A. CINNAMOMEA
L'Anisotoma cinnamomea a été si souvent observée dans les Truffes, qu'on devait présumer que sa larve se nourrissait de la substance de ces
(1) RéÉAuMUR, Mémoires pour servir à l’histoire des Insectes, t. IV, p. 374, 1738.
(2) L. Durour, Annales des Sciences naturelles, 2e série, E. XI et pl. x, fig. 1 à 4, explication de la planche, p. 58, 1839.
(3) GoureAu, Annales de la Société Entomologique de France, 1852, Bull., P. LXXVI.
(4) Léverté, Dictionnaire universel d'Histoire naturelle, d’Orbigny, t. XII, p. 728,
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tubercules. Je viens changer cette présomption en cerlitude, et je vais bientôt décrire la larve qu'on ne connaissait pas encore.
Les botanistes ont, comme les entomologistes, signalé la présence de l'A. cinnamomea dans les Truffes. M. Léveillé (1) et M. Passy (2) désignent expressément ce Coléoptère ; Henslow parle d’une espèce de Leïodes dévorant les Truffes comestibles qu'on récolte en Angleterre (8), et John Curtis représente cette Leïodes, qui n’est autre que VA. cinnamomea, en plaçant à côté d’elle une Truffe noire (4).
LARVA*heæapoda, capitata, crassa, paulo elongata, parce pilosa, sordide grisea; capite majore, slemmatibus nullis; antennis 4-articulatis, luteoalbidis ; mandibulis robustis, rufescentibus apice brunneis, fortiter dentatès; maæillis lobo setifero, palpis triarticulatis ; labio quadrato, palpigero, palpis biarticulatis; segmento ultimo biappendiculuto, appendicibus biarticulatis, minimis ; stgmatibus novem paribus. — Longitudo fere tres lineas atlingil (6 1/2 mill.). (Voy. fig. 18 à 27.)
Habitat in Tubere melunosporo.
LARVE d’un gris sale, à tête grande, avec le corps épais et assez court, les paltes courtes et l'abdomen terminé par deux appendices très petits. Point de stemmates (fig. 18).
Têle presque carrée, un peu élargie en arrière; angles postérieurs arrondis, épistome prolongé en avant. Antennes d’un jaune blanchâtre, de quatre articles (fig. 20) : le premier gros, arrondi, les deuxième et troisième allongés, épais, le quatrième petit ; un article supplémentaire, sous forme d’un tubercule, placé en dedans du dernier article sur le troisième. Labre avancé au milieu, à peine échancré en avant, presque droit avec huit poils inégaux (fig. 21). Mandibules épaisses, roussätres, crochues à l'extrémité qui est brune, fortement dentées au sommet et à la partie interne vers leur base (fig. 22). Mächoires d'un gris jaunâtre ainsi que la lèvre, lobe interne arqué avec de longues soies; palpe de trois articles, le premier long, le deuxième très court, le troisième grêle et plus allongé (Gg. 23). Lèvre inférieure à languette carrée, soudée au menton; palpes de deux articles, le premier épais, le deuxième conique, allongé, petit (Mig. 24).
(1) LÉvexxé, Dictionnaire universel d'Histoire naturelle, article Mycologie, t, VI, D. 474, 1846. — Faut-il lui rapporter la pelile espèce de Neomida à élytres rouges dont il est question dans le même ouvrage ? (Voy. t. XII, p. 728.)
(2) Bulletin de la Société Botanique de France, t. VIII, p. 232 et suiv., 1861.
(8) Voy. L.-R. et C. TuLAsNE, Fungi hypogei, p.164 (Berk. in Hook., Eng]. Flor., t. V, pars II, p. 228).
(4) J. Curnis, British Entomology, t. Vi, fig. 251, 1829 / The Truffle Beetle). A
Prothorax élargi sur les côtés, plus grand que les deux segments qui suivent et qui ressemblent, du reste, aux segments abdominaux suivants, car ils sont arrondis comme eux sur les côtés (fig. 48). Pattes assez courles terminées par un ongle unique (fig. 25).
Segments abdominaux un peu élargis vers les trois quarts postérieurs du corps, le huitième segment abdominal plus petit, trapézoïde, le neuvième en demi-cercle et avec deux petils appendices biarticulés convergents et terminés par un poil court (fig. 27).
Stigmates petits, au nombre de neuf de chaque côté ; la première paire est placée à droite et à gauche au bord postérieur du prothorax et en dessous, les huit paires suivantes près du bord supérieur des quatrième à onzième segments du corps (fig. 18). La forme de ces stigmates est très simple : ils consistent en un cercle bien arrondi et roussâtre d’où part un gros tronc trachéen (fig. 26).
Le corps n'offre que de faibles poils roussâtres, un de chaque côté du corps sur chaque segment, d’autres en arrière, et six sur chaque segment en dessus, quelques poils pareils en dessous.
Je dois dire que M. Aubé a remarqué dans l’intérieur d’une Truffe une petite cavité ovalaire dans laquelle une de ces larves vivante était renfermée. De mon côté, j'en ai découvert une autre. Ces larves avaient pris la forme très bizarre représentée figure 49, c’est-à-dire qu’elles étaient renversées sur elles-mêmes, le corps reployé, non en dessous, mais en dessus. Elles sont mortes sans se transformer en nymphe, el cette dernière m'est inconnue.
La description qui précède est faile sur ces deux larves conservées dans l'alcool. La couleur est pâlie ; on observe des points noirâtres sur chaque segment postérieur et une ombre de chaque côté du prothorax, de plus une série médiane de peiles taches rousses. Ces macules sont-elles plus évidentes pendant la vie? Gela est probable ; je me contente de les noter
Je rapporte sans hésitation cette larve de Goléoptère à l'Anisotoma ferruginea PANZER (Faune Entomologique française, 1, 814). J'ai pris de nombreux débris de cet insecte dans diverses Truffes, et il est probable que la larve, après avoir pratiqué une cavité dans la substance propre de ces Truffes, y subit ses transformations.
Cette larve est, du reste, fort remarquable par l’ensemble de ses caractères ; elle s'éloigne beaucoup de la larve de la Leiodes humeralis décrite par Erichson, et de celle de l'Agathidium seminulum décrite par M. E. Perris (voy. Crrapuis et CANDÈZe, Catalogue des larves des Coléoptères, p. 67 et 69, 1853).
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ANISOTOMA FERRUGINEA,
Daprès MM. Tulasne, M. Étienne Bonnet s’est assuré que les truffières des environs d’Apt (Vaucluse) sont habitées, vers la fin de l’hiver, par l'Anisotoma ferruginea (1).
ANISOTOMA PICEA,
Vittadini, dans sa Monographie des Tubéracées, dit que le Leoïdes picea dévore fréquemment, principalement à l’état de larve, toutes les Truffes, et surtout le Picoa juniperi (2).