‹ Traitement rationnel et précoce de l'Avortement incompletChapitre 20 sur 28 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Mme J... a été opérée en 1901 pour un kyste de l'ovaire. Elle a déjà eu deux grossesses, la première menée à terme et terminée par un accouchement spontané, la deuxième interrompue à trois mois par un avortement suivi d’un curettage fait à l’hô-

pital.

En JE :

Cette femme se présente le 20 février 1904 à la consultation de Boucicaut, n'ayant pas eu ses règles depuis le 8 novembre dernier. On constate une grossesse de trois mois environ.

Elle se représente neuf jours après perdant un peu de sang ; le colest long mais ouvert. Elle déclare ne pas vouloir d'enfant et l’on comprend qu’elle a dû se livrer à des manœuvres abortives. -

Elle rentre le lendemain dans le service. On lui administre deux lavements laudanisés par jour : la perte cesse pendant trois jours mais reparaît et devient plus abondante,

Le 7 mars. — La température s’élève à 3802, en même temps que se déclare une légère grippe. Le 10 mars tout rentre dans l’ordre. |

14. — La perte reparaît, devient par moments abondante ; le col est toujours long.

25. — L'orifice interne du col est perméable et la perte très abondante : 600 grammes de caillots sont expulsés.

26. — À cinq heures du matin le pouls atteint 120 pulsations, la face est pâle etles lèvres décolorées. On se décide alors à consommer l'avortement ; on extrait l’embryon avec la pince à faux germe, ainsi que le placenta : on termine par le curettage et l’écouvillonnage ; on injecte, une fois l'opération términée, boo grammes de sérum, eton administre 1 gramme de quinine.

À ce moment la température est à 3608. Pendant les treize jours qui suivent elle présente des oscillations atteignant 8 dixièmes de degré et même un degré, entre 370 et 38 : il est vrai qu'à ce moment-là la malade est atteinte de diarrhée intermittente et que la température tombe en même temps que la diar-

rhée cessé sous l'influence du traitement.

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L'intérêt de cette observation réside en ce fait que la méthode préventive est appliquée ici dans toute sa rigueur, puisque l'avortement étant inévitable, on le brusque, afin de parer à l'éventualité probable d'infection, qui est attachée d’une façon

courante à la provocation criminelle.

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