I. Aspect extérieur
J'ai tenu à soumettre à la Société, dans sa séance du 24 août, les deux Melolontha vulgaris accouplés. On a pu constater qu'ils sont de la même taille, d'une coloration identique; leur fourrure est rare et usée sur le corselet et les élytres. Tous les deux présentent les caractères extérieurs du sexe mâle. Tous les deux ont l’épistôme droit, rebordé. Sur les deux parties latérales du corps, leurs antennes ont la massue allongée, composée de sept feuillets ; les pattes antérieures offrent des jambes nette ment bidentées en dehors. Le dernier demi-segment dorsal (pygidium) est allongé, prolongé en une longue pointe mousse.
En comparant ces deux Melolontha aux insectes mâles de la même espèce faisant partie de ma collection et recueillis par moi aux environs de Paris, je ne trouve entre eux aucune différence appréciable.
La position des Melolontha accouplés est la suivante : L'un d'eux est renversé obliquement sur le dos; l’autre, percé d’une épingle, est horizontal et placé sur Ja face abdominale. On sait que telle est la position ordinaire des deux sexes accouplés du M. vulgaris; la femelle marche ou reste
Anatomie de deux Melolontha vulgaris mâles accouplés. 569
fixée sur les feuilles d'arbre tandis que le mâle, renversé, tenant ses pattes relevées contre le corps et paraissant endormi, est transporté par la femelle partout où il plait à celle-ci d'aller.
L'individu renversé sur le dos, occupant par conséquent la place ordinaire du mâle pendant l'accouplement, paraît avoir les organes externes de la génération engagés dans le corps de l'autre insecte placé comme le sont habituellement les femelles.
IT. Examen des organes internes.
Après avoir fait ramollir dans l’eau froide, puis dans l'eau bouillante ces deux insectes, je les ai dépouillés de leurs élytres, de leurs ailes et j'ai enlevé la face dorsale de l'abdomen.
Il m'a été facile de constater que le premier insecte, ou celui qui était dans la position du mâle, avait évidemment les organes de la génération, le fourreau corné de la verge tout entier engagé dans le corps de l’autre insecte, Le fourreau ou l’étui corné avait pénétré par l’orifice externe générateur et non par celui qui appartient en propre à l'appareil digestif. L'extrémité de l’étui corné était débordée par une petite masse charnue, plissée, qui n'était autre que la verge membraneuse sortie au dehors et très reconnaissable.
L'autre insecte, remplissant par rapport au premier le rôle des insectes femelles, avait comme celui-ci des organes internes mâles. Au-dessous du premier étui corné déjà décrit, il s'en trouvait un second tourné en sens inverse, refoulé dans l'abdomen et appartenant au deuxième insecte percé d'une épingle. L'élui corné avait son aspect ordinaire, sans aucune saillie membraneuse à l'extrémité.
570 A, LABouL8. — Anatomie de deux M, vulgaris.
Dans la cavité abdominale des deux Melolontha, j'ai trouvé les restes flétris, racornis, de l'appareil générateur mâle; les canaux déférents et éjaculateur étaient faciies à reconnaître. Le deuxième insecte ne présentait pas le moindre vestige de gaines ovigères, d'œufs, ni d'aucun organe femelle.
En résumé, il me paraît incontestable que ces deux Melolontha vulgaris appartenaient tous les deux au sexe mâle. Le fait de leur accouplement, dont je ne connais pas d'autre exemple authentique, est très singulier.
NOTE
sur une