‹ Traitte de la vénerieChapitre 17 sur 19 · H EPISTRE · texte numérisé non relu

H EPISTRE

estant peu expert es affaires et termes de la chasse, ne tay pas entrepris en espérance de le dresser en forme deue et digne de vous estre présentée, ains seulement pour vous complaire, entreprenant pour le regard de mon insuffisance plus que ne deuois ou pouuois. D'autant que ne recognois en moy qualité idoine pour m' acquitter de tele charge, fors une bonne volonté, et reuerence perpétuelle a vous pieça. Mais fay pris aucunement cœur en F honorable jugement et élection qu'auez faitte de rrury entre tant de gens doctes estans aujourdh'uy par la^France : afin de représenter en latin a toute F Europe vostre Hure de la vénerie. Enquoy délibère de trauailler au plies tost qu'il seraprest, et y employer tant peu de moyen et d'industrie que Dieu m'a donnée, et propose de trauailler s'il se trouue a poinct en ce beau temps d'esté qui vient, ou les entendemens sont plus esueillez et les volontez promptes a perseuerer au labeur. Mais il est requis que tœuure me soit communiquée parauant, afin que je puisse entendre voz conceptions, et la matière qui y est traittée, pour la traduire assez fidèlement et proprement, essayant dresser chose non indigne de vostre majesté, ne indécente a vostre grandeur, ny disconvenante a vostre louable dessein. Car, a la vérité, c'estmerueille en ce temps, qu'un grand toy comme vous escriue liures, et communique ses vertueux exercices aux

EPISTRS. III

ctutres. En soixante foys qui ont régné en France, ne s'est trotmé que vous. Sire, qui tayt faictjusqu^s a présent; et peu d'autres ailleurs l'entreprirent oncques, distraicts comm'il est vraysemblable d affaires, ou diuertis déplaisirs, ou qu'ilz nenauoient le moyen ny la volonté, Alexandre le Grand, désirant cognoistre les natures des animaux, donna charge a Aristote d'en escrire, commandant aux veneurs, faulconniers, pescheurs par la Grèce et par F Asie : aux gardes des forests, parcs, lacs, estangs, garennes, volières, luy admener bestes de toutes sortes, ou faire fidèle rapport de leurs proprietez V mais encore qu^ayez moyen comme luy (Remployer les autres, prenez vous mesme la peine d' escrire, et ne voulez communiquer vostre labeur aux seulz Fran^ çois, ains en faire part aUrX autres n'entendans vostre

* Voyez Pline T Ancien, tome 1er, lib. VIII, § xvii : « Alexandro Magno rege inflammato cupidine animalium naturas noscendi delegataque hac commentatione Aristoteli, summo in omni doctrina viro. Aliquot millia hominom in totius Asiae Graecseque tractu parère jussu omnium quos yenatus, aucupia, piscatusque alebant : quibusque vivaria, armenta^ alvearia, piscinae^ aviaria 4n curra erant : ne quid usquaA genitum ignoraretur abeo. — Alexandre le Grand, brûlant de connaître l'histoire des animaux > remit le soin de faire un travail sur ce sujet à Aristote, éminent en tout genre de science ; et il soumit à ses ordres en Grèce et en Asie quelques milliers d'hommes qui vivaient de la chasse et de la pêche, et c[ui soignaient des viviers, d^s bestiaux, des ruches, des piscines et des volières, afin qu'aucune créature ne lui échappât. » Trad. de J/. Uttré,

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