‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 74 sur 105 · DU BLANC ET DELA MALADIE DE LA VIGNE · texte numérisé non relu

DU BLANC ET DELA MALADIE DE LA VIGNE

233. Cette maladie est commune à beaucoup de végétaux; nous ne nous occuperons d'elle qu'en ce qui concerne le pécher et la vigne.

Elle se présente sous forme de poussière ou de réseau blanchâtre, attaquant les feuilles, les bourgeons et les fruits; elle est due à la présence de champignons de

divers genres , entre autres, Qïdiuvij Monilia, etc.; du moins, le champignon en est l'effet apparent.

Sur le pécher, le blanc est fréquent et très anciennement connu; il arrête complètement la végétation , fait tomber les fruits , ou les empoche de grossir et de prendre de la qualité. Un moyen efficace d'en débarrasser l'arbre est de le combattre à son début en saupoudrant avec de la fleur de soufre les parties atteintes, que l'on aura préalablement mouillées à l'aide d'une seringue à l'usage des serres ou d'une pompe à main^ et même à sec. Les sulfures de chaux, de potasse et le sulfate de fer réussissent aussi mais moins bien.

Quant au blanc qui se manifeste sur la vigne {Oïdium Tuckeri)^ la manière dont il se comporte est différente. L'oïdiuai qui le caractérise est beaucoup plus difficile à combattre : il attaque les feuilles, les tiges et les grappes ; la vigne continue de croître, mais les grains durcissent, se crèvent et pourrissent. Aussi les remèdes employés jusqu'à présent sont-ils, suivant la gravité du mal, efficaces ou non à le guérir entièrement.

Si la maladie est faible et prise à son début , la fleur de soufre et ses composés réussissent à faire disparaître le champignon, et mieux la fleur du soufre seule : deux ou trois applications de ces substances suffisent dans l'année. Si la maladie est forte^ prise ou non à son début, le champignon reparait constamment; il faut alors soufrer un grand nombre de fois. On parvient à sauver ses récoltes, mais elles ont perdu en quantité et en qualité. Toutefois la fleur de soufre est le moyen le

plus efficace de tous ceux connus jusqu'à ce jour. Elle donne des résultats réellement satisfaisants dans la grande majorité dés circonstances ; aussi recommandonsnous son emploi , sans attendre que l'oïdium ait pris le dessus et même qu'il ait paru : c'est une bonne précaution que de soufrer avant son apparition : pour être utile y on doit l'appliquer à temps.

Lorsqu'on emploiera la fleur de soufre, on la choisira aussi sèche que possible et sans grumeaux, son application est plus facile; puis on la projettera sur les treilles ou les ceps à l'aide de soufflets construits pour cet usage ou de la boîte à houppe, mais plus particulièrement du soufflet de Lavergne. Celui-ci est plus commode et économise davantage la matière, en ne le remplissant qu'à moitié. Il est inutile de mouiller préalablement la vigne, surtout si Ton opère le matin à la rosée» ou un jour couvert et calme; le soufre s'attache assez de lui-même aux grappes et aux feuilles pour que son efficacité se fasse sentir. Si l'on n'est pas retenu par la question d'économie, on peut soufrer les vignes pendant que le soleil les frappe, il convient seulement de répandre le soufre en plus grande quantité , parce qu'il s'attache alors moins facilement aux feuilles, mais il agit par contre avec plus de promptitude. Un temps sec et chaud favorise son action et la rend plus énergique. Toutes les parties de la vigne devront recevoir de la fleur de soufre pour être bien protégées. Noiis conseillons de ne pas attendre que la maladie paraisse pour la combattre. Le remède étant facile et peu coûteux, il importe de l'employer comme

préservatif, ce qui se fait lorsque les bourgeons ont acquis de 0°*,12 à O"',!^ de longueur, en mai ordinairement, que la vigne soit en fleur ou non : le soufre ne nuit point à la floraison. Si, malgré cette première opération, le champignon paraissait, comme c'est fréquent, on opérerait une seconde et même une troisième fois. Généralement cela suffit. Mais pour les raisins de table, il vaut mieux soufrer souvent et moins à la fois, surtout lorsqu'il devient nécessaire de le faire aux approches de la maturité, afin qu'à cette époque le soufre ne se voie pas, soit en très minime quantité sur les grappes et ne retire pas de leur valeur. On évite en même tqmps ainsi, au moment des fortes chaleurs , les effets de l'action trop intense du soleil sur le soufre, qui favorise le déga^ gement de gaz sulfureux nuisible à la végétation, et par lequel souvent les feuilles sont comme brûlées.

On se sert encore, dans un but d'économie, d'un mélange de moitié fleur de soufre et moitié plâtre en poudre. Les résultats sont bons. Nous conseillerons toujours d'ajouter un peu de plâtre au soufre; il communique à ce dernier la propriété d'adhérer davantage aux surfaces sur lesquelles il est projeté.

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