PRODUCTION DU BOIS
31. Tige. — On donne ce nom à la partie de la pyramide qui occupe le centre; elle part du collet, s'élève perpendiculairement, et est terminée par un rameau nommé fliche.
La tige donne naissance aux branches latérales et sert à charrier la sève destinée à les nourrir. Sa hauteur doit être en rapport avec la vigueur de l'arbre , de manière qu'il y ait entre elle et les branches latérales la proportion que nous avons indiquée (25).
32. Les branches latérales doivent être convenablement espacées et, autant que possible, alternées /Elles seront plus rapprochées sur la tige à la base, la pyramide étant plus large à sa partie inférieure, et seront plus éloignées à mesure que l'on s'élèvera vers le sommet. La sève sera par ce moyen aussi mieux répartie. II faut éviter d'en faire développer plusieurs sur le même point : elles affaibliraient la portion de la tige qui se trouve audessus en détournant une trop grande quantité de sève; ce n'est qu'avec peine qu'on parviendrait à rétablir Téquilibre. Elles sont souvent coudées dans leur longueur par les tailles successives qu'elles ont subies, ou encore par la mauvaise direction d'un rameau. On cherche à
amoindrir leurs coudes au moyen de petits tuteurs. Ils ont l'inconvénient d'entraver le parcours de la sève et de détruire par là Tharmonie qu'on s'efforce de maintenir dans tout l'ensemble de Tarbre.
La distance la plus convenable à observer entre elles est de 0",20 à O^'^SS suivant leur position. Elles doivent être simples; cependant il arrive des cas où il faut les ramifier, afin de remplir un vide qui existerait à la circonférence de la pyramide.
C'est sur les branches que se trouvent le plus ordinairement les productions fruitières.
33. Les rameaux terminent les branches latérales, ils sont le résultat des bourgeons de l'année précédente, et sont chargés de former et de continuer les branches. Lorsque l'arbre pousse régulièrement, c'est sur eux qu'on pratique la taille.
Les faux rameaux ^ ou rameaux anticipés ^ sont le
produit d'yeux qui se sont développés l'année même de
Bur formation; ils prennent donc toujours naissance
ur les rameaux. Ils peuvent être provoqués par un
)incement ou se développer naturellement.
Les rameaux et les faux rameaux se trouvent garnis l'y eux à leur circonférence et à leur extrémité.
34. De Vœil. — Ce n'est autre chose que le bourgeon i l'état rudimentaire, c'est l'élément de toute producion. Il se trouve sur tous les arbres et sur toutes leurs )arties à différents états ; selon les espèces , il peut exister longtemps sans se développer, ou il se développe îromptement.
NOTIOINS PRÉLIMINAIRES. 51
Le bourgeon est destiné à donner le bois ou le fruit, suivant les circonstances jet même les deux à la fois. )
L'œil affecte deux formes : il est conique lorsqu'il termine le rameau, il prend alors le nom de terminal; aplati, quand il se trouve à la circonférence, il se nomme alors latéral : les yeux latéraux sont d'autant plus plats qu'ils se trouvent plus éloignés du sommet du rameau. A la base de chaque œil et de chaque rameau, il existe deux yeux supplémentaires ^ ou sous-yeux , ou yeux stipulaires, très petits, placés un de chaque côté, ne se développant ordinairement que lorsqu'un accident est arrivé à l'œil principal ou que celui-ci est mal conformé; les bourgeons qui en proviennent sont moins vigoureux que ceux produits par ce dernier.
Les yeux occupent quatre positions qu'il est utile de distinguer : devant et derrière, suivant qu'ils font face ou non à l'observateur; dessus et dessous, selon leur position sur la branche. Chacune a ses avantages et ses inconvénients que nous connaîtrons lors de la taille.
Lorsque le rameau est taillé, l'œil qui est devenu terminal prend le nom d'œil de taille.
3o. Yeux latents. — Ces yeux, peu apparents, ne se trouvent que sur le vieux bois; ils restent inactifs quelquefois pendant plusieurs années et ne se développent que par suite d'une taille faite au-dessus d'eux : une déviation de la sève ou l'affaiblissement de l'extrémité d'une branche peut encore provoquer leur émission.
36. Les yeux adventifs se trouvent aussi sur le vieux bois , près des nodosités et des coudes ; ils ne sont jamais
apparents et se développent souvent spontanément, ou par suite d'une taille courte.
Ces deux sortes d'yeux sont d'une grande ressource pour la réussite de certaines opérations.
L'espace compris entre deux yeux, sur un rameau ou sur une branche, se nomme entre-nœud ou mérithalle.
37. Du gourmand. — C'est un rameau qui a pris un accroissement en disproportion avec ceux qui l'avoisinent. On le reconnaît à son volume : les yeux près de la base sont très petits et éloignés les uns des autres; ceux de la partie supérieure, au contraire, sont, gros et souvent développés en faux rameaux. Le gourmand naît sur la tige sur le dessus des branches près des coudes, là où la circulation de la sève est ralentie, et présente un assez fort empâtement dès sa naissance. Par suite de cette position , il tend à prendre de la force au préjudice des autres branches et à détruire l'équilibre de l'arbre. On prévient les désordres que les gourmands peuvent occasionner par le pincement, qu'il est quelquefois nécessaire de répéter, afin de maîtriser leur vigueur. On ne doit pas en rencontrer sur les arbres bien soignés; néanmoins il est parfois important d'en faire naître pour les utiliser et refaire la charpente d'un arbre en partie épuisé. Lorsque nous parlerons de la restauration des vieux arbres , nous reviendrons sur ce sujet. Il est plus commun sur le pêcher que sur les autres arbres.