‹ [Travaux d'entomologie 1852-1865]Chapitre 54 sur 131 · MÉTAMORPHOSES · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES

DU GYMNETRON CAMPANULÆ.

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153 LÉON Durour.

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11 ÿ a plus de vingt ans que je conserve en portefeuille la description et l’iconographie de la larve du Nosodendron fasciculare. X| s'en va temps pour un octogénaire de mettre un terme à cette longanime expectation . qui à si souvent échoué, à oblenir la transformation de cette larve en nymphe. A d’autres l’heureuse chance de compléter l'histoire des métamorphoses de ce petit Coléoptère.

Tout le monde sait que le Nosodendron vit dans la marmelade de lul= cère de l'orme, et je l'ai trouvé aussi dans celle du chêne. Sa larve partage ce même habitat.

Je n'ignore point que MM. Chapuis et Candèze ont donné, dans leur excellent traité sur les larves des Coléoptères, la diagnose et la figure de cette larve (1). Mais elles laissent quelque chose à désirer, et j'espère que ces savants collègues me permettront de donner une seconde édition de leur travail sur ce point. Le sujet qui a posé pour leur portrait était ou défectueux ou dans une attitude peu favorable. En rapprochant la figure que j'en donne de la leur, on croirait facilement que ce sont deux larves d'espèce différente, Et puis ces savants ne sont pas parvenus à découvrir les stigmates abdominaux que j'ai parfaitement constatés.

Formulons d’abord le signalement de la larve :

LARVA hewapoda, cephala, antennata, oblonga, subdepressa, posticè attenuata, desuper coriacea; pilosa; seymentis abdominalibus margine unilobulato-hispidis, dorso utrinquè longitudinaliter bifariam granulalis ; Stigmatibus tTuberculo impositis ; segmento ullimo a præcedentibus distinclo, conoïdeo basi bituberculalo; capite magno, lateribus rotundato ; ocollis quinque distantibus ; podibus brevibus vix exsertis. — Long. 4 lin.

Hab. in ulceribus Ubni nec non Quercäs. (Voyez les figures 3 de la planche 2,)

Gette larve, d'un blanc sale en dessous, est d’une teinte obscure en dessus, avec de petites mouchetures plus claires. Le corps est bordé de:

(1) Catalogue des larves des Coléontères, p. 105, pl. 3, fig. 6 (1853).

Description de la larve du Nosodendron. 154

poils assez longs, constatables surtout dans l’eau claire après des lavages préliminaires.

Tête remarquable par sa grandeur et sa largeur. Une loupe y saisit quelques granulations faibles et vagues. Oselles non compris dans une orbite, placés latéralement près de l'insertion des antennes, disposés sur deux rangées et assez distants. Rangée antérieure de trois, la postérieure de deux.

Je dois à mon ami Laboulbène le dessin de la tête avec la disposition scrupuleuse des ocelles. D'après ce sagace observateur, les ocelles antérieurs seraient bombés en haut et en avant, de manière que la vision ne saurait s'exercer que dans ces deux directions. Les ocelles postérieurs placés dans une légère excavation, regarderaient en arrière et non en avant. Je laisse à ce savant toute la responsabilité de cette sorte de strabisme,

Antennes de trois articles, le basilaire court, le second cylindrique, le terminal subuliforme. Chaperon étroit, transversal. Labre demi-circulaire. Faute d’avoir étudié les parties de la bouche, je renvoie à l’ouvrage de MM. Chapuis et Candèze. Mandibules courtes, mais tranchantes et fortement unidentées.

Des trois segments du thorax, l’antérieur ou prothorax à une largeur double de celui qui le suit. Ges trois segments sont superficiellement . et vaguement granuleux, avec quelques granules en séries aux deux derniers.

Pattes courtes, mais débordant un peu le thorax dans leur parfaite extension ; composées de trois articles, non compris la hanche et le crochet terminal qui est unique et robuste. L'ambulation de la larve dans son gite ulcéreux est encore assez active.

Abdomen de huit segments. Les sept premiers stigmatifères, pourvus d'un lobule latéral arrondi, couronné de longs cils, bien constatables dans l’eau limpide. Ils offrent à la région dorsale, de chaque côté de la ligne médiane, trois rangées longitudinales de trois à quatre granules glabres. Le segment terminal ou le huitième ne ressemble pas du tout à ceux qui le précèdent. Il est atténué en arrière, avec sa pointe tronquée. On voit à sa base deux tubercules pyramidaux rapprochés, que je ne crois point stigmatifères. Ge segment est frangé de poils assez fournis.

J'ai compté sept paires de stigmates aux bords latéraux des sept premiers segments de l'abdomen. Tous sont implantés au sommet d’un tubercule pyramidal situé au devant du lobule cilié dont j'ai parlé. Ces orifices respiratoires sont d’une pelitesse extrême, ronds, avec un cerceau corné annulaire, La première paire, celle du segment basilaire, est fort difficile

155 LÉON Durour, — Description de larve du Nosodendron.

à mettre en évidence par ce qu’elle est cachée, abritée par le bord correspondant du métathorax. Elle n’occupe pas, comme les autres, le bord latéral du segment, mais le disque de celui-ci. Une figure fait voir cette disposition.

Quoique je n’aie pas constaté l'existence de stigmates au thorax, je ne saurais me refuser à croire qu’il n’y en a pas une paire. Quant aux tubercules pyramidaux du dernier segment de l’abdomen, je n'ose point affirmer qu’ils manquent totalement de stigmates. Je lègue à mes successeurs cette double solution.

EXPLICATION DES FIGURES 8, 84, 3 b et 3 c. (Planche 2°.)

Fig. 8. La larve fort grossie du Nosodendron fasciculare, et à côté d'elle, la mesure de sa longueur naturelle.

3 a. La tête considérablement grossie de cette larve pour faire voir les ocelles, antennes, mandibules, etc.

3 b. Les deux premiers segments abdominaux grossis pour mettre en évidence les rangées de granules et le premier tubercule stigmatifère discoïdal ; le tubercule stigmatifère marginal ; les lobules latéraux ciliés.

3 « La même larve vue de profil et très grossie, (Voyez p. 449 à 152.)

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