‹ Travaux de physiologieChapitre 22 sur 59 · ALBUMINE · texte numérisé non relu

ALBUMINE

ALIMENTATION

par litre

En 24 h.

1er

Mai

Bouillon

Viande sans pain

Viande

faible quanütti

traces

Mort. L’animal s’est éventré : les points de suture ayant été enlevés trop tôt.

Ici encore, nous Irouvons une glycosurie faible et transitoire, comme l’ont vu Munck et Klebs, Lustig. Nous observons aussi, outre des traces d’albumine, une augmentation de l’acétone dans l’urine, augmentation qui est du reste plus apparente que réelle. Le trouble donné par la réaction de Lieben est certainement plus visible qu’à l’état physiologique, et au dosage la quantité d’acétone par litre d’urine est supérieure à la normale. Mais la quantité d’urine dans les jours qui suivent l’opération étant diminuée, le chiüre absolu d’acétone est par suite très faible. Un chien de 19 k. excréta en 24 heures au maximum 2 milligr, d’acétone, et un chien de 10 k. pas plus de 1 milligr. : c’est évidemment là une acétonurie bien légère. Notons que, pour éliminer l’influence défavorable des hydrates de carbone sur l’apparition de l’acétone dans l’urine, nous soumettions nos animaux, du moins pendant les 8 ou 10 jours qui suivaient l’opération, à la diète carnée, régime qui du reste à l’état normal n’a pas d’action sensible sur l’acétonurie.

Des deux chiens opérés par nous, l’un est mort accidentellement (éventration) neuf jours après l’opération, alors qu’il paraissait complètement remis. L’autre a survécu longtemps, deux mois environ, et n’a succombé qu’à la suite d’autres interventions.

Ainsi, nous avons constaté la survie de tous nos animaux,

coHinie Odiii d’ailleurs. Nous sommes donc loin d’avoir observé le coma acétonique indiqué par Luslig comme une conséquence de l’exlirpalion du plexus cœliaque. Il est vrai que Luslig nous paraît assez facilement conclure au coma acétonique. « La mort arrive toujours à l’improviste, sans phénomènes spéciaux qui la fassent prévoir. Il me semble qu’il faut en chercher la cause dans le développement de l’acétone dans l’organisme, développement qui a pour effet l’auto-intoxication, de la même manière que l’acétone, administrée par la bouche ou par inhalation, conduit les animaux après une période de temps variable à une mort certaine, par suite de coma acétonique».

Nous doutons que Luslig ait rencontré dans l’urine de ses animaux opérés une quantité d’acétone assez grande pour fonder solidement une pareille affirmation. Dans tous les cas, il néglige de nous apprendre qu’il a assisté lui- même aux phénomènes comateux.

D’après nos expériences, nous dirons que l’extirpation du plexus cœliaque produit une glycosurie légère et transisloire, une acétonurie insignifiante et une albuminurie très faible. Nous ignorons la quantité d’acétone que Lustig et Oddi ont trouvée dans l’urine de leurs animaux, ces expérimentateurs n’ayant pas opéré de dosages. Cependant, il semble par la lecture de leurs travaux qu’ils aient rencontré une acétonurie autrement importante que celle que nous avons obtenue. Il nous paraît difficile d’expliquer cette différence. Nous avons mis nos animaux dans les conditions d’alimentation les plus favorables pour assurer l’apparition de l’acétone dans l’urine ; nous avons employé de toutes les réactions de l’acètone la plus sensible. Nous ne pouvons non plus trouver la raison de celte divergence dans la présence, chez les animaux de Lustig et Oddi, de phénomènes inflammatoires ou de troubles digestifs. Lustig se defend de les avoir rencontrés dans les expériences les plus typiques. D’ailleurs, nous avous montré dans le chapitre précédent, que ces phénomènes avaient peu d’action sur l’acélonurie chez le chien. Nous pouvons encore appuyer notre affirmation sur l’expérience du lapin n“ 4. Il n'y a

pas eu augmentation de racétonurie à la suite de diverses injec* lions dans le péritoine d’une culture de staphylocoques, vieille il est vrai, et probablement peu virulente, qui a tout de même amené la production de nombreux petits amas de pus dans le péritoine, avec amaigrissement rapide de l’animal.

§ V. - AGÉTONÜRIE TOXIQUE.

Une acétonurie depuis longtemps signalée est celle qui succède à la pénétration d’acétone dans l’organisme. Que cette pénétration ait lieu par la bouche, la peau ou les poumons, il y a passage d’acétone dans l’urine, si toutefois la quantité d’acétone absorbée est de quelque importance. L’acétone, en effet, n’est pas éliminée en totalité ; elle est en grande partie consommée par l’organisme, surtout chez l’individu sain : c’est ce qui explique pourquoi Frérichs n’a pas toujours rencontré de l’acétone dans l’urine d’individus auxquels il en faisait ingérer de fortes doses (10 à 12gram. par jour). De plus, la voie rénale n’est pas la seule voie d’élimination de l’acétone, bien qu’elle soit prépondérante, d’après Albertoni et Vitali. Nous savons depuis Petters quel’haleine de certains malades diabétiques dégage une odeur d’acétone ; et de fait Ebstein a rencontré cette substance dans l’air expiré de certains sujets. Dévoto l’a trouvée dans la sueur, Mosler dans la salive, Burresi dans les déjections diarrhéiques.

Nous avons pensé qu’il y aurait quelque intérêt à rechercher dans quelles proportions l’acétone introduite directement dans l’organisme s’élimine par l’urine.

Un chien de 4^,450 n’a rendu par l’urine que 0^’’,0045 d’acétone après une injection sous-cutanée de i^*',64 de cette substance. Le même chien, quelques jours plus tard, n’en élimina que 0®‘’,3087, après une ingestion 05 de 6^‘',60, ingestion qui produisit des accidents acétonémiques assez prononcés (faiblesse

musculaire empêchant pendant un certain temps la station debout, fréquence, puis ralentissement des battements cardiaques et des mouvements respiratoires). Nous ne trouvâmes que 0^’’,0478 dans l’urine d’un autre chien de même poids, qui avait été soumis pendant 3/4 d’heure à une inhalation d’acétone, laquelle n’amena, il est vrai, qu’une anesthésie incomplète (30 gram. d’acétone furent em[)loyées).

L’action prolongée d’autres agents toxiques peut produire l’acétonurie. On l’a notée dans l’intoxication par le plomb, la morphine, l’antipyrine. Une injection de 8 centim. cubes d’une solution de chlorhydrate de morphine à 2 7o à un chien de moyenne taille nous a toutefois donné un résultat négatif, et l’administration quotidienne de 0®’',50, 1 gram., l'^L4 d’antipyrine à un petit chien de 3"^, 300 a provoqué l’élimination par l’urine de moins de 2 milligr. d’acétone.

Après l’injection de fortes quantités de peptones dans le sang, nous n’avons observé qu’une acétonurie très faible ; et des doses progressives de curare administrées pendant plusieurs jours à un chien, qui a Uni par succomber, ont fait passer dans l’urine de 24 h. au maximum. 4 milligram. d’acétone avec des traces de sucre. Diverses injections de sulfate de strychnine, assez fortes pour provoquer des accidents tétaniques, ne produisirent qu’une excrétion d’acétone insignifiante. Boesi a signalé l’acétonurie après l’administration de pyridine, agent destructeur du sang. Becker l’a très souvent rencontrée dans la narcose par le chloroforme, l’éther et le bromure d’éthyle. Elle nous a paru nulle après l’anesthésie chloroformique chez le chien.

A côté de ces acétonuries produites par des agents toxiques parfaitement définis, nous placerons les acétonuries par infection microbienne, qui sont, elles aussi, probablement dues à l’action de substances chimiques (toxines). Mais ces acétonuries aussi, nous paraissent très légères et de faible importance, chez les animaux du moins. Jaksch, qui a démontré le premier l’existence de l’acélonurie dans les fièvres continues, a vu la quantité d’acétone s'élever dans la règle à plusieurs décigrammes.

Exp£Rience IX. — Chien de 6 k. ayant déjà subi l' extirpation d'un ganglion cœliaque soumis depuis plusieurs jours à un régime de viande non dégraissée.

ACÉTONE 1 par litre

:N MILLIGR.

en 24 b.

OBSERVATIONS

mai.

Injection dans le péritoine de sang de chien laissé 2 jours à l’étuve à 40®. Nourrit. : viande

Inj. dans péritoine de sang laissé 4 jours à l’étuve. Nourrit, viande.

9 et 10

11 et 12

mai.

Nourrit. : viande Inj. dans périt, d’un liquide purulent (2®®).

Nourrit. : viande.

Inject.dans péritoine de 1®® cult.de staphylocoque et 5®® urine de chien.

Nourrit. ; viande

juin.

Injection de 18®® d’une culture de coli-hacille.

Nourriture : viande.

Laparotomie sans asepsie. On laisse dans le ventre 2 petits fragments d’éponge sale. — On y verse

eu plus 4®® d’urine.

3 juillet

Mort provoquée.

L animal a considérablement maigri , a perdu ses poils : il est

sacrifié. A l’autopsie, on observe une vaso-dilatation exagérée de tout le péritoine, avec phénomènes inflammatoires plus marqués au niveau de l’incision abdominale. On remarque un abcès bien circonscrit avec pus autour de chaque morceau d’éponge.

Nos chiens atteints de péritonite intense entraînant la mort en quelques jours, n’ont jamais excrété par l’urine 2 milligram. d’acétone ; et une pneumonie double, chez un petit chien ayant déjà subi une extirpation incomplète du pancréas, n’entraîna pas une élimination d’acétone supérieure à 1 milligram. Diverses injections de sang putréfié, de culture de staphylocoques et de coli bacilles dans le péritoine d’un autre animal, une laparotomie sans la moindre asepsie n’entraînèrent qu’une acétonurie insignifiante.

Ces dernières circonstances sont indiquées dans le tableau cidessus (Exp. ix).

De même un lapin n’excréta pas plus d’acétone après de nombreuses injections dans le péritoine d’une culture de staphylocoques, qui provoquèrent un amaigrissement rapide de l’animal et finalement la mort.

Acétonurie phlorülzinique . — D’une tout autre importance est l’acétonurie provoquée par l’ingestion ou l’injection souscutanée de phloridzine, glucoside extraitde l’écorce des Pomacées.

Von Mering a trouvé que, lorsqu’on fait ingérera des animaux de la phloridzine, on obtient un diabète intense dans lequel le sucre est excrété dans l’urine en grande quantité. Un fait très intéressant qu’il indique aussi, c’est que, chez un de ses animaux maintenu à jeun, il se développa à la suite d’une administration prolongée de phloridzine un état semblable au coma diabétique, avec excrétion de grandes quantités d’acétone, d’acide oxybuLyrique et augmentation de l’ammoniaque dans l’urine.

Voici le résultat des dosages de l’acétone que nous avons effectués chez deux chiens de petite taille intoxiqués par la phloridzine, à raison de 0^'’,6 et O®", 16 par kilogr. d’animal.

Expérience x. — Ingestion per os de phloridzine comhwée avec le jeûne. Petit chien d'un poids de 3/f.330 ayant subi plusieurs jours auparavant diverses injections cV antipyrine .

Jours

Quantité en cc.

SUCHE

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