‹ Transfusions Sanguines MassivesChapitre 39 sur 44 · REMARQUES · texte numérisé non relu

REMARQUES

Nous voudrions redire ici combien certaines distinctions sont nécessaires. |

Il est des cas où la transfusion est un traitement suffisant, soit qu’il s'agisse d’un cas pur (coup de chaleur ou syndrome pâleur-hyperthermie) dans lequel la déshydratation grave est toute la maladie : la transfusion, en apportant l’eau nécessaire, semble être une thérapeutique symptomatique: mais comme ce symptôme est en même temps la cause de la maladie, elle est aussi un traitement étiologique et pathogénique; soit qu’il s'agisse de certains cas complexes (gastro-entérites, intoxications alimentaires du petit enfant), dans lesquels la transfusion et la diète ont permis que tout rentre dans l’ordre, comme si la natura medicatrix ne pouvait entrer en action que si l’on apportait à l’organisme l’eau indispensable.

Mais dans la plupart des cas, il n’en est pas de même, et la transfusion doit être considérée comme une thérapeutique purement symptomatique. Il en est ainsi dans les gastro-entérites du nourrisson, dans lesquelles les indications de la méthode peuvent être résumées ainsi :

— dans les gastro-entérites sans toxicose, les manœuvres alimentaires suffisent presque toujours à rétablir lPétat normal, soit le changement de lait, soit la diète hydrique suivie d’une reprise progressive du lait;

UOTE

__ dans les toxicoses, il faut une réhydratation veineuse ou tibiale qui permette le repos digestif, et lorsque les vomissements cessent, on peut reprendre peu à peu l’alimentation ; |

__ dans les toxicoses graves, avec vomissements noirs et adynamie accentuée, la transfusion sinusale est la médication héroïque. Elle permet très souvent d'éviter la mort, et quelquefois elle ramène l’enfant au stade où les manœuvres sont suffisantes pour assurer la guérison; d’autres fois, il faut une réhydratation intermédiaire par perfusion tibiale.

Dans cette reprise progressive de l'alimentation, on observe :

1° Des suites simples. — Par exemple lorsque l'enfant est au sein, aussitôt la tolérance digestive revenue, l'enfant est remis au sein de sa mère et la reprise du régime normal est assurée du même coup. Il en est de même si l’enfant est en nourrice ou si l’on peut se procurer du lait de mère, le temps que les courbes de poids et de température et les selles soient redevenues à l’état normal, ainsi que lappétit. Encore faudrait-il essayer de savoir la cause de cette gastroentérite : on disait autrefois, du temps où l'allaitement maternel était fréquent, « l'enfant est malade, soignez la mère ».

2° Des suites complexes. -— Souvent, lorsqu'on ne dispose pas de lait de femme, on est pris entre le désir de nourrir cet enfant qui dépérit et celui de le laisser à-la diète pour que son entérite finisse de guérir. D’où l'habitude prise autrefois de donner à ces enfants de l’eau de riz, pendant un ou deux jours, jusqu’à ce que la diarrhée ait cessé, puis de reprendre le lait peu à peu. Dans certains hôpitaux, on emploie aussi le lait caillé avant de passer au lait de vache normal.

Sous l'influence des naturistes allemands, on a remplacé tout cela par de la purée de carottes qui, elle aussi, en deux ou trois Jours, provoque une selle moulée, de couleur carotte, et permet assez facilement le retour au lait. Aujourd’hui,

Es eu

ce retour au lait se fait après une série d’intermédiaires, entre lesquels les pédiatres ont l'embarras du choix :

— eau pure, eau bouillie, eau sucrée, tilleul, bouillon de légumes, purée de carottes, compote de caroubes, pommes rapées, bananes, babeurre sec, lait sec, lait condensé sucré ou non, laits calciques, laits acidifiés, sans compter les farines lactées, maltées, maltosées, lactosées, vitaminées.

Nous voudrions insister sur la nécessité d'apporter à ces enfants, en leur donnant à boire du sérum physiologique, le sel qu’ils ont perdu dans leurs vomissements et leur diarrhée. D’après les travaux de René MAcx sur le métabolisme de l’eau et du sel, il semble que ce soit très utile. Nous avons souvent essayé d’en donner aux nourrissons qui le boivent très facilement, comme ils boivent d’ailleurs le mélange de sérum salé et sucré qui leur est donné dans certains services parisiens.

En outre, les différents intermédiaires employés avant : l’alimentation lactée nous ont paru avoir une conséquence néfaste lorsqu'ils sont donnés trop longtemps : ou bien ils ne sont pas assez riches et provoquent des dénutritions dangereuses chez des enfants qui viennent d’être malades, ou bien ce sont des poudres industrielles absolument carencées en vitamines connues ou non, et elles sont cause, chez le nourrisson, de carences favorables à des suppurations intarissables des oreilles ou de la peau. Pour ce qui est des otites, des véritables otites suppurées, incisées dans les quelques jours qui suivent la toxicose, nous avons remarqué que, chez les enfants nourris au lait sec, la suppuration s’éternise et ne guérit qu'après antrotomie.

Dans d’autres déshydratations graves complexes, il nous est arrivé de croire à des troubles digestifs habituels qui allaient s'arranger seuls sous l'influence de la diète, et il s'agissait en réalité d’une méningite tuberculeuse. Il serait plus grave encore de laisser évoluer, sous le couvert d’une réhydratation symptomatique, une méningite à bacille de PrEiFFER où autre curable, qui ne donnent chez les nour-

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