SUR LA PAIX, ET SUR LE MARIAGE
Ces deux grands Rois, non moins vaillans que justes Qui seuls ont peu la guerre desarmer, Et de Janus au temple l'enfermer, Méritent bien d'estre nommez Augustes.
De leurs hauts faits la mémoire eslevec Pour quelque temps en marbre durera, Mais leur bonté à tout jamais sera Dedans les cœurs des hommes engravee.
Entre les Rois pour grand vertu Ion nomme L'heur de pouvoir son ennemy donter :
Mais de pouvoir soy-mesme surmonter, Cela trop plus tient de Dieu, que de l'homme.
Ils partiront un jour, la terre et Tonde. Et sans envie entre eux seront pareils : Le ciel ne peut endurer deux soleils, Mais deux tels Rois peut bien souffrir le monde.
Rien n'est plus fier que l'ordre d'une armée. Qui pour combattre a les armes es mains : Mais rien plus beau n'est entre les humains. Qu'entre deux Rois une paix confirmée.
Du verd laurier superbe est la couronne. Moins d'apparence a le pasle olivier : Mais plus amer est le fruit du laurier, Plus doux le fruit que l'olivier nous donne.
Si la richesse est en paix asseuree.
Et si en guerre elle est proye aux soldars, Ceux qui du monde ont chassé le Dieu Mars. Rendent au monde une saison dorée.
Soit guerre ou paix au reste de la terre, Puis que Ion voit ces deux grands Rois d'accord, Des autres Rois le martial effort Ne se doit point proprement nommer guerre.
Un plus heureux, et plus digne Hymenee Ne nous pouvoit ces nopces apprester :
Et ne pouvoit la paix mieux arrester Du cruel Mars la fureur effrénée.
Par les flambeaux des trois Sœurs infernales Les cœurs estoyent de fureur allumez : Ores les cœurs sont d'amour enflammez Par les flambeaux des trois Grâces royales.
Pareille estoit la feste Olympienne, Quand Peleus à Thetis fut conjoinct.
Mais la discorde ici ne semé point L'occasion d'une guerre Troyenne.