‹ Traitte de la vénerieChapitre 11 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

d'honneur et de probité; au xvii* siècle, on voyait encore sur la maison qu'il habitait à Paris, rue Saint* Martin, ces vers de Juvénal qu'il avait pris pour devise:

Summum crede nefas animam prœferre pudori^ Etpropter vitam Vivendi perdere causas,

vers qu' Andrieux essaye de traduire ainsi : « Croyez qu'il n'y a rien de plus illicite ni de plus honteux que de préférer la vie à la vertu, et de sacrifier à votre existence les fins mêmes pour lesquelles vous existez. »

Budé était dévoué à ses amis, bien que sa santé lui causât souvent des mouvements d'humeur; il se laissa même emporter d'une manière regrettable contre Érasme , qui l'appelait le Prodige de la France; après une discussion, Erasme écrivait à Egnatius : Je ne mis point réconcilié avec Budé, car je n'ai jamais cessé un instant de t aimer.

Sa bibliothèque, si on s'en rapporte à sa lettre à Sadolet, devait être peu importante; après sa mort, elle fut acquise par le président de Saint-

INTROPUCTION. XXI

André, qui la joignit à la sienne avec laquelle elle passa aux jésuites du collège de Clermoiit'.

n était si absorbé par Tétude, qu'un jour le feu ayant pris à sa maison, il répondit tranquillement à ceux qui l'en avertissaiient : Appelez ma femme, je ne m'occupe pas des affaires d% ménage. Son esprit avait embrassé tout le cercle des connaissances humaines, il excella surtout dans Tétude du grec ; il écrivait cette langue avec élégance, mais son style français et latin est rude, embarrassé de mots et de formes helléniques; Louis Le Roy le trouve d'une compréhension difficile. Tous ses efforts tendaient à répandre le goût de l'histoire et des httératures de l'antiquité ; les érudits étaient sûrs d'avance de trouver auprès de lui protection et encouragement; il fut le grand promoteur de^ études philologiques. Le grec, qui avait été enseigné à Paris sous Philippe-Auguste avec un certain succès, était presque abandonné à la fin du

^ Toyejs Boivin, Améévim des inscriptions et belles-lettres , t. V, p. 354, 365.

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