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HISTOIRE DES MÉTAMORPHOSES

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GYMNETRON CAMPANULZÆ.

Pendant les derniers jours passés à la Grande-Chartreuse, j'avais remarqué et recueilli des pieds de Campanula rhomboidalis dont les fleurs étaient déformées, comme boursouflées à leur partie inférieure. La figure 1 de la planche rend celte disposition, elle me dispensera d’une description minulieuse. L'ovaire de la fleur est hypertrophié, gonflé sur un des côtés. Quand on le fend avec précaution, on y trouve une loge habitée par une larve ou une nymphe de Curcu= lionite. Cette excroissance est une galle produite par le séjour de linsecte parasite. Il n’existe point de graines dans la partie occupée de l'ovaire, mais on en trouve le plus souvent dans le point opposé à Ja loge de la larve.

J'avais emporté à Paris un grand nombre de tiges gallifères de cetle Campanula. Les unes étaient mises dans des tubes de verre de manière à être conservées fraîches aussi longtemps que possible, les autres avaient été déposées simplement dans des boîtes de carton à couvercle vitré. Les premières n'ont rien produit; leurs habitants sont morts, tandis que les secondes m'ont fourni leur insecte parfait

pendant le séjour que j'ai été obligé de faire au Havre, au mois d'août et de septembre.

Les insectes éclos ont vécu longtemps (1). Ils appartiennent à une espèce Linnéenne, au Gymnetron campanuleæ. Le mâle est remarquable par les deux pointes terminant l'abdomen, et la nymphe présente également ces deux appendices.

$ Ier. Larve. (Noyez fig. 2 à 4.)

LARvE blanchâtre, molle, courbée en arc, composée de douze segments, la tête non comprise, pourvue de pseudopodes ou de mamelons thoraciques.

’ête roussâtre ou brunâtre, luisante, lisse, presque cornée, avec quelques poils fins. Un sillon bien marqué en arrière, se divise en avant en forme d’Y, dont les branches se rendent près des mandibules.

Antennes extrêmement petites, paraissant composées de deux articles (fig. 3).

Labre un peu arrondi en avant, cilié; épistôme presque droit.

Mandibules noirâtres, fortes, bidentées à l'extrémité.

Mâchoires à lobe interne arrondi au sommet, muni, en dedans, de poils raides ou en dent de peigne; palpes biarticulés.

Lèvre consistant en un mamelon arrondi à l'extrémité; charnue, soudée au menton, qui est également charnu, formant avéc lui un triangle dont les angles antérieurs sont

(1) Un de ces insectes ne s’est développé entièrement qu'à l'autonne, et il est encore vivant au moment où l’on imprime ces lignes (mars 1859); il y a, par conséquent, des éclosions tardives et plusieurs de ces Gymnetron doivent hiverner.

arrondis; prolongée entre les palpes labiaux, qui sont très petits et composés de deux articles.

Segments thoraciques n'étant pas plus grands que les abdominaux; le premier, ou prothoracique, portant en dessus une double tache noirâtre transversale, et, en dessous, une paire de mamelons rétractiles, de pseudopodes rapprochés. Ils consistent en une surface circulaire, légèrement brunâtre, à centre plus clair et pourvue de quelques poils. Entreles deux pseudopodes du prothorax, on remarque deux points noirâtres et un autre point des deux côtés entre chaque pseudopode et le stigmate (fig. 4, s). Les deuxième et troisième segments thoraciques ont en dessous une paire pareille de pseudopodes, mais plus écartés, et l’ensemble de ces mamelons forme un fer à cheval (Voy. fig. 4).

Segments abdominaux ridés en travers, les derniers moins épais; une double série de bourrelets le long des flancs; un petit mamelon anal, rétractile. A peine existe-t-il quelques poils fins le long du corps, mais la surface tégumentaire, vue au microscope, est chagrinée, couverte de petites aspérités.

Stigmates au nombre de neuf paires : la première paire est située au bord postérieur du prothorax, elle est plus grande, légèrement ovalaire et placée plus bas que les paires abdominales qui se trouvent sur les quatrième, cinquième, sixième, septième, huitième, neuvième, dixième et onzième segments. La forme de ces derniers stigmates est à peu près arrondie.

Le point le plus intéressant de la configuration de cette larve consiste dans l’existence des momelons sous-thoraciques, rétractiles, pouvant être comparés à des pseudo-

podes (fig. 4). Mon cher et savant ami M. Edouard Perris en à mentionné d’analogues chez la larve du Tomicus stenographus (Ann. Soc. Ent. France, 1856, 176); Héeger les a observés et figurés pour la larve de l’Apion basicorne ILLIGER (Sitzungsb. der K. Acad. d. Wissenschaften math.-naturw. Classe, xx1v Band, 2 Heft, 1857). On devine facilement la présence de ces mêmes organes sur les figures de plusieurs larves xylophages dans les Forstinsecten de Ratzeburg.

$ 11. Nymphe. (Voy. fig. 5 à 7.)

NympxE blanchâtre peu après la transformation, devenant plus tard brunâtre avec un reflet d’un vert broné ; courte, voûtée sur le dos et l'abdomen, ce dernier terminé par deux saillies épineuses, recourbées en arrière, plus ou moins marquées et un peu convergentes, Quelques poils blanchâtres ou roussâtres sur la surface du corps et à l’extrémité des cuisses. Tête fortement fléchie, fourreau du bec arqué. Extrémité du dernier segment abdominal un peu bombée en avant, comme tuberculeusé et pourvue en arrière de deux appendices (fig. 5, 6 et 7).

La surface du tégument est finement chagrinée, les bords des segments ont de petites aspérités dirigées en arrière, Je ne sais si toutes les nymphes ont les saillies aussi fortes que celles que j'ai représentées, et qui, peut-être, appartenaient à des nymphes mâles.

Le Gymnetron campanulæ paraît rester quinze ou vingt jours à l'état de nymphe, mais, après sa dernière transformation, il demeure dans sa cellule jusqu’à ce que ses tégumen(s soient raffermis ; alors il pratique avec ses mandi-

bules un trou assez nettement arrondi, par lequel il s'échappe de sa prison (Voy. fig. 1).

$ IL. Insecte parfait.

Gymnetron campanulæ LanNé, Syst. Nat. I, II, pag. 607, 7 (Curculio).

SCHOENHERR, Curcul. IV, 773.

Subovatus , niger , subdepressus, pilis brevibus cinereoalbidis adspersus, elytrorum seriatis ; rostro elongato tenui ; elytris punciato-subsulcatis ; femoribus omnibus muticis; ano apice foveolato, maris bidentato. — GxLL.

Le mâle est très remarquable par les deux saillies épineuses qui terminent l’abdomen.

Explication des figures de la planche.

Fig. 1. Tige de Campanula rhomboidalis portant à droite

des fleurs normales, et, sur la gauche, des fleurs à ovaire gallifère ; celle de ces dernières, qui est à la base, est percée d’un trou pratiqué par l’insecte parfait pour sa sortie.

2. Larve grossie du Gymnetron campanulæ et à côté d'elle mesure de sa grandeur naturelle.

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