‹ [Travaux d'entomologie 1852-1865]Chapitre 22 sur 131 · Tarse postérieur · texte numérisé non relu

Tarse postérieur

31. Un des deux ongles terminant chaque tarse. Il est lisse en dessous avec une seule dent près du point d’articulation.

32. Portion d’une élytre pour montrer la fine réticulation transversale et la ponctuation pilifèrequ'offre le corps de cette Micralymma.

Te Série. Tome HASG81 PL, 2.

DT Laboulténe pinx

Anatomie de la Micralymma brevipenne..

Tourfut imp.

ad ” 2: à } { ” ” | ’ * | " { A à ; :

Annales de la Societe! entomologique de France: JE Série Tome M H868) PL, 3.

Dintoutiire pins Pabray se

Anatomie de la Micralymma brenipenne..

Tour faut img

HISTOIRE

DES

MÉTAMORPHOSES DE LA GELECHIA CARLINELLA ,

Par MM. le G‘! GOUREAU et le D' LABOULBÈNE.

: (Séance du 10 Mars 1858.)

Les entomologistes qui cherchent à connaître les premiers états des insectes savent combien il est difficile, dans de certaines circonstances, de rapporter avec certitude un insecte parfait à une larve bien connue.

Nous avons éprouvé cette perplexité pendant plusieurs années ; nous avions étudié séparément une larve qui vit dans les capitules de la Carlina vulgaris LinNé, et nous arrivions aux mêmes résultats négatifs après avoir eu les mêmes préoccupations. Cette année seulement, la vérité nous a été dévoilée, et on va voir, par l'exposé de nos recherches, quelle peine elle a eu à sortir de son puits qui était, cette fois, un capitule de la Carlina vulgaris.

Voici les différents détails de nos ôbservations. L'un de nous (M. le colonel Goureau) les a faites à Santigny, dans le département de l'Yonne, l’autre (M. le docteur Laboulbène) aux environs de Paris.

Le 27 septembre 1851, des capitules de Carlina, recueillis sur le bord d’un chemin à Santigny, ont offert une petite larve se tenant à la base des aigrettes et rongeant, pour se

254 GOUREAU ET LABOULBÈNE.

nourrir, la substance charnue du réceptacle. Sa longueur était de quatre millimètres. Sa forme était atténuée vers l'extrémité, $a couleur blanchâtre avec la tête d'un brun marron. Elle était pourvue de pattes thoraciques; absence de pattes abdominales; pattes anales apparentes. M. le colonel Goureau pense qu'il a peut-être sous les yeux une chenille.

Le 19 mai de l’année suivante, il trouve des larves mortes dans le fond de la boîte où il avait renfermé les têtes de Carlina. Ces larves étaient allongées, atténuées, paraissant apodes, courbées en arc, le dernier segment prolongé en mamelon. La conclusion tirée est que ce sont probablement des larves de Cureulionite (Larinus ou Rhinocyllus). Dans les capitules ou têtes de Carline, on aperçoit obscurément des chenilles vivantes, mais renfermées chacune dans un tuyau de soie blanche et fine, ou cocon. Ce cocon est placé verticalement entre les aigrettes et enfoncé à moitié dans une galerie creusée par la chenille dans le réceptacle de la fleur desséchée. Les chenilles se tenaient immobiles, la tête en haut, attendant le moment de leur transformation en chrysalide et puis en insecte parfait. Le premier de ces changements s’est opéré en juillet et le deuxième en août.

Le 23 octobre et le 17 novembre 1855, l'examen de têtes de Carline récoltées dans le même endroit n’apprend rien de nouveau. Elles ne présentent que des larves de Diptère dont l'éclosion n’a pas lieu. Le 2 juin 1856, nouvelle récolte dans l'espérance de trouver les insectes sur le point d’arriver à une heureuse métamorphose. On ne voit qu'imparfaitement une chenille contractée, peu éloignée de sa transformation, renfermée dans une sorte de cocon ou fourreau de soie blanche, placée verticalement au milieu de la fleur.

Gelechia Carlinella. 265

Le lendemain, M. Goureau cueille des têtes de Carlina. Il trouve des larves vivantes, il les examine avec soin; chaque larve paraît solitaire dans une cellule qui arrive du réceptacle à la base des paillettes. La larve remplit cette cellule. On lui voit une tête écailleuse, jaunâtre, un labre brun, deux mandibules de cette couleur. Le corps est fusiforme, mou, blanchâtre, composé de douze segments, les trois premiers présentent des mamelons presque effacés, il n’en paraît pas sur le corps, mais il existe un mamelon anal. On conjecture qu’elle appartient à un Curculionite.

Le 17 juillet, plusieurs têtes de Carline ouvertes montrent des chrysalides de Lépidoptères contenues dans les cocons de soie déjà signalés et placés entre les aigrettes. Le 20 juillet il éclot des Lépidoptères.

En résumé, M. le colonel Goureau observe, en septembre 1851, une jeune chenille, dont il voit en mai de l’année suivante le cocon et dont il obtient la transformation en août. En 1856, il observe de nouveau les cocons de cet insecte.

Mais, et c'était le point capital, en même temps qu'il avait trouvé les cocons de Lépidoptère en 1856, comme le 19 mai 1852, M. Goureau, avait remarqué dans les têtes de Carline l'existence de larves ressemblant tout à fait à celles d’un Curculionite, et il ne savait quel insecte elles pouvaient produire.

D'autre part, le 8 juin 1856, pendant l’excursion de la Société, à Bouray, plusieurs têtes de Carline vulgaire furent recueillies et examinées ensuite par M. Laboulbène. Il constata de la manière la plus positive l'existence de une et parfois deux larves dans la partie charnue du réceptacle arrivant jusqu'aux paillettes. Ces larves arquées, blanchâtres à

266 GOUREAU ET LABOULBÈNE.

corps mou, offraient six pattes très courtes sous les segments thoraciques. Il fallait le microscope pour les démontrer. Il n'existait point de pattes abdominales, seulement un prolongement du dernier segment. La bouche était remarquable par deux mandibules fortes, 4-dentées, des mâchoires à lobe interne soudé à la tige, et à palpes au moins triarticulés. La lèvre inférieure offrait un prolongement médian, une filière et de chaque côté un palpe, etc. En même temps que ces larves, on trouva une seule chrysalide enveloppée dans une coque de fine soie blanche, allongée, située perpendiculairement entre les paillettes.

Ces renseignements recueillis, la larve fut regardée comme appartenant à un Cureulionite, et habitant avec une chenille inconnue, mais dont on avait la chrysalide sous les yeux, dans la même tête de Carlina.

En juillet, on vit paraîlre, dans un grand bocal de verre où étaient enfermées les capitules de Curline, des Ichneumonides fort nombreux et se rapportant à l'Agathis malvacearum. Plus tard, vers la fin du mois, un grand nombre de Lépidoptères de la tribu des Tinéites se montrèrent. Mais, à la grande surprise de l'observateur, aucun Curculionite ne parut.

Le fait de la présence dans la Carlina d’une larve de Curculionite et d’un Microlépidoptère fut annoncé à da Société, les 11 juin et 24 septembre (Bulletin, Lvux et Lxxx vx, 1856.)

En 1857, nouvelles recherches, à Santigny et à Bouray. M. Goureau, le 4 mai, récolte des têtes de Carline desséchées, il en ouvre trois. L’une renfermait une chenille enveloppée et cachée dans un fourreau de soie. L’observateur peut reconnaître en elle la fausse larve de Curculionite, car la seconde tête offrait un cocon semblable au premier abri-

Gelechia Carlinella. 267

tant une chrysalide de Lépidoptère. Une troisième tête de Carline contenait un fourreau tout pareil aux deux précédents et renfermant une chrysalide d'Ichneumonide.

Le 15 juillet, les Jchneumonides appartenant au genre Agathis età l'espèce malvacearum LATR. se montrent ;le 25, les Lépidoptères obtenus dans les années précédentes apparaissent à leur tour.

Ayant eu connaissance des premières observations de M. Goureau, communiquées à la Société Entomologique le 25 février 1857 (Annales Soc. Ent. France, Bull., XxvI, 1857), son collègue avait récolté, à Bouray, le 5 mai, des têtes de Carline (1). Les larves présumées de Curculionite y étaient très nombreuses. Il en existait jusqu'à trois dans le même réceptacle. Les dessins faits l’année précédente étaient exacts. On remarquait comme antérieurement des pattes thoraciques et ledernier segment avait en dessus quelques élévations grenues, brunâtres. Aucune chrysalide ne fut trouvée, ni aucune chenille. L'idée de l’éclosion du Cureulionite prit plus de force que jamais ; des capitules furent déposés sur du sable dans des flacons et dans des boîtes, toutes les précautions furent assurées et on attendit l’apparition des insectes parfaits.

M. Édouard Perris, dont la science et le talent d'observation, sont si remarquables, consulté par le docteur Laboulbène, pensa sur le vu des dessins que la larve était celle d'un Curculionite, mais le fait de la présence des pattes,

(1) C'ést dans cette excursion, faite avec M. Louis Amblard, qu'ont été trouvées les larves de Cicindèles, dont il a été fait mention dans les Archives de M. Thomson, tome 1°, page 105, et la nymphe de l'Anthrax sinuata (Annales Ent. Fr., 1857, 781).

268 GOUREAU ET LABOULBÈNE.

des palpes maxillaires de trois articles au moins, la lui faisaient regarder comme anormale, comme aberrante.

Il parut d’abord dans les boîtes et dans des bocaux, au commencement de juillet une multitude de parasites, d’Agathis, puis une très grande quantité de Microlépidoptères et pas un seul Curculionile.

C'était vraiment désespérant. Mais une ciconstance fortuite vint mettre sur la trace de la vérité. Des larves avaient été disposées dans un flacon étroit, contre le verre, de manière à les pouvoir observer par l'enlèvement d’une portion de leur loge. Ces larves, avant d’être introduites dans le tube, étaient en partie tombées de leur demeure, et il sortait de leur bouche un fil qui en avait tenu quelques-unes suspendues. Ce fait mettait hors de doute la propriété de la filière déjà constatée. Enfin, l’une de ces larves si semblables à celles des Curculivnites, fut aperçue filant une coque dont la paroi était attachée contre le verre du flacon, et cette espèce de coque renferma plus tard une CHRyYSA- L1DE. Le mot de l'énigme était trouvé comme à Santigny, et la présumée larve de Cureulionite n'était autre que cette première chenille observée par M. Goureau, en automne, et qui, au moment de sa transformation, offrait une apparence si insolite.

Cette longue histoire nous a paru utile pour faire comprendre combien on doit s’armer de patience et insister sur l'étude d’un fait avant de pouvoir le résoudre. Les entomologistes passionnés nous comprendront. Ces derniers résultats ont été annoncés à la Société Entomologique le 10 mars (Ann. Soc. Ent. France, Bull. xxx, 1858).

Il nous reste présentement à faire connaître les trois états du Microlépidoptère dont la chenille a été si difficile à

Gelechia Carlinella. 269

reconnaître au moment où elle a pris tout son accroissement. Nous devons à l’obligeance de notre collègue, M. Stainton, la détermination précise de l’insecte parfait, et nous avons cru devoir le figurer, d’après un dessin fait à notre demande, par notre collègue et ami, M. Bruand d’Uzelle.

Page 1