CHAPITRE IX
Réponse à une objection.
Mais peut-être les lois de la propriété sont bonnes pour ceux qui possèdent , et oppressives pour ceux qui n'ont rien. Le pauvre est peut-être plus malheureux qu'il ne le serait sans elles.
Les lois, en créant la propriété, ont créé la richesse : mais par rapport à la pauvreté , elle n'c^st pas l'ouvrage des lois , elle est l'état primitif de l'espèce humaine ; l'homme qui ne subsiste que du jour au jour est précisément l'homme de la nature, le sauvage. Le pauvre dans la société n'obtient rien, je l'avoue, que par un travail pénible , mais dans l'état naturel que peut-il obtenir qu'au prix de ses sueurs? La chasse n'a-t-elle pas ses fatigues, la pêche ses dangers, la guerre ses incertitudes? Et si l'homme paraît aimer cette vie aventurière, s'il a un instinct avide de cette espèce de périls, si le sauvage jouit avec délices d'une oisiveté si chèrement achetée , faut-il en conclure qu'il est plus heureux que nos cultivateurs? Non : le travail de ceux-ci est plus uniforme , mais la ré-