AUTHENTICITE DES RESTES DE MGR DE LAVAL
On a vu, plus haut, avec quelles précautions les restes vénérés de Mgr de Laval avaient été transportés et renfermés dans le caveau de la Chapelle du Séminaire, dont toutes les issues avaient été scellées comme il appert par le procès- verbal du 20 septembre 1877.
Les scellés purent rester intacts jusqu'au 12 février 1878, époque à laquelle le service chanté à la chapelle pour N. S. P. le Pape Pie IX, de glorieuse mémoire, exigea l'ouverture du caveau pour en retirer les objets nécessaires au service. M. Cyrille Legaré, Directeur du Grand Séminaire, fut autorisé par Mgr l'Archevêque de Québec, à briser les sceaux, ce qu'il fit en présence de plusieurs autres prêtres. Les boîtes renfermant les restes et le cercueil furent trouvées intactes et un pi'ocès-verbal en forme fut dressé après que l'on eût scellé de nouveau les ouvertures du caveau.
La mort du regretté M. Napoléon Maingui ayant nécessité de. nouveau l'entrée dans le caveau, Mgr F Archevêque accorda, pour la plus grande commodité, de feire transporter les restes de Mgr de Laval, ainsi que son cercueil, dans une des chambres de l'Université.
A cause de son importance, nous reproduisons le procèsverbal de cette translation :
"Le lundi, vingt-cinquième jour de mars de l'an de grâce mil huit cent soixante-dix-huit, nous, prêtre, soussigné. Directeur du Grand Séminaire de Québec, à ce dûment autorisé par Sa Grâce Mgr B.-A. Taschereau, Archevêque de Québec, avons fait briser les sceaux et enlever les planches qui fermaient l'entrée du caveau de notre Chapelle, près de la fournaise, afin de permettre aux ouvriers de creuser une fosse pour notre regretté confrère, M. Louis- François-Napoléon Maingui, décédé dans la nuit du samedi, vingt-troisième jour du présent mois. Nous avons constaté, après examen, que les restes mortels de feu Mgr de Laval, de sainte mémoire, reposaient dans le même endroit où nous les avions trouvés à la date du douzième jour de février de la présente année, ainsi que le cercueil double du dit feu Mgr de Laval, les sceaux des boîtes qui renferment les susdits restes étant parfaitement intacts ; étaient présents MMr A.-L-I. Legaré, O.-J. Laflamme, A. Éhéaume, P. Eoy, B. Moisan, J. Ballantyne, prêtres du Séminaire.
" Après la dite constatation, le double cercueil ci-dessus mentionné fut placé dans une boîte en bois et transporté par quatre
«de nos bons serviteurs, les Sieurs Philéas Bussière, Pierre Eourgelas, David Renault et Wilfrid Poulin, à l'Université Laval, en même temps que nous et nos confrères, C. Laflamme et P. Roy, y portions, avec respect et vénération, les dits restes mortels eux-mêmes, dans deux boîtes scellées par Mgr E.-A. Taschereau, lors de la première translation, comme il appert par le procès- verbal dressé le jeudi vingtième jour de septembre dernier.
" Les dits restes mortels furent placés dans une chambre de la dite Université, portant le numéro 6 et sise au premier étage, côté de notre jardin ; ainsi que la boîte renfermant le susdit double cercueil, laquelle dite boîte fut scellée par nous du sceau de Mgr de Laval lui-même,les deux fenêtres de la dite chambre ainsi que la porte et le vitrail au-dessus de la dite porte étant scellés du sceau du Séminaire ; laquelle translation étant conseillée par notre père en Dieu, le vénérable Archevêque de Québec, pour rendre l'accès au caveau plus facile.
'' De quoi nous avons dressé le présent pi'ocès- verbal, lequel nous avons signé, ainsi que les prêtres sus-mentionnés, les dits an et jour que dessus."
(Signé) Cyrille E. Legaré, Ptre,
Direct, du Gr S. Q.
A. I. Legaré, Ptre,
J. Cl. K. Laflamme, Ptre.
Jas. Ballantyne, Ptre,
A. Rhéaume, Ptre,
P. Roy, Ptre,
E. L, MoisAN, Ptre.
Les choses demeurèrent ainsi jusqu'au 2 de mai, jour où l'on procéda à la reconnaissance officielle des restes de Mgr de Laval.
Cette reconnaissance fut faite par MM. les Docteurs C.-E. Lemieux et L.-J.-A. Simard, professeurs à l'Université Laval, en présence de Mgr l'Archevêque de Québec, de MM. T.-E. Hamel, V. G. et Supérieur du Séminaire, M.-E. Méthot, A.-l. Legaré, C.-E. Legaré, P. Roussel, L. Beaudet, L.-H. Paquet, L.-N. Bégin, G. Fraser, E Marcoux, A. Rhéaume, C. Gagnon, M. Labrecque, E. Moisan, prêtres du Séminaire, et de MM. J. Lagueux curé de St- Jean-Port- Joli, H. Gosselin curé de Ste- Jeanne, R. Casgrain, G. Côté vicaire de la Basilique, O. Godin vicaire au faubourg St- Jean. M. H.-H. Miles, Tun des secrétaires du Département de l'Instruction Publique, avait aussi demandé
à être présent. M. Cyrille Legaré était chargé officiellement, (^^, dresser le procès- ver bal. ;;
Pour, abréger, nous extrayons de ce procès- verbal les détaiïs qui suivent:
Après que l'on eût constaté que les sceaux étaient tous intacts, on les brisa, et les précieux ossements furent retirés des boites qui les renfermaient et déposés sur une table recouverte de blanc, puis disposés dans leur ordre naturel par les Médecins. Ceux ci constatèrent ainsi que cee ossements étaient bien ceux d'un homme déjA âgé et dont la taille avait dià être d'environ cinq pieds et dix pouces. Puis venant à la nomenclature des ossements, les suivants se trouvèrent à manquer, savoir: quatre vertèbres cervicales et deux dorsales, cinq côtes, tous les os du carpe moins un, une rotule, quatre os tarsiens, tous les os du métatarse moins deux, toutes les ])halanges des pieds et tous les os des deux mains moins trois os métacarpiens et cinq phalanges.
DÏSPOSIl'ION DE LA TOMBE,
A partir du 2 de mai juèqa'au 15, des Sœurs de la Charité, diiment autorisées, furent occupées à préparer les précieux ossements de Mgr de Laval. Après en avoir enlevé, sans le» mouiller, la terre qui y était adhérente, les bonnes Sœurs le» ])loJigérent à trois reprises ditïerentes dans un bain de cire blanche fondue, ce qui les enduisit d'une mince couche de cire suffisante pour les protéger contre l'action de l'air. Puis elles les fix( rent dans l'ordre indiqué par les médecins, sur ui> matelas en soie violette, avec des rubans de soie de même couleur, et elles ornèrent le tout defleurs et de guirlandes en cire.
Pendant ce temps arrivaient de toutes parts des couronne» destinées à orner la tombe ou à être transportées lors de la translation,, Ces couronnes ont été offertes, pouf ïa plupart, avee- l'intention, qu'après avoir touché aux restes vénérés de Mgr de Laval et avoir servi à la pompe des funérailles, elleà reviendraient, aux donateurs co.mm.9, préçieiix souvenir et aussi, espère-t-on, comme relique, .'i'"' !" ", ,;>;,,!/ V -nii.
C'est alors aussi que commença ce pieux'concourfe'qm a toujours été en augmentant et qui amena auprès des précieuses dépouilles tant d'affligés vensnt avec connance exposèï leur» besoins dans l'espoir d'un soulagement. Et pourquoi ne dlrion^-.
nous pas qu'un bon nombre so sont retirées avec reconnaissance, croyaut pouvoir attribuer à l'intercession de Mgr de Laval les faveurs obtenues ? ' , ' .
Mgr l'Archevêque, témoin de cette confian(îe, voulut bien autoriser de ])ublior et de répandre la petite prière suivante :
" Cœur Immaculé de Mario, obtenez, du Cœur de votre divin " Fils la grâce que je vous demande, afin de gloritier sur cette " terre le grand serviteur de Dieu, Mgr de Laval. Ainsi-soit-il."
Avant d'être déposés. dans la tombe qui leur était destinée, les ossements ainsi préparés et entourés des couronnes offei'tes, furent photographies, atin de (satisfaire aux pieux désirs du public. Ces photographies, prises par M. E. Livernois, sont parfaitement réussies. . ,,.> , ., ,/ '
Pour rendre justice à qui de droit,, nous devpna mentionner les noms des Demoiselles Livernois etd^ Demoiselle M. Lemienx, qui pendant près de huit jours se sont dévouées avec les bonnes Sœurs de la Charité à orner la tombe de Mgr de Laval.
Cette tombe, qui a la forme des tonvbes ordinaires, en diffère en ce qutjljBB parois latérales sont en verre, ce qui permet de distinguer , dans l'intérieur les ossements, fixés, comme nous l'avons dit^ s-ur un coussin de soie violette. Les couronnes les plus délicates, et les autres ornements en fleurs de cire, furei t placés dans l'intérieur de la tombe. A cau.se de leur grand nombre, on surmonta celle-ci d'une espèce de voûte pyramidale aussi en verre, permettant de suspendre ii l'intérieur, tous ces objets, sans danger demies briser pt «ans m/isquer trûp. Idis pj'écieux ossements. • ; , . . ^
^Pendant tout le temps entre le 2 et le 15 de mai, M. C Logaré fut chargé de s'assurer, soit par lui-même, soit pai- Ie.s Sœurs de la Charité présentes, soit par dos prêtres qu'il chargeait spécialement de cette fonction, que la porte de la chambre où se trouvaient les restes de Mgr de Laval, avait toujours été trouvée bien scellée, et qu'on l'avait scellée de nouveau avec soin, chaque fois qu'il fallut y entrer ou en sortir ; et que les osseiuents de Mgr de Lavfd, u'îj,yja^§(it été ni enlevés, ni changés.
Le 15 mai, M. C. Legaré,.aidé de M- J Ballantyne. prêtre du Séminaire, scella avec soin les deux compartiments de la tombe, atin que parsonne ne pût arriver jusqu'aux ossements, pendant la durée de l'exposition qui devaient en être faite à la chapelle du Séminaire.