point C, on mesure une distance égale au quart de la circonférence occipito-frontale, plus un demi-centimètre pour déterminer les points E E'.

Vous fabriquez instantanément votre sangle de la manière suivante (fig. 29 et suivantes) :

TECHNIQUE DU CORSET PLÂTRÉ

La première bande, de l^^SO environ, est pliée en deux, on noue ensemble les deux extrémités libres (fig. 29).

FiG. 31.

FiG. 31 et 32. — Aux points E E', les pleins de la bande sont réunis deux h

deux, soit par des bouts de ficelle, soit par des épingles de nourrice.

L'on a ainsi une anse qu'il faut diviser en trois boucles /'/î^. 5/ j, Tune médiane (EE') destinée à embrasser la base du crâne et les deux latérales (AE' BE) pour raccorder la sangle aux deux extrémités de la tringle transversale de l'appareil de soutien.

FiG. 33. — Pour établir la largeur de la boucle médiane, prendre d'abord la circonférence occipito-frontale et ajouter deux centimètres.

Cette division en trois boucles se fera par quelques points de couturière ou même plus rapidement par deux ficelles (fig. 34)

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