IV PREFACE
ce jour, du vaste pays que d'Iberville avait procuré à la France, disons qu'il ne peut y avoir qu'une voix en Canada pour demander que cette contrée fasse de nouveau partie de l'Empire canadien. Quelques sacrifices qu'il faille faire, notre honneur est engagé à ne pas laisser passer ce riche héritage en des mains étrangères.
Afin de donner plus d'intérêt à cette courte notice, nous l'accompagnons de la signature du grand homme dont s'honore à bon droit le Canada. Nous y joignons celles de Joliet et de la Salle, ses illustres précurseurs, celle de Bienville, le fondateur de la Nouvelle-Orléans et son frère, celles de Melle. Mance et de la Sœur Bourgeois, ses célèbres contemporaines, celles des deux plus grands martyrs du Canada, les Pères Lalemant et de Brébœuf, celle d'un savant, le Dr. Sarrasin, celle du vainqueur de la Monongahéla, Mr. de Beaujeu, celle de Gauthier de Yarennes, le découvreur des Montagnes Eocheuses, celle de Contrecœur, le fondateur de Pittsburgh, et enfin celle de Montcalm, le héros qui meurt content parce quHl ne verra pas les Anglais dans Québec.
Si on veut voir les autographes des autres célébri» tés, contemporaines d'Iberville, avec leurs portraits et leurs armoiries, on n'a qu'à se procurer V Histoire des Grandes Familles du Canada. Mais peut-être, ne comprenant pas assez que la gloire de ces familles fait la gloire de tous, préfèrera-t-on des superfluités à ce monument élevé en leur honneur ; peut-être laissera-t-on aux concitoyens d'une autre origine le mérite d'apprécier et de faire valoir un travail, fruit de tant de veilles et de déboursés. Avant de prononcer, rappelons, en terminant ces lignes, que cet ouvrage est à la disposition des personnes qui y sont intéressées.
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D'IBERYILLE
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Le Jean-Bart Canadien.
Près de deux siècles se sont écoulés depuis la mort de ce grand homme ; cependant son nom vit encore dans tous les cœurs canadiens. Le souvenir de ses éminentes qualités et de ses incroyables exploits, loin de s'effacer, n'a fait qu'augmenter avec le temps. Après tout ce que d'Iberville a exécuté, avec des ressources comparativement faibles, on est surpris que la France qui a la mémoire des héros, ne lui ait pas donné une place parmi ses hommes illustres.
NAISSANCE d'IBERVILLE. — SA FAMILLE.
D'Iberville reçut le jour à Montréal en 1662. Il était le troisième fil3 de Charles LeMoyne, Sieur de Longueuil, qui, depuis son arrivée en Canada, s'était signalé en maintes expéditions périlleuses contre les Iroquois et avait rendu les services les plus importants au pays, et dont les enfants étaient au nombre de treize, onze garçons et deux filles.
Charles LeMoyne, Baron, de Longueuil, fils aîné, servit constamment, tant en France qu'en Canada, où il reçut plusieurs blessures dont il resta estropié, et contribua puissamment à l'augmentation de cette Colonie par les dépenses considérables qu'il fit. Ce fut pour reconnaître ses services que le Roi érigea sa Seigneurie en Baronnie et le fit Lieutenant du Roi de la ville et gouvernement de Montréal.
Le Sieur de St. Hélène, Capitaine d'une Compagnie du détachement de la marine, après plusieurs services, mourut des blessures qu'il avait reçues des Anglais, lorsque ceux-ci allèrent, en 1690, assiéger Québec.
Le Sieur de Maricourt, Capitaine dans le même détachement de la marine, fut emporté par la maladie qu'il contracta à la suite des voyages qu'il entreprit au pays des Iroquois, dans l'intérêt du service du Roi.
2 d'iberville,
Le Sieur de Sérigny, Lieutenant de vaisseau au port de Rochefort, prit part à plusieurs combats, seconda le Sieur d'IberYille, son frère, et eut plusieurs commandements de vaisseaux en chef de Sa Majesté, comme il appert par les instructions et ordres donnés au sieur d'iberville.
Le Sieur de Bienville, oflScier dans les troupes de la marine, fut tué par les Iroquois surpris au nombre d'environ quarante, dans une maison française, et tous taillés en pièce, à l'exception d'un seul qui s'échappa.
Le Sieur de Châteauguay, Garde-marine, fut tué par les Anglais, à la' prise du fort Bourbon, en 1694.
Le Sieur d'Assigny mourut des fièvres aux Iles St. Domingue, où le Sieur d'iberville avait été obligé de le laisser, en allant au Mississipi, en
Le Sieur Antoine LeMoyne décéda tout jeune.
Le Sieur de Bienville lie, Lieutenant du Roi à la Louisiane, ne cessa d'y commander depuis l'établissement de cette Colonie en 1698.
Le Sieur de Châteauguay lie. Capitaine d'une Compagnie de la marine, a constamment servi en ce pays avec ses frères.
L'aînée des filles devint l'épouse du Sieur de Noyan, mort Lieuteaant de vaisseau. La cadette se maria au Sieur de la Chassaigne, Major des troupes de la marine en Canada.
PREMIERES ANNÉES D'IBERVILLE. — IL EST ENVOYÉ A LA BAIE d'HUDSON.