PRÉSIDENT DU CONGRÈS
La Société se réunit à huit heures dans une des salles de la Faculté des sciences, que M. le maire de Clermont a mise avec empressement à notre disposition et préparée à cet effet par les soins obligeants de M. Lecoq, professeur de la Faculté des sciences, membre correspondant de l’Institut.
Plusieurs naturalistes de Clermont assistent à la séance.
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Nous remarquons MM. Léon de Chazelles, le professeur Lecoq, le capitaine Maymat, ancien membre de la Société, Gonod, pharmacien, Vimont, notre collègue M. Bayle, d’Aigueperse, etc.
M. le secrétaire donne lecture de l’ordre du jour de la session extraordinaire (conforme à celui qui a déjà été suivi lors des Congrès de Montpellier et de Grenoble), et de la décision prise par la Société dans sa séance extraordinaire du 27 avril dernier, sur la proposition de sa commission permanente, qu’elle se réunirait à Clermont-Ferrand le 27 juin 1859.
IL fait également connaître la composition du Bureau, qui se trouve ainsi constitué :
M. le docteur Laboulbène, 1er vice-président, remplissant les fonctions de président de la session extraordinaire ;
M. Martin, secrétaire ;
M. Berce, archiviste.
Lecture est donnée de la liste des membres assistants à la séance.
Après cette lecture, M. le docteur Laboulbène déclare la gession ouverte. Il remercie M. de Chazelles et M. Lecoq de la bienveillance avec laquelle ils ont accueillis la réunion de la Société en cette ville et les assure de notre reconnaissance; puis il invite M. Léon de Chazelles, qui s’est autrefois activement occupé d’entomologie, à prendre le fauteuil de la présidence.
M. de Chazelles accepte el remercie en un discours fort gracieux pour la Société ; il déclare qu'il s’est mis à notre disposition avec une grande satisfaction puisqu'il était heureux de voir réunis dans sa ville des hommes s'occupant d’une science qu’il avait aimée. Puis il nous souhaite toutes les chances désirables pour une abondante collecte dans ce beau et intéressant pays où il nous promet toutes les jouissances du naturaliste et du touriste.
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Après ce discours M. le président d'honneur ouvre la discussion à l’ordre du jour sur les excursions à faire par la Société pendant son séjour dans le Puy-de-Dôme.
M. Lecoq, consulté par M. de Chazelles comme un des plus aptes à nous renseigner parfaitement à cet égard, puisque depuis longtemps ce savant professeur a utilisé son zèle pour la science à explorer ce département, nous donne d'intéressants détails sur les endroits à explorer et qu’il considère comme très nombreux; mais, vu le peu de temps que nous comptons consacrer à nos courses entomologiques, il nous indique d’abord comme une des excursions les plus intéressantes celle à faire au Puy-de-Pariou, montagne à peu de distance de Clermont et au pied de laquelle on peut se rendre facilement en voiture.
Le Puy-de-Pariou, nous ditil, est le cône volcanique le mieux conservé de toute la chaîne des mêmes dômes, On y remarque deux cratères dont l'un inférieur, très déformé, a produit la grande coulée de lave qui se partage en deux branches à la Barraque et vient s’arrêter à Nohanent et à Font-Mort. L'autre supérieur, profond de plus de 200 mètres, est régulier et placé au sommet de la montagne. C'est un vrai cratère d’éruption qui a seulement donné issue à des gaz, et qui est parfaitement conservé. Ses abords sont faciles, une jolie pelouse en couvre toutes les pentes, les fleurs en émaillent le gazon et l’entomologiste peut recueillir aujourd'hui des insectes sur les scories refroidies de cette ancienne fournaise ou sur les fleurs qui cachent les parois brûlées du volcan.
Déjà on rencontre ici la végétation des montagnes, l’Arnica montana, la Centaurea montana, garnie de son diadême de fleurons bleus. L'Ancolie y balance ses corolles azurées et le Myrtille y montre ses fruits colorés près des frondes légères du Potypodium - dryopteris.
Après ces intéressants détails, M. Lecoq nous engage à ne pas redouter une nouvelle éruption de ce cratère, et, pour nous rassurer, nous rappelle qu'avant nous la Société de géologie n’a pas craint, avec raison, de prendre un repas au fond même du cratère.
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M. Lecoq nous indique comme seconde excursion le Puy-de-Dôme, ce géant des environs de Clermont, et donne les détails suivants :
Cette montagne domine toutes les autres; elle atteint 4,460 mètres d'altitude. C’est un cône presque régulier, mais sans cratère. Il est formé d'une roche blanchâtre, légère et poreuse, espèce de trachyte, auquel Léopold de Buch a donné le nom de Domite. Sa constitution est donc très différente de celle du Puyde-Pariou ; toutefois, sur le flanc nord du Puy-de-Dôme se trouve accolée une autre montagne toute scoriacée, c'est le petit Puy-de- Dôme, muni d’un joli cratère arrondi que l'on nomme le Nid de la
poule.
La végétation du Puy-de-Dôme prélude déjà à celles des monts Dore, elle a quelque chose d’alpestre ; l'Allium victoriale, le Ranunculus platanifolius, le Meum athamanticum, le Sonchus Plumierii, l'Adenostyles albifrons, le Lilium Martagon et une foule de belles plantes abondent au milieu des graminées. A cette époque de l’année, la robe de verdure de cette montagne est émaillée de toutes les fleurs de son printemps.
M. Lecoq termine en nous recommandant un troisième but d’excursion, le bourg de Volvic, pour y visiter le Nugere, un des volcans les plus intéressants du département, et dont la lave remarquable a servi à construire plus d'une
ville.
— M. Bayle, d’Aigueperse, prend la parole pour engager vivement la Société à consacrer quelques jours à l'exploration de la chaîne des monts Dore, une des meilleures localités du département au point de vue entomologique. Notre collègue, qui a si souvent parcouru ces montagnes, nous donne d’intéressants détails sur les insectes qu’il y a capturés.
M. Lecoq s’unit à notre confrère et nous promet aussi une abondante moisson d'insectes et tout le confortable nécessaire dans cette hospitalière vallée du mont Dore.
M. le président remercie MM. Lecoq et Bayle de leurs
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